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Son dernier article: Un Débat important sans intellectuels
APPEL A LA MOBILISATION INTERNATIONALE DU MARDI 21 FEVRIER
LA LOI de la HONTE
Le mardi 21 février 2006 (journée anti-colonialiste mondiale), de marches et d’actions diverses pour l’abrogation de la loi de la honte
On s’est à ce point habitué au mépris de l’occupant, à sa volonté affirmée de maintenir coûte que coûte son oppression que toute initiative d’allure généreuse, toute bonne disposition manifestée est saluée avec étonnement et allégresse (…) Il faut multiplier les explications et faire comprendre au militant que les concessions de l’adversaire ne doivent pas l’aveugler. Ces concessions, qui ne sont rien d’autre que des concessions, ne portent pas sur l’essentiel et, dans la perspective du colonisé, on peut affirmer qu’une concession ne porte pas sur l’essentiel quand elle ne touche pas le régime colonial dans ce qu’il a d’essentiel.
FRANTZ FANON in Les damnés de la terre.

Votée par les députés et sénateurs de l’UPM, parti majoritaire (dont Nicolas Sarkozy est le Président), la loi n° 2005-158 du 23 février 2005 stipule, entre autres, dans son article 1er, que « la nation [française] exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont participé à l’œuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d’Algérie, du Maroc et de Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires placés antérieurement sous la souveraineté française ».
Cet article 1er se trouve renforcé par l’article 4 qui ordonne aux enseignants de reconnaître « en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer notamment en Afrique du Nord »
Derrière ces propos, il y a en fait l’apologie de pratiques que la France, dans sa continuité historique, a mis en œuvre au détriment des peuples des pays de la Caraïbe, d’Afrique, d’Asie, du Pacifique dont l’occupation s’est effectuée, en dépit des statuts juridiques divers qui leur furent imposés, sur la base de spoliations, d’exactions et autres crimes consubstantiels à toute colonisation.
La plupart de ces pays ont depuis accédé à l’indépendance et recouvré les attributs de la liberté. Mais ceux qui, aujourd’hui, bénéficient des fruits de ces conquêtes, ne devraient pas passer sous silence les méfaits subis du temps de leur colonisation.
Peuples de la Caraïbe, peuples d’Afrique, peuples d’Asie, peuples du Pacifique - libérés ou dont la liberté est encore entravée - parce que nous avons tous un devoir de mémoire, nous ne pouvons pas rester indifférents à cette loi votée par ces parlementaires français.
Accepter sans réagir cette vision négationniste de l’Histoire reviendrait à enfouir dans un oubli coupable le souvenir du génocide du peuple caraïbe, la déportation outre-atlantique de millions d’hommes, de femmes d’Afrique réduits en esclavage, leurs supplices indignes, leurs révoltes noyées dans le sang.
Ne pas dénoncer cette loi scélérate, ce serait considérer comme « positifs » les massacres des conquêtes coloniales françaises dont furent victimes des centaines de milliers d’hommes, de femmes des pays d’Afrique, du Nord au Sud du Sahara, de l’île de Madagascar, de Kanakie, du Vietnam... Ce serait considérer comme « positive » l’instauration de travaux forcés, les politiques de déculturation appliquées, l’exploitation éhontée du sol et du sous-sol de ces territoires colonisés.
Au nom de ces souffrances infligées à nos peuples par le même colonisateur français, les organisations soussignées invitent les peuples de la Caraïbe, d’Afrique, d’Asie et du pacifique qui ont souffert dans leur chair les crimes de la colonisation française, à se mobiliser pour exiger l’abrogation de la loi du 23 février 2005.
Elles appellent à l’organisation dans nos différents pays, le mardi 21 février 2006 (journée anti-colonialiste mondiale), de marches et d’actions diverses pour l’abrogation de la loi de la honte, le respect de la dignité de nos peuples et la dénonciation du colonialiste comme crime contre l’humanité

- De gauche à droite : Le Professeur Théophile OBENGA et le Conseiller Général Francis CAROLE
DOCUMENT :
PERSPECTIVES D’ACTIONS COMMUNES DU COLLECTIF MARTINIQUAIS POUR L’ABROGATION DE LA LOI DE LA HONTE ET DU COLLECTIF RESPE-DENONCIATION DU COLONIALISME
Nos deux Collectifs, réunis le mardi 12 Décembre 2005 et le jeudi 5 Janvier 2006, ont décidé de conjuguer leurs efforts afin de mobiliser le peuple martiniquais et obtenir l’abrogation pure et simple de la loi du 23 Février 2005, et en particulier de ses articles 1 et 4.
Marche du Mardi 21 Février 2006 :
Les deux Collectifs appellent La Martinique à participer à la grande marche pour l’abrogation de la loi de la honte, le Mardi 21 Février 2006, journée mondiale de lutte contre le colonialisme.
Cette marche débutera à 16 heures d’un point qui sera précisé ultérieurement.
Considérant que la loi du 23 Février 2005 constitue une provocation contre tous les peuples subissant ou ayant subi la domination coloniale, les collectifs mettent tout en œuvre pour que l’initiative du 21 Février soit réalisée solidairement en Martinique, en Guadeloupe, en Guyane, en Kanaky, en Polynésie, à Mayotte et dans les autres « territoires placés antérieurement sous la souveraineté française » ainsi qu’en France.
Dans le cadre de la préparation du 21 Février, des caravanes d’explication sillonneront à partir du 14 Janvier La Martinique et une conférence de presse sera organisée à Paris autour du 4 février, en collaboration avec les peuples engagés dans l’action commune et le mouvement démocratique français.
Colloque sur le colonialisme, crime contre l’humanité :
Conscients du travail d’information qu’il convient de mener pour bien expliquer les enjeux de la loi révisionniste et négationniste du 23 Février 2005, les Collectifs ont décidé d’organiser un colloque international les jeudi 18, vendredi 19 et samedi 20 Mai prochains.
D’ores et déjà les deux Collectifs ont décidé de mettre en place des commissions de travail communes chargées de mener à bien les actions arrêtées.
MARTINIQUE, mercredi 11 Janvier 2006
Collectif Rèspé-dénonciation du colonialisme Collectif Martiniquais pour l’abrogation de la loi de la honte
COLLECTIF RèSPé-dénonciation du colonialisme


COLLECTIF MARTINIQUAIS
POUR L’ABROGATION DE LA LOI DE LA HONTE
ORGANISATIONS


PERSONNALITES


Information relayée par ETILE René-Louis Parfait
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