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par Jean-Philippe Omotunde © africamaat.com

 Publié le 24 mai 2006

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Dénoncer le racisme archéologique...

LA REVUE SCIENTIFIQUE "POUR LA SCIENCE" (ÉDITION FRANÇAISE DE LA REVUE US "SCIENTIFIC AMERICAN"), NOUS PRÉSENTE LA RECHERCHE ARCHÉOLOGIQUE EN TERRE AFRICAINE, SOUS L’INTITULÉ EXPLICITE SUIVANT : "LE RACISME ARCHÉOLOGIQUE".

Dénoncer le racisme archéologique...

Cet article daté de janvier 1998, explique officiellement le mécanisme de la falsification de l’histoire de l’Afrique au regard de l’idéologie coloniale et néocoloniale qui veut que toute civilisation avancée, toute construction massive en pierre (Egypte, Zimbabwé...) soit issue systématiquement d’une migration mythique "blanche".

Prenons donc l’exemple da la civilisation de Zimbabwé, décrit dans l’article. On apprend donc qu’en découvrant Zimbabwe, le professeur allemand Karl Mauch, stipulat en 1871 que :

"La cité n’a pas été construite par des Africains, car le style de construction est trop élaboré : c’est l’œuvre de colons phéniciens ou juifs".

Et l’article poursuit :

"Un échantillon de bois confirme son analyse rapide : il a la même odeur que son crayon, donc il est en cèdre et provient du Liban. Mauch est suivi de Willi Pooselt qui dérobe un des oiseaux de stéatite et en cache d’autres, en attendant de revenir les chercher (...) Quand Cécil Rhodes, fondateur de la Société britannique Sud-Africaine, autorise Neal à exploiter toutes les ruines rhodésiennes, Zimbabwe est pillé, ainsi que les autres sites de l’Age du fer : l’or et tous les objets de valeur sont emportés, sans aucun respect pour les constructions ni pour les objets sans valeur marchande (poteries ; objets en argile, figurines). Le premier archéologue à venir sur le site est l’Anglais Théodore Bent (...) Il conclut que Zimbabwe a été construit par une race bâtarde, descendant d’envahisseur blancs venus du Nord, puisque, comme Rhodes et la plupart des colons européens le supposent, des Noirs n’auraient jamais pu le construire".

Pendant ce temps, Les chercheurs africains qui soutenaient le contraire étaient persécutés  :

"De 1965 jusqu’à l’indépendance, en 1980, le Front rhodésien, parti fondé par le Premier ministre Ian Smith et qui défend un système d’apartheid, censure tous les ouvrages et documents qui décrivent Zimbabwe ; les archéologues qui défendent l’origine africaine de Zimbabwe sont emprisonnés et expulsés ; les Africains qui soutiennent des positions similaires perdent leur travail ; les populations locales n’ont plus le droit d’y célébrer des cérémonies rituelles ; même les visites du site sont interdites".

Soutenue par l’ancien régime sud africain, cette mascarade suivait paisiblement son cours. Ce n’est que depuis quelques années et surtout la fin du régime de l’apartheid en Afrique du Sud que les constructions de la civilisation de Zimbabwe (à savoir "la maison de pierre") ont été officiellement attribuées au peuple Nègre Shona de la région. Cela avait déjà été démontré par les historiens africains depuis le début des recherches et aussi en 1905, par l’égyptologue David Randall-Maclver.

Mais qui voit les ruines de Zimbabwe découvre qu’il s’agit en fait d’un empire incroyable par son gigantisme. Imaginez un peu : une immense muraille en forme d’ellipse a une hauteur de 10 m et son épaisseur à sa base est par endroit de 5,50 m pour 1,30 à 3,60 m de large à son sommet. Son périmètre est de 244 m et le sommet de la muraille est décoré de motifs à chevrons. Une tour conique à l’intérieur de l’enceinte s’élève à 9 m de haut pour 5,4 m de diamètre.

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