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par Jean-Philippe Omotunde © africamaat.com
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Autopsie de la thèse fondatrice de l’eurocentrisme
A Nubian, Ogotemmêli, Akolema, Wong Kem, Dams et tous les autres internautes du site africamaat, artisans de la Renaissance Africaine, défenseurs de Mâat (la vérité/justice) et combattants pour un monde respectueux de ses emprunts africains....
Après avoir exploré pendant près 3 semaines, des thématiques historiques ayant attrait à l’origine africaine de nombreux peuples, il est temps maintenant de sceller la question en dévoilant la plus importante falsification opérée par les tenants du modèle historique dit « Modèle Aryen » [1], vulgarisé sous le nom d’approche eurocentriste de l’histoire de l’humanité.
1- Fondements de la thèse eurocentriste :
Pour les spécialistes occidentaux, la Grèce antique serait le berceau originel de la pensée philosophique et scientifique de l’histoire de l’humanité. Aussi, ils ne sont jamais avares en superlatifs, pour valoriser leur vision historique, tel Sir Thomas Heath qui écrivait en 1921 [2] :
« Les Grecs, plus que tout autre peuple de l’Antiquité, possédait l’amour de la connaissance pour la connaissance ; chez eux il se ramenait à un instinct, une passion. Les Grecs étaient une race de penseurs (...). Ce qu’ils ont entrepris, ils l’ont porté au sommet de la perfection et n’ont en cela jamais été surpassés (sic)" .
En 1809, le prussien Wilhelm von Humboldt, alors Ministre de l’éducation, décida d’introduire les Humanités Classiques Européennes dans l’enseignement pour stimuler ses compatriotes. Il expliqua alors sa démarche en ces termes [3] :
« Les Grecs, pour nous, sortent du cercle de l’histoire (...) La connaissance des Grecs n’est pas seulement pour nous plaisante, utile ou nécessaire - non, le fait est que seuls les Grecs nous offrent l’image idéale de ce que nous voudrions être, de ce que nous voudrions produire ».
Cette façon de voir l’histoire de l’humanité [4], inonde encore aujourd’hui bon nombre de récits historiques qui manquent totalement de bases scientifiques solides. Ainsi, peut-on lire encore dans les ouvrages de vulgarisation scientifique actuels, ce type d’assertion falsificatrice :
"La science en tant que spéculation intellectuelle est née en Grèce au Vème siècle avant notre ère"(...) Pourquoi n’est-ce pas en Mésopotamie, en Egypte, en Chine ou en Inde qu’est née ce que nous appelons la science ? (sic)" [5]
Voyons maintenant la vérité historique !
2- Autopsie de la thèse fondatrice de l’eurocentrisme :
La particularité de l’approche universitaire eurocentriste voulant que la civilisation soit née en Grèce du fruit du Génie intellectuel des anciens européens, est que pour alimenter cette vision historique, les historiens occidentaux en sont réduits à se pourfendre en escroqueries, en mystifications et en fourberies de toutes sortes. Leurs thèses ne reposent que sur des arguments fallacieux, non attestées par leurs propres ancêtres et n’ayant aucun fondement scientifique.
L’ignorance et l’escroquerie intellectuelle sont donc les moteurs de l’historiographique occidentale et cela depuis le XVIIIème siècle. Les profanes, complètent abreuvés de théories bricolées de toute pièce et maintenus volontairement dans l’ignorance des faits, ignorent jusqu’à l’existence même de certains documents historiographiques capables de ravaler l’eurocentrisme au stade d’immense « farce humoristique ».
Ainsi, pour réussir leur entreprise coloniale, générer le racisme et forcer la capitulation des esprits non européens, les historiens ont donc élaboré de toute pièce une nouvelle « histoire universelle de l’humanité », sortie tout droit de leurs fantasmes. C’est précisémment cela que nous allons démontrer !

En réalité, les indo-européens anciens ne sont point responsables de l’apparition de la civilisation sur le continent européen. C’est un fait historique dont l’Afrique noire est majoritairement responsable en tant que berceau de l’humanité et de la civilisation, et cela sur la base de l’intégralité de la documentation universelle de l’histoire de l’humanité !
En disant cela, nous révélons au grand jour une vaste entreprise de falsification de l’histoire de l’humanité, et jetons les bases d’une société humaine mondiale, plus reconnaissante de ce qu’elle droit à l’Afrique noire !
2.1- Les anciens Africains : Les véritables introducteurs de la civilisation en Europe !
En examinant méthodiquement le testament des européens anciens qui eux étaient beaucoup plus soucieux de la vérité historique que ceux d’aujourd’hui, l’on s’aperçoit que c’est un peuple particulier dont les ressortissants étaient noirs, à savoir le peuple Pélasge qui vivait dans le Péloponèse, qui fut le réel récepteur des éléments de la civilisation en provenance d’Afrique noire et/ou de la région de Canaan (Phénicie).
En effet, pour les Grecs anciens, les Pélasges représentaient une population très ancienne, installée en Grèce avant même l’arrivée des nomades Doriens blancs. Ce peuple préhellénique fut nommé Pélasge [6]. On les considérait comme le peuple autochtone et il était composé d’individus ayant une peau relativement foncée.]] par les Grecs en raison disent-ils, de son héros éponyme, fils de Zeus ou de Poséidon, selon les récits : le roi Pélasgos [7].
Hors à propos de Pélasgos, le poète Asios de Samos [8], appuyé par Pausanias [9] nous révèle un fait important sur ce que l’on peut appeler la négritude des Pélasges [10] :
"Et la terre noire produisit Pelasgos, pareil aux Dieux".
Ainsi, non seulement les Pélasges étaient noirs, mais ils étaient encore perçus comme les introducteurs de la civilisation et de la spiritualité sur le continent européen.
Là-dessus, le poète Eschyle [11], confirme cette négritude à travers la naissance d’un descendant de Pélasgos, à savoir Epaphos, né de Io la fille du roi d’Argos, en disant ceci [12] :
"Et pour rappeler comment Zeus l’a mis au monde, celui que tu enfanteras (en parlant de Io) sera le noir Epaphos ".
[1] Selon le Modèle Aryen, la civilisation classique grecque fut le résultat de la conquête de la Grèce par le Nord par les "Hellènes". C’étaient des Indo-européens ou "Aryens". La population indigène de l’Egée qu’ils ont conquise est simplement étiquetée comme "pré-hellène" par les savants modernes.
[2] Cf. Sir Thomas Heath, "L’histoire des mathématiques grecques", 1921.
[3] Cf. Humboldt - 1903-1936, III, P. 188
[4] Cf. L"origine négro-africaine du savoir grec - Jean Philippe Omotunde, éd. Menaibuc
[5] Cf. Magazine Science & Vie, n° 965, 2000.
[6] Nom donné par les Grecs aux habitants de l’Égéide avant l’arrivée des Hellènes[[Il fallut longtemps avant que le nom d’Hellènes pût s’imposer à tous les Gres. Celui qui le prouve le mieux, c’est Homère : lui qui vécut à une époque encore bien postérieure à la guerre de Troie, il n’a nulle part appliqué le nom à l’ensemble ; il ne l’applique qu’aux compagnons d’Achille, venus de Phthiotide, qui furent, précisément, les premiers Hellènes ; et il emploie dans ses poèmes les termes de Danaens, d’Argiens, d’Achéens. II n’a, du reste, pas davantage employé le mot de barbares, cela parce qu’à mon avis les Grecs n’étaient pas encore groupés, de leur côté, sous un terme unique qui pût s’y opposer..
[7] Héros d’Arcadie éponyme des Pélasges, les premiers habitants légendaires de la Grèce.
[8] Asios de Samos fils d’Amphiptolémos
[9] Pausanias né à Magnésie du Sipyle en Lydie vers 115, mort à Rome vers 180, géographe et voyageur.
Pausanias explora la Grèce, la Macédoine, l’Italie, l’Asie et l’Afrique avant de se fixer à Rome vers 174. Là, il écrivit une Description de la Grèce (Περιήγησις / Periêgêsis [Hellados]) ou Périégèse en 10 livres. À la manière d’un guide de voyage moderne, il donna, au fur et à mesure de son itinéraire, la liste détaillée des sites qu’il visite et les légendes qui s’y rapportent. Mieux, pour l’historien Paul Veyne (Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ?, 1983) : « Pausanias est l’égal d’un philologue ou d’un archéologue allemand de la grande époque ; pour décrire les monuments et raconter l’histoire des différentes contrées de la Grèce, il a fouillé les bibliothèques, a beaucoup voyagé, a tout vu de ses yeux. (...) La précision des indications et l’ampleur de l’information surprennent, ainsi que la sûreté du coup d’œil. »
[10] Cf. Martin Barnal, Black Athena, tome 1, éd. PUF
[11] Eschyle (en grec ancien Αἰσχύλος / Aiskhúlos), né à Éleusis en 526 av. J.-C., mort à Géla (Sicile) en 456 av. J.-C., est le plus ancien tragique grec dont l’œuvre ait survécu.
[12] Cf. Eschyle, Prométhée, v. 846-852
Commentaires
- 5/02/2009 16:35 par Eléonore
- 25/01/2009 23:21 par Omotunde
- 24/01/2009 17:20 par Aïda
- 23/01/2009 11:57 par
- 15/08/2007 16:49 par kanouss
- 13/08/2007 03:41 par Hélène
- 22/04/2007 04:37 par Octave
- 20/04/2007 18:50 par Shabaka29
- 16/04/2007 23:44 par AKOMELA
- 14/04/2007 05:26 par Octave
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