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par Jean-Philippe Omotunde © africamaat.com
Chercheur en Histoire, co-fondateur du site africamaat.com et de l’Institut Africamaat, concepteur de la revue Afrik@raïbes mag, JP Omotunde est un Kamit originaire de la Guadeloupe (Karukéra).
Ses ouvrages publiés aux éd. Menaibuc :
L’origine négro-africaine du savoir grec
Les racines africaines de la civilisation européenne
La traite négrière européenne : vérité & mensonges
Discours afrocentriste sur l’aliénation culturelle
Les Humanités classiques africaines pour les enfants
Manuel d’études des Humanités Classiques Africaines
Histoire de l’esclavage : Critique du discours eurocentriste
Découvrez le MenaibucBlog de JPO
Son dernier article: Propagande sur l’histoire du (...)
Cheikh Anta Diop : un savant exceptionnel
L’histoire extraordinaire d’un savant africain qui a vaincu à lui seul, l’idéologie coloniale.

Hotep !
Osiris Cheikh Anta Diop,
Etre parfait qui illumine l’horizon de Ta Meri !
Tu brilles, tu resplendis, tu es lumineux.
Tes chairs revivent, ton âme est noble et ton coeur est en paix.
O maître,
Tu as atteint les champs de Ialou de ton père Amon-Râ
Où tu vis en Maatiou.
Par tes œuvres terrestres,
Tu as fait de nous de humbles « Sem Shou Diop »
Et telle Sothis l’étoile du matin,
Notre Ka se prépare à renaître.
Ecoutez les enregistrements audio de Cheikh Anta Diop
L’historiographie africaine restera à jamais redevable au professeur Cheikh Anta Diop en ce sens qu’elle lui doit sa naissance, ses premiers balbutiements, sa maturité et son indépendance idéologique.
Le site Africamaat souhaite rendre un nouvel hommage, non seulement à l’homme mais aussi à son œuvre remarquable qui associe savamment, approche méthodologique et rectifications historiques. C’est principalement en raison de sa démarche historiographique strictement scientifique que Cheikh Anta Diop doit son image de chercheur avant-gardiste.
I- Sa jeunesse en Afrique :

- LE JEUNE C. A. DIOP
En 1923, lorsque Cheikh Anta Diop naît de Magatte Diop et de Massamba Sassoum Diop dans un petit village nommé Caytou, l’Afrique occidentale française (AOF) n’a pas encore accouché du Sénégal. Le continent tout entier est soumis à la domination coloniale impérialiste qui impose ses lois politiques, culturelles, sociales, économiques et pédagogiques aux populations. Le temps des grands empires et de la prospérité a été balayé par les négriers arabes et européens qui ont finalement cédé leur place aux armées et aux états majors européens en quête de nouvelles richesses terrestres, au mépris total de toute forme d’humanisme.
Pour maximiser les profits liés au commerce négrier et légitimer leurs décisions inhumaines, les intellectuels occidentaux, sous la houlette de l’ecclésiastique Bartholomé de las Casas, avaient crée de toute pièce depuis le XVIIème siècle, le concept philosophique du « nègre sauvage » qu’ils s’efforçaient d’injecter dans les consciences populaires du nord et du sud, en usant de force physique, de déclarations racistes et de travaux pseudo-philosophiques et pseudo-scientifiques.

- EXTRAIT DE LOUVRAGE DE D. WESTERMANN
- NOIRS ET BLANCS EN AFRIQUE
« La nature n’a doté le nègre d’Afrique d’aucun sentiment qui ne s’élève au-dessus de la niaiserie », peut-on lire sous la plume du philosophe allemand Emmanuel Kant (1724-1804). De telles idées furent encore véhiculées massivement par Hume, Renan, Voltaire, Gobineau, Hegel... et relayées médiatiquement par des scientifiques (Buffon, Cuvier...). Pour ces derniers, le nègre représentait « la plus dégradée des races humaines, dont les formes s’approchent le plus de la brute et dont l’intelligence ne s’est élevée nulle part au point d’arriver à un gouvernement régulier », (Georges Cuvier, zoologiste français).
Alors jeune étudiant, Cheikh Anta Diop va être confronté à ces idéologues xénophobes chargés de déformer et d’atrophier dans les écoles coloniales, les jeunes consciences africaines. Un incident l’opposant à un enseignant français ouvertement raciste, M. Boyaud, a d’ailleurs laissé des traces encore visibles aux Archives Nationales du Sénégal, dans son dossier scolaire. Il s’agit d’une lettre datée du 7 août 1941, adressé à l’inspecteur général en charge de l’enseignement en OAF et rédigée par la direction du lycée Van Vollenhoven de Dakar. Ce courrier fait état de relations conflictuelles à caractère raciste, entre C. A. Diop et M. Boyaud son professeur. Néanmoins en 1945, il obtient finalement son « Brevet de capacité coloniale » (équivalent du bac) en mathématiques (juin 1945) et en philosophie (octobre 1945). [1]]

Ce climat d’hostilité idéologique va progressivement aiguiser la curiosité historiographique du jeune Diop car il constate que dans les récits historiques distillés dans les écoles du « blanc », les peuples africains sont systématiquement décrits comme non civilisés, sans histoire [2] et sans liens culturels entre eux. Mais il ne se destine pas encore au métier d’historien puisque son rêve est de devenir ingénieur en constructions aéronautiques.
[1] Cheikh Anta Diop : l’homme et l’œuvre - Cheikh M’backé Diop - éd. Présence africaine. Ouvrage d’où sont issues les photos de cet article.
[2] (d’où l’éthographie, à savoir l’histoire des peuples sans histoire)
Commentaires
- 1er/07/2007 15:35 par Roger_Smith
- 16/11/2006 20:59 par
- 7/11/2006 08:34 par Kamtep
- 8/10/2006 13:22 par Jean-Marie,Afri
- 26/08/2005 09:32 par karin
- 1er/08/2005 12:21 par AKOMELA/NDAJA
- 1er/08/2005 09:32 par Bangoura
- 31/07/2005 20:52 par DJIBRIL CHIMERE
- 12/05/2005 10:36 par Sekou M Kone
- 23/03/2005 23:46 par Mezimes
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