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par Jean-Philippe Omotunde © africamaat.com

 Publié le 16 décembre 2005

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Colonisation : le débat se poursuit !

Quand la colonisation recrée l’union de la gauche.

Colonisation : le débat se poursuit !

Opposition L’abrogation de l’article 4 de la loi de février 2005 a été réclamée lors d’un meeting réunissant la gauche, du PRG à la LCR.

- Le figaro : Myriam Lévy : 16 décembre 2005

Ils étaient tous là : d’Arlette Laguiller au radical de gauche Jean-Bernard Bros en bout de tribune, le centre occupé par Dominique Strauss-Kahn et François Hollande, en passant par les Verts Dominique Voynet et Yann Wehrling, les communistes Patrick Braouezec et Nicole Borvo sans oublier Alain Krivine pour la Ligue communiste révolutionnaire et le député de Guyane Christiane Taubira. Tous unis pour réclamer l’abrogation de l’article 4 de la loi du 23 février 2005 portant « reconnaissance de la nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés », qui oblige les programmes scolaires à reconnaître « en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer ». Et pas pour autre chose.

L’aréopage hétéroclite qui siège dans cette salle de la Mutualité « n’est pas le futur gouvernement », prévient Krivine. « Quand il s’agit de s’opposer, je souhaite que le rassemblement soit le plus large possible. Quand il s’agit de proposer, nous retrouvons nos libertés respectives », résume Hollande.

Ils sont donc d’autant plus enclins à réclamer de plus en plus fort « l’abrogation » de cette « disposition ignoble », selon l’expression de Hollande, et DSK suggère au président de la République de « ramener la sérénité dans le pays » en accédant à leur demande au plus tard lors des voeux du 31 décembre. La pétition publiée sur le site Internet www.abrogation.net a reçu 18 000 signatures, affirme DSK.

Hollande prend bien soin de rappeler que les socialistes ont voté contre le projet de loi. Il omet par contre de dire que ce n’était pas du tout en raison de la teneur de l’article 4, mais parce qu’ils jugeaient insuffisantes les compensations octroyées aux pieds-noirs et aux harkis et aussi parce que le gouvernement avait refusé de conférer « la dignité de mort pour la France » aux victimes de la manifestation de la rue d’Isly du 26 mars 1962, tuées huit jours après les accords d’Evian par l’armée française.

« Nous sommes rassemblés sur un point et un seul »

Arlette Laguiller, elle, n’est pas du tout sur la même longueur d’onde. Ce n’est pas seulement l’article 4 qui la gêne, mais toute la loi et particulièrement l’article premier qui « reconnaît les souffrances » des rapatriés, harkis et « victimes civiles et militaires », mais « n’a pas un mot pour dire la souffrance des peuples colonisés ». Hollande recadre : « Nous sommes rassemblés sur un point et un seul : l’abrogation de l’article 4 ».

Le Vert Yann Wehrling, lui, s’en est pris à Sarkozy qui « contribue à la lepénisation de la société française ». La communiste Nicole Borvo a dénoncé une « droite revancharde, pétainiste, maurassienne et antidémocratique », tandis que Krivine se félicitait que la mobilisation des Antillais ait empêché la visite de Sarkozy dans l’archipel. « Ils ont abrogé Sarkozy avant que nous n’arrivions à abroger l’article 4 », a-t-il lancé.

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