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 Publié le 11 octobre 2005

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Analyse comparative de quelques systèmes et représentations cosmogoniques et cosmologiques grecs et africains.

« L’Africain qui nous a compris est celui-là qui, après la lecture de nos ouvrages, aura senti naître en lui un autre homme, animé d’une conscience historique, un vrai créateur, un Prométhée porteur de nouvelle civilisation et parfaitement conscient de ce que la terre entière doit à son génie ancestral dans tous les domaines de la science, de la culture et de la religion ».

Analyse comparative de quelques systèmes et représentations cosmogoniques et cosmologiques grecs et africains.

Résumé de Thèse de Doctorat de M. Ba Cheikh Moctar

Soutenue le 16 Décembre à 14 heures à Rennes

Les cosmogonies et cosmologies sont des moments forts de la pensée en général à travers lesquels l’homme se pose des questions sur son rapport au reste de l’univers, l’origine du monde, la création et le fonctionnement de celui-ci. En effet, face à son angoisse existentielle, son étonnement et toutes les difficultés à maîtriser son environnement immédiat et lointain, il se pose certaines questions auxquelles ces discours tentent d’apporter des réponses.

C’est dans le sillage de celles dont témoignent les cosmogonies et cosmologies grecques et africaines que nous avons tenté de relever des constantes et invariants, mais aussi des variantes.

Aux interrogations sur l’origine du monde, la création, le sens du devenir, la justification d’une théorie de la centralité, les implications sociales des cosmogonies et cosmologies, nous avons trouvé que ces pensées grecques et africaines, bien qu’appartenant à des zones géographiquement différentes, ont apporté des réponses méritant l’usage des méthodes comparatives à travers l’étude objective de certains thèmes ou morceaux de ces discours révélant une permanence des préoccupations du genre humain.

A partir d’une approche du rapport muthos/logos, de la question du dire, se révèlent l’essence et l’intérêt du travail de comparaison. C’est une analyse tenant sur différents axes dont la distinction entre les notions de cosmogonie et cosmologie, celle d’origine et de création, le rapport de l’Etre au Mouvement et au Devenir de même que l’impacte de ces systèmes et représentations dans la vie des sociétés grecques et africaines, cela par une investigation sur l’évolution de l’idée de centralité et le sens de l’harmonie ou dialectique de l’ordre et du désordre.

A travers les différentes questions abordées dans ce travail, nous pouvons faire une remarque fondamentale que les différences géographiques ne constituent réellement pas des barrières infranchissables entre les peuples. En effet, les interrogations majeures des cosmogonies et cosmologies restent les préoccupations essentielles et incontournables de l’humain dont il ne peut ne pas se soucier. Mais ce qui est plus frappant est que les réponses qui y sont apportées témoignent de constances dans toutes ces pensées.

Même si les méthodes et éléments utilisés varient d’une communauté à une autre, le fondement de ceux-ci reste presque le même et transcende toutes les particularités.Les réponses apportées aux questions que nous avons posé et étudié donnent une série de constantes et invariants dont, par exemple, la considération d’un univers qui se met en place à partir d’un processus existentiel prenant en charge un état originel au sortir duquel l’Être s’organise le long d’une trajectoire existentielle, révélant une chaîne de concordances et de discordes dans ses expressions respectives et ses manifestations.

Ce sont des préoccupations dont l’appréhension comme faits humains, traits de culture et création de l’esprit, bien conçus, ordonnés et explicités, permet de mieux saisir certaines catégories de la pensée notamment les bases mêmes de toute la Théorie de la connaissance. Les méthodes comparatives utilisées rendent effective l’idée que malgré la diversité des aires culturelles et les différences culturelles, sociales et économiques, de même que la variété des contextes, les cosmogonies et cosmologies grecques et africaines ont beaucoup d’éléments en commun. Mieux, le recours à la comparaison - qui est loin d’un jugement de valeur - permet d’éclaircir des préoccupations de certains systèmes et représentations par le détour à d’autres approches. C’est en ce sens que des questions se posant dans les pensées grecques trouvent leurs éclaircis dans celles africaines et vice versa. Ce sont des pensées qui offrent à l’homme des possibilités d’ouverture au monde extérieur, de dialogue avec les autres éléments, voire de communion harmonieuse et harmonisée à partir de sa position.

C’est ainsi que même si elles peuvent être présentées comme des modèles, des archétypes susceptibles de répétition et de réitération par les hommes, car, comme le souligne Eliade à la page 181 d’Aspects du Mythe, concernant le mythe, il n’est pas, en lui-même, une garantie de « bonté » ni de morale. Sa fonction est de révéler des modèles, et de fournir ainsi une signification au Monde et à l’existence humaine. Aussi son rôle dans la constitution de l’homme est immense. Grâce aux cosmogonies les idées de réalités, de valeur, de transcendance se font jour. Grâce aux cosmologies, le Monde se laisse saisir en tant que cosmos parfaitement articulé, intelligible et significatif, nous intéressant aux cosmogonies et cosmologies grecques et africaines, tant dans leur contenu théorique que dans leur caractère pratique, il est judicieux de reconnaître que ce sont des pensées qui, au-delà des questions portant sur l’ « origine » la « création », le fonctionnement de l’univers, prennent en charge les dimensions économique, sociale, politique et culturelle, la vie ou l’existence elle-même.

C’est en ce sens qu’il nous est d’un grand intérêt d’analyser des questions comme celle de la théorie de la centralité et du rapport des cosmogonies et cosmologies à l’organisation des sociétés africaines et grecques pour dégager l’évolution de l’idée de « centralité » et les changements socio-économiques lui étant corrélatifs, de même que le sens de l’harmonie comme mode de gestion de la dialectique de l’ordre et du désordre.

Ainsi, il est impératif de prendre en charge toute la dimension épistémologique de ces pensées pour poser les bases d’un réinvestissement de certaines notions notamment celle d’objectivité, de dépassement et de refoulement, en vue de reconsidérer le sens de l’idée de progrès dans l’histoire des Idées.

 Mots clés :

Grèce - Afrique - cosmogonie - cosmologie - origine - création - système - représentation - Etre - devenir - constants - invariants - œuf du monde - dualisme - tragique - civilisation - signe - symbole - centralité - palais - agora - ginna - cité - harmonie.

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