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 Publié le 5 octobre 2006

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A Brazzaville, quand le colonisé célèbre la mémoire de son colonisateur

Le retour des cendres de l’explorateur, Pierre Savorgnan de Brazza.

A Brazzaville, quand le colonisé célèbre la mémoire de son colonisateur

- BRAZZAVILLE, ENVOYEE SPECIALE • Le retour des cendres de l’explorateur, Pierre Savorgnan de Brazza, dans la capitale éponyme du Congo a été célébré par la France et les autorités locales • Mais il a été diversement apprécié par la population

- Par Blandine FLIPO
- LIBERATION.FR : Mardi 3 octobre 2006

Nous n’avons rien contre cet homme, il a marqué notre histoire, assure Christian, chauffeur de taxi à Brazzaville. Mais, tout de même, tant de milliards de CFA pour construire une tombe ! »

Le retour des cendres de l’explorateur, Pierre Savorgnan de Brazza, dans la capitale éponyme du Congo a été diversement apprécié dans la capitale éponyme de la République du Congo. Plusieurs personnalités avaient fait le déplacement : François Bozizé, le président centrafricain, Omar Bongo, son homologue du Gabon et le chef de la diplomatie française, Philippe Douste-Blazy.

La population de Brazzaville, elle, a été tenue à l’écart d’une célébration inédite qui a vu le colonisé célébrer la mémoire de son colonisateur. Financé par le Congo, mais aussi par le Gabon (où l’explorateur d’origine italienne a créé la ville de Franceville), la France et la Centrafrique, le mémorial dans lequel repose désormais Brazza et sa famille nourrit la controverse depuis des mois.

« Plus la polémique a grandi, plus le mémorial a enflé », remarque un journaliste congolais. Jusqu’à devenir une immense coupole cylindrique, tout en marbre étincelant et climatisée. A l’entrée, une statue de huit mètres de haut de l’aventurier est érigée au centre d’une fontaine. « Alors qu’on n’a ni eau ni électricité ici à Brazzaville, n’y avait-il pas une autre urgence ? », se demande Guy, 20 ans, chômeur « comme tout le monde », dit-il.

Malgré le pétrole (le Congo est le quatrième producteur du continent), les deux-tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté. « Nous ne sommes pas contre Brazza, la colonisation a eu des aspects positifs pour notre pays, résume Fabrice, 25 ans. Mais on vit dans le présent. On voudrait pouvoir avoir des visas et voyager. La France peut peut-être nous aider. »

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