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par Jean-Philippe Omotunde © africamaat.com
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Confessions d’un négrier français...
La notion de profit lié au commerce du bois d’ébène trouve tout son sens avec ce témoignage.
Théodore Canot(1806-1860), navigateur et négrier français, nous livre dans ses mémoires [1], son témoignage personnel de rentabilité de la traite négrière européenne. Extrait...
« Au jour dit, la Fortuna leva l’ancre avec deux cent vingt êtres humains entassés dans sa cale. Trois mois après, j’étais avisé qu’elle en avait débarqué deux cent dix sept dans la baie de Matanzas et que leur vente avait donné un bénéfice net de $ 4 143 854 dollars sur le voyage. Le lecteur croira difficilement à un bénéfice si élevé, je reproduis donc ci-dessous les comptes des frais du voyage et ceux de la liquidation faite à Cuba au retour ».
Cette confession met en évidence la notion de profit maximum lié à l’exploitation négrière. Pour convaincre le lecteur incrédule, Théodore Canot va jusqu’à publier dans son autobiographie, le bilan comptable de sa transaction.
Rentrées ................... 8 141 900
Dépenses .................. 3 998 046
Bénéfice net ............ $ 4 143 854 dollars
Ainsi, le commerce négrier engendrait en moyenne par bateau, un bénéfice net supérieur ou égal à 50 % du chiffre d’affaires réalisé (Rentrées). On comprend maintenant la fièvre commerciale qui sévissait dans les milieux bourgeois français. Pour confirmer ce fait, Voltaire affirmait même en 1753 :
« Les Antilles sont des points sur la carte, mais enfin ces pays, qu’on peut à peine apercevoir sur une mappe monde, ont produit en France une circulation annuelle d’environ 60 millions de marchandises ».
60 millions de marchandises circulant annuellement vers 1753, on voit tout de suite l’énorme bénéfice réalisé au cours de 200 ans d’exploitation humaine. Cela équivaudrait en 2003 à près de 60 milliards de francs soit 9 250 000 000 euros par an.
De plus, on affirmait même en haut lieu que l’arrêt de la traite négrière entraînerait le chômage de la moitié des ouvriers français de l’époque. Car la construction et l’affrètement des bateaux négriers au Havre, à Nantes, à Bordeaux, à St Malo, etc..., faisait appel à une multitude de métiers. En 1783, la France arrivait en tête du classement mondial des exportations de café (40 000 tonnes), de sucre (100 000 tonnes) et en bonne place pour le coton (1 000 tonnes).
Ainsi, l’essor économique de la France résulte directement de l’exploitation négrière qui constituait à l’époque le premier poste économique du pays.

[1] Cf. Les aventures d’un négrier.Histoire véridique de la vie et des aventures du capitaine Théodore Canot trafiquant en or, et ivoire et en esclaves sur la côte de Guinée telle qu’il la raconta en l’année 1854. à Brantz Mayer. Paris librairie Plon
Commentaires
- 26/07/2009 12:45 par Kandaka
- 26/07/2009 12:35 par Kandaka
- 25/07/2009 22:44 par j
- 24/07/2009 10:04 par M. Bruno Laloue
- 18/05/2009 11:29 par Prof d’hi
- 26/04/2009 16:09 par Richardson
- 22/10/2008 22:05 par Um Nyobè
- 22/10/2008 19:55 par Max, juriste !
- 22/10/2008 07:25 par Can
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