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par Jean-Philippe Omotunde © africamaat.com

 Publié le 11 novembre 2004

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Créolité vs Afrocentricité

Le concept de créolité est-il l’aboutissement d’une démarche philosophique mûrement réfléchie ou un simple tour de passe passe identitaire ? L’Afrocentricité possède-t-il des fondements plus solides que la négritude ?

Créolité vs Afrocentricité

1- Le concept de Créolité :

Le concept de la créolité, à savoir l’infusion de la culture linguistique des ex-colonisés dans la langue du colonisateur, n’est pas nouveau en soi. En 1969, un lettré africain d’origine malinké du nom de Ahmadou Kourouma se voyait déjà décerné le prix de l’Académie Française pour une œuvre littéraire dans laquelle il avait "malinkisé" le français.

En 1989, la martiniquais Patrick Chamoiseau publiait en collaboration avec ses acolytes Raphaël Confiant et Jean Bernabé un ouvrage d’une rare intensité : "Eloge de la créolité". Celui-ci commença très vite a intéresser l’establishment de la métropole qui y voyait une alternative sérieuse à la mouvance de la négritude chère à Aimée Césaire.

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ELOGE DE LA CREOLITE

En 1991, Raphaël Confiant recevait le Prix Novembre de littérature pour "Eau de café" et l’année suivante, Patrick Chamoiseau, s’illustrait de nouveau en recevant le Prix Goncourt pour son ouvrage "Texaco". Ils se voyaient ainsi portés par les médias nationaux qui faisaient connaître au grand public le concept de la créolité dans sa version caribéenne. Restimulé dans la perception de sa propre langue qu’elle avait finit par percevoir comme vieillissante, la France surfe alors sur la vague de la créolité dont elle souligne le génie créateur.

Les idéaux identitaires défendus par la créolité sont les suivants :

  Métissage : Ni européens, ni africains, ni asiatique, le créole est le fruit d’une soupe culturelle aux ingrédients multiples,

  Universalité : le créole est un citoyen du monde implanté dans l’espace caribéen,

  Mythe fondateur : le créole est le fruit de l’histoire esclavagiste qui est son acte de naissance.

Ces idéaux sont alors largement relayés par les médias locaux qui infusent à grosses doses dans les jeunes consciences, ce nouveau concept idéologique de métissage et d’universalité, enrobé d’une forte dose d’irresponsabilité. Les mots d’ordre sont alors : créolité et créolisation.

En fait, si nous analysons de prêt le concept de créolité, il s’en dégage déjà les sérieuses lacunes suivantes :

  Il reste dans l’univers de l’esthétique, voire du flou esthétique,

  Il ne repose sur aucune méthode d’analyse rationnelle des faits passés et présents,

  Il vise à juguler les rapports conflictuels de la majorité noire vis à vis de l’Afrique,

  Il croit naïvement combattre le racisme,

  Il s’appui sur l’ignorance quasi-générale du peuple,

  Enfin, il convient de reconnaître avec une grande honnêteté que si dans la soupe de la créolité, la culture européenne représente le sel, celle-ci est alors immangeable.

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Références bibliographiques:

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