Vous êtes ici: Accueil

Colloque International Kamit Menaibuc 2010

par René-Louis Parfait Etilé © africamaat.com

 Publié le 2 juin 2009

5133 visites
9 réactions

 Commentez cet article

afficher une version imprimable de cet article Version imprimable

Après Ségolène Royal, le magazine Historia dit la Vérité

Afrique berceau de l’Humanité et de la Civilisation

Après Ségolène Royal, le magazine Historia dit la Vérité

L’article intitulé : L’ « homme africain » confronté à l’Histoire – dans la rubrique « Actualité » du Magazine « HISTORIA » numéro 750 de ce mois de juin 2009 (actuellement en vente) - est très intéressant. HISTORIA est le plus ancien (1909) et le plus lu des magazines d’Histoire dans le monde. C’est une bonne raison pour accorder une importance à tout ce qui se dit sur nous dans ce magazine.

Page 12, Magazine HISTORIA juin2009 :

En juillet 2007 à Dakar, Nicolas Sarkozy déclarait que le « drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire », déclenchant un tollé. Ignorance, voire racisme pour certains. Stigmatisation du colonialisme, pour d’autres. La polémique n’est jamais vraiment retombée. Ségolène Royal s’en est emparée, lors d’un récent déplacement dans la capitale sénégalaise, pour demander « pardon pour ces paroles humiliantes ».

En réalité, l’homme africain a été mêlé très tôt à l’Histoire puisque, pour de nombreux spécialistes, l’Afrique subsaharienne constitue le berceau de l’humanité. Yves Coppens, le paléontologue français, fait partie de ceux là : le 30 novembre 1974, en Ethiopie, l’équipe de chercheurs qu’il dirige exhume les 52 ossements de « Lucie ». Grâce à cette australopithèque de 3,2 millions d’années, on découvre que les ancêtres pré-humains étaient bipèdes. Et l’homme moderne ? Certains avancent que Homo sapiens serait apparu simultanément en plusieurs endroits de la planète. Faux, selon des paléontologues de l’Université de Cambridge, pour lesquels l’Afrique constitue, là encore, un berceau. Ils ont analysé près de 6 000 crânes anciens – issus du monde entier – pour en déterminer la diversité génétique. Pour eux, l’Afrique subsaharienne a servi de point de départ – voici 150 000 ans environ – à une migration conséquente.

Les travaux de l’Université de Cambridge ne sont pas, loin s’en faut, les seuls indices de la primauté de l’homme africain dans l’histoire de l’humanité. En Afrique du Sud, les gravures de la grotte de Blombos dateraient d’environ 77 000 avant notre ère, beaucoup plus anciennes (de 40 000 ans environ) que l’art pariétal observé à la grotte Chauvet, dans la vallée du Rhône, et à Altamira, en Espagne.

Par ailleurs, l’étude de la civilisation égyptienne montre qu’elle emprunte largement au royaume de Nubie (-3 800 / -3 500), couvrant alors l’Ethiopie et le Soudan, un véritable Etat unifié (doté d’une écriture, d’un gouvernement, d’une religion officielle…) jusqu’à sa conquête par les pharaons de la XIIIe dynastie. Plusieurs grandes inventions s’enracinent également en Afrique : la trace la plus ancienne de calcul numérique a ainsi été découverte au Swaziland, en Afrique australe, sur des os gravés de 35 000 ans. La civilisation méroïtique (ou nubienne) est l’une des premières à avoir utilisé l’écriture cunéiforme : près d’un millier de documents ont été exhumés.

Et que dire, pour attester du poids de l’homme africain, d’un certain nombre de figures tutélaires, à commencer par saint Augustin l’Africain : né en 354 à Thagaste dans la province romaine de Numidie (aujourd’hui Souk Arhas en Algérie), le futur évêque d’Hippone (en 395) est un grand passeur de civilisations, fruit d’un patrimoine chrétien, romain et arabo-musulman. Tout en revendiquant dès le départ son africanité. En un mot, universel.

Notes d’Africamaat

Marie-Ségolène Royal, née le 22 septembre 1953 à Dakar, dans l’arrondissement de Ouakam en Afrique occidentale française (aujourd’hui au Sénégal), est une femme politique française. Ancienne députée, ancienne ministre des gouvernements Bérégovoy et Jospin, elle est actuellement présidente du conseil régional de Poitou-Charentes. Elle est la première femme à avoir accédé au second tour d’une élection présidentielle française, qu’elle a perdu face à Nicolas Sarkozy, le 6 mai 2007, avec 46,94 % des suffrages exprimés contre 53,06 %.

- Université populaire participative sur l’Afrique, le 18 mai 2009

Université populaire participative, le 18 mai 2009 au Théâtre Dejazet (Paris 3è). "Quel avenir commun entre l’Afrique et l’Europe au XXIè siècle ?"

Photo en haut : Ségolène Royal avec Elikia M’Bokolo

Photo en haut : Elikia M’Bokolo (né le 23 décembre 1944) est un écrivain et historien congolais né à Kinshasa (République démocratique du Congo). Historien spécialisé sur l’Afrique, il a été directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales, et est professeur à l’Institut des sciences et techniques humaines.

Commentez cet article

Lire les commentaires (9)

Références bibliographiques:

Aucune.

Rechercher


Apprendre et découvrir