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Son dernier article: Onirologie Afrocentrique
 Publié le 7 septembre 2005

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Correction de la copie de l’écolier Olivier Petré-Grenouilleau : 0/20

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JOURNAL DE BORD D’UN NEGRIER Jean-Pierre PLASSE, éd. Le Mot et le Reste, 2005

Ce texte a été publié par Bernard PLASSE. C’est le journal de bord de son aïeul, Jean-Pierre PLASSE, qui fut « subrécargue » sur un bateau négrier au nom de l’Espérance ; c’est-à-dire qu’il était le représentant légal de l’armateur à bord, ayant mission de « traiter » pour le compte dudit armateur. Il s’agit donc de la traduction, en Français contemporain, d’un document original, d’une source directe sur le Yovodah datée de 1762, l’année où a eu lieu cette expédition vers l’Afrique en vue d’en ramener du bois d’ébène. Jean-Pierre PLASSE décrit et explique ce qu’il s’est passé lors de cette expédition, avec une foule d’événements/informations dont il est directement témoin oculaire, sinon protagoniste.

Olivier PETRE-GRENOUILLEAU a été sollicité pour la préface, c’est-à-dire aussi pour estampiller de son autorité l’exceptionnel intérêt de ce document-témoignage précieux sur la « Traite des Noirs ». Bien entendu, le préfacier gourou de la version commercialiste n’y a vu que matière à confirmer ses thèses :

« Les chefs locaux et les courtiers sont généralement très mal considérés. A lire Plasse il ne s’agit que de fripons, souvent ivrognes, parfois cruels. Récurrente, cette image est déjà à l’époque un poncif. Traduisant l’irritation des capitaines de négriers obligés de se soumettre aux autorités locales afin de négocier des esclaves, ce stéréotype nous rappelle que les vrais maîtres de l’échange, sur les côtes d’Afrique, sont les Africains eux-mêmes. [...] la nécessité de passer par l’intermédiaire des élites africaines explique cette traite itinérante [...] Tous les types de traite défilent ainsi, au fil des pages : traite itinérante, troque sur rade foraine ou à terre, achats directs, par le biais de courtiers noirs, de gouverneurs blancs ou de structures étatiques africaines solidement implantées. » pp10-11

Après avoir cité (longuement : désolé) des extraits du texte, je vais montrer que ce témoignage oculaire permet de conclure rigoureusement au contraire de Pétré-Grenouilleau : que les vrais maîtres de cette déportation de Nègres sont les Européens, qu’en fait d’« élites africaines » comme prétend OP-G, il s’agit bel et bien « de fripons, souvent ivrognes » comme le décrit Plasse !!! Question de tropisme ? Faut voir...

Plasse indique des noms de personnes, fleuves, villages, etc. constitutifs du microcosme africain du Yovodah.

- P37 : « royaume des Carous » , « vice-roi » au nom de « William ou Guillaume »

- P40 : « Tous les villages de la côte ont un vice-roi qui gouverne ses sujets sous les ordres de rois qui se tiennent dans l’intérieur de leurs royaumes. Le vice-roi ici s’appelle Louis. [...] Il faut avoir toujours un nègre courtier par rapport à la langue du pays, lequel entend les langues d’Europe comme le Français, l’Anglais et le Hollandais et auquel on donne une bagatelle pour sa peine. »

- P41 « village de Mésurade », « celui [village] de Saint-Paul », « vice-roi [de Saint-Paul] appelé Pierre », « Il y a des courtiers nègres qui ont résidé en Europe. L’un des leurs, un nommé Cupidon fut en France avec Monsieur de Leremberg, capitaine de vaisseau de la Compagnie qui l’a gardé le temps convenu avec son père et le renvoya chez lui. »

- P47 : « Mana », « Sextos », « Young Sextos », courtier au nom de « Cazary »
- P51 : « Witte Klip » ou « Roche blanche », « cap Formosa »
- P53 : village de « Corra », « rivière Tabot ou Saint-Jean »
- P58 : village et rivière de « Sanguin »
- P59 : « village appelé Ratisset », « Sextos Crou nous reste au sud-est depuis Sanguin jusqu’à la pointe de Crou »
- P60 : villages de « Drou », « Balou », « Wapo »
- P62 : villages de « Growa », « Tabou »

- P63 : « rivière Cavalin », « Ce vice-roi était décoré d’une couronne de plumes de coq, il était assis sur une sellette de bois. Tous les assistants de son conseil étaient de grands hommes de taille gigantesque avec de longues barbes ce qu’on ne voit guère aux nègres. »

- P65 : villages de « Berbi », « Grand Tabou », « le chef de la bande était un grand homme nègre, rougeâtre et borgne »

- P67 : village de « Nove Town »

- P68 : « Ils crient tous comme des brigands qu’ils sont, en ont aussi bien la figure avec leur longue barbe de chèvres et leur moustache leur donne l’air cruel. Ce n’est pas sans raison qu’on a nommé cet endroit [Nove Town ?] Côte des Males Gens ; ils le sont en effet. »

- P73 : « Capitaine Christ », nom du père d’un courtier nègre.
- P74 : village de « Tahou »
- P76 : villages de « Drouin » et de « Coffy Anamabou »
- P77 : rivière de « Saint-André »
- P78 : « ils semblent des brigands, avec leurs longues barbes dont les unes sont en tresses, d’autres en queue avec une paille de riz ou autre chose. »
- P79 : « après avoir doublé les collines rouges commence la Côte des Bonnes Gens », « cap Cazou », « cap Lahou », un courtier nommé « Pierre »
- P83 : village nommé « Jaque-Jaque »
- P84 : « rivière de Bassan »
- P86 : village de « Grand Bassan »
- P88 : « comptoir d’Axim », « village saint-Appolonie »

- P90 : « fort Saint-Antoine d’Axim ». Selon les informations de Plasse, au 16/09/1762 le Gouverneur du fort Saint-antoine était Huy de Cooper. Son « Cavissery », c’est-à-dire son homme d’affaires « était une espèce de mulâtre ».

- P92 : « on forma deux puissantes armées dont l’une était composée de gens de terre et l’autre du ressort du fort [Saint-Antoine], c’est-à-dire des villages maritimes pour mettre l’ennemi entre deux feux. »

- P95 : « la garnison [du fort Saint-Antoine] n’est pas considérable par le nombre de blancs parce qu’elle est supplée par des nègres attachés à la Compagnie dont ils sont à la solde comme soldats d’Europe. », « Pierre Bomba », un « courtier et quartier-maître »

- P96 : « fort Dorothéa à Akoda appartenant aux Hollandais », « Butré ou Boutré, fort Hollandais, situé sur une petite montagne, appelée Ballenslein. Son gouverneur est Monsieur Barréveste. », « Monsieur Jean Barrène, gouverneur du fort de Rory », « Sacondé, autre fort Hollandais »

- P97 : « le fort d’Orange de sacondé où monsieur Clockner est gouverneur », « Chamas, lieu où l’on prend des canots pour le service de la traite de Juda », « fort St Sébastien de Chamas » dont le gouverneur est « Monsieur Hendrick Walmsburk », « château de la Mine »

- P98 : « la rivière de St Jean », « Tous les enfants [du village de St Jean ?] qui viennent des blancs du comptoir restent dans l’idolâtrie sans que leurs pères se donnent la peine de les instruire à la religion chrétienne. Cependant, ils sont libres en naissant. Les garçons sont employés au service de la Compagnie et les filles restent aussi dans les comptoirs et font, quand elles sont en âge, ce que leur mère a fait. » »

- P100 : « on découvre à Commary un fort Anglais et un Hollandais commandé par M. Armand », « le château St Georges de la Mine » où « Monsieur Vourtkeman, [est] sécrétaire du général » et « Monsieur Peter David Crasmis, général »

- P101 : « des rimadours qui sont des nègres faits à l’usage de la barre de Juda et autres lieux du bas de la côte »

- P102 : « A l’est du dit château [ST Georges de la Mine], sur une montagne, il y a un fort appelé St Gago, son commandant est un enseigne. Ce fort est situé pour tirer sur le village en cas de révolte de la part des nègres. »

- P103 : « Le général [Peter David Crasmis] mène le train d’un prince. Ses domestiques sont décorés par de grandes chaînes d’or en bandoulière, au bout desquelles est attachée une large plaque du même métal. Il y a un orchestre de musique instrumentale, tous gens d’Europe qui jouent pendant le dîner auquel n’assistent que les principaux officiers et tous les capitaines des navires en rade. [...] Tous les officiers, tant militaires que de la plume, ont une femme négresse des plus jolies qu’ils puissent trouver. Elles sont servies par des esclaves et bien ajustées avec beaucoup de bijoux de toute espèce. », « cap Corse »

- P104 : « fort de Nassau de Mourée », « Cornentin, fort Hollandais », « village de Berka », « Acara, où il y a trois forts près les uns des autres, qui sont anglais, Danois et Hollandais. », « rivière de Volta »

- P105 : « Grand Popo », villages de « Ruita », « Quita »
- P106 : « Quita est un village commandé par un cavissery. [...] Celui [le Nègre] dont je me servi, comme intermédiaire dans la traite, est le fils du grand cavissery, appelé Jolly. », village de « Agouja »
- P109 : « Porte Neuve », « Abadagris »
- P111 : « la pointe des Casins »
- P112 : village de « Grégoi »

- P113 : Le « gouverneur nègre de Grégoi » est appelé « Yavogand commandant du village, et de la Praye qui est la côte maritime et ses dépendances. », « Dada, roi Dahomé »

- Pp124-125 : « Ce pays de Juda était autrefois le royaume d’Ardre qui fut détruit par Dahomé, chef d’une province des environs qui servait ceux qui en avaient besoin contre une somme d’argent. Ainsi il avait été commandé par le roi d’Ardre pour aller combattre contre les gens de Popo avec qui il avait la guerre. Il les battit si bien qu’il s’en rendit maître. Mais au lieu de remettre sa conquête à celui pour qui l’avait faite, il vint à tourner les armes contre lui qui, n’étant pas prévenu d’une pareille trahison, n’eut pas d’autre parti que celui de se sauver pour n’être pas fait prisonnier. Voilà comment ce Dahomé parvint à se faire proclamer roi de ce royaume qui en est à sa troisième dynastie. L’actuel monarque s’appelle Dada. Son lieu de domicile est à la ville de Bomé, à trente lieus de Grégoi. Son palais y est fort grand muni de casernes et de vastes magasins. Sa garde est de huit mille hommes bien armés. »

- P127 rivières de « Napo, de l’Euphrate et de Jekin »

- P129 : « jadis, les Hollandais en avaient un [fort] qui fut rasé par ordre du roi [de Dahomé] et que les Portugais le remplacèrent. Cependant, nous savons que le fort français est le plus ancien de tous et conséquemment il a aussi la préséance sur les autres, l’Anglais et en dernier, le Portugais. [...] Quoique le roi soit bien aise qu’il y ait des forts pour garder son pays et pour y maintenir le commerce. »

- P130 : « Dans chaque fort [construit au Dahomé] il n’y a que cinq à six blancs et une compagnie de soldats nègres attachés à la compagnie qui leur donne le prêt. [...] La distance des dits forts de l’un l’autre est d’une coup de pierrier et sur la même ligne. Pour leurs gouverneurs quels qu’ils soient, la guerre en Europe ne les concerne pas. Ils se fréquentent et donnent des repas très souvent surtout le dimanche. [...] Le commerce des gouverneurs est considérable, surtout quand il n’y a pas de navire en rade et qu’ils ont de quoi traiter. C’est alors qu’ils obtiennent les captifs à grand marché et qu’ils vendent plus tard aux navires une once de plus que le cours, c’est-à-dire une ancre d’eau de vie. [...] D’ailleurs ils achètent pour l’ordinaire tous les rebuts de camp et ils tachent de vous les donner pour bien bons, se prévalant de quelques petits services qu’ils rendent aux capitaines, lesquels ne peuvent presque rien leur refuser. [...] On leur [aux gouverneurs] paye en partant un droit pour les captifs qu’on entrepose dans les cachots du fort. »

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