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par Jean-Philippe Omotunde © africamaat.com

 Publié le 23 mars 2007

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Enquête sur l’immigration antillo-guyanaise dans l’hexagone : le BUMIDOM

Enquête sur l’immigration antillo-guyanaise dans l’hexagone : le BUMIDOM

L’Île de France, troisième île antillaise, est actuellement secouée par une jeunesse en pleine quête d’identité. Bien que munis d’une carte "d’identité" française, les Antillais sont paradoxalement associés aux immigrés...

1963. Aux Antilles, la misère sévit et les mouvements sociaux secouent la région en crise économique aigue. La France a un besoin urgent de main d’oeuvre non qualifiée. Elle organise depuis les Antilles une migration de masse vers l’hexagone. C’est l’époque du Bumidom. Il fournira pendant 20 ans postiers, douaniers, agents RATP, femmes de ménage...(Par exemple, 4000 guadeloupéens partaient par an vers l’hexagone dans des transports (avion, bateau) afrêtés par le gouvernement français).

Un film témoigne de ces voyages, souvent sans retour ; qualifiés par certains de déportation ou de traite migratoire. Les exilés nous parlent des luttes, des réussites et des échecs, de leurs espoirs et de la difficulté d’être Français noirs, donc à part.

Aujourd’hui, leurs enfants portent en eux l’héritage de cette génération et subissent les difficultés d’intégration propres aux populations issues de l’immigration.

Ce film raconte une histoire cachée ou même ignorée par nombre d’Antillais et de Français de la métropole. Avec les témoignages de Aimé Cesaire, Henry Bangou, Lilian Thuram, Daniel Boukman et bien d’autres aux Antilles et en région parisienne.

BUMIDOM

Le terme BUMIDOM signifie : BUreau pour le développement des MIgrations dans les Départements d’Outre-Mer. Ce bureau était chargé de l’émigration des habitants d’outre-mer (notamment la Réunion, la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane) vers l’hexagone.

Créée en 1962 par Michel Debré, alors Premier ministre, cette Société d’Etat avait pour mission officielle de prévenir la surpopulation qui menaçait le marché de l’emploi, d’améliorer la situation économique ainsi que le pouvoir d’achat dans les départements d’outre-mer.

La raison officieuse était que la France avait besoin de main d’oeuvre en métrople dans certains secteurs spécifiques. La principale critique qui lui a été fait est d’avoir organisé une déportation, et certains parlent même de génocide par substitution.

Le BUMIDOM a été remplacé en 1983 par l’Agence Nationale pour l’insertion et la promotion des Travailleurs d’outre-mer (ANT), qui ne gère plus le phénomène migratoire.

Un documentaire de du réalisateur Antoine-Léonard MAESTRATI raconte cette histoire.

Sortie nationale le 28 mars 2007

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