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par Jean-Philippe Omotunde © africamaat.com

 Publié le 10 juillet 2011

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Escrime : Origine africaine du sport de la championne Laura Flessel-Colovic

Si l’on s’en tient à la documentation historique universelle, l’Afrique noire est le berceau de nombreuses traditions martiales, dont l’escrime.

Escrime : Origine africaine du sport de la championne Laura Flessel-Colovic

Laura Flessel-Colovic est une très grande sportive afro-caribéenne originaire de la Guadeloupe et plus précisément une grande combattante spécialiste de l’épée, son arme favorite. C’est l’un des fleurons de l’histoire de l’escrime française.

Double championne olympique et déjà 6 fois championne du monde, elle s’apprête à plus de 35 ans, à enrichir son palmarès d’une nouvelle médaille à l’occasion des JO de Pékin en 2008 (Bay’ adan Laura ! [1]).

Mère de famille comblée (elle a su allier à merveille vie de famille et sport de haut niveau), elle fait aujourd’hui partie du Team Lagardère Paris Racing. C’est à elle que nous dédions cet article qui dévoile l’origine africaine de sa discipline, ce qui fait d’elle, une grande continuatrice de la tradition martiale négro-africaine.

1- Le mythe grec des Jeux olympiques

Les Jeux Olympiques (ou JO) désignent une vaste compétition internationale organisée tous les 4 ans et qui regroupe diverses disciplines et de nombreux athlètes. Scindée en «  Jeux olympiques d’été » depuis 1896 et en « Jeux olympiques d’hiver » depuis 1924, cette compétition valorisée par le Baron Pierre de Coubertin à la fin du XIXème siècle a pour devise « citius, altius, fortius.. » , Plus vite, plus haut, plus fort... [2]

Grèce antique : compétition sportive de lutte

Pour beaucoup, l’origine de cette compétition puise ses sources en Grèce en 776 avant l’ère chrétienne. La première compétition, à savoir les jeux d’Olympie, fut dit-on organisée par Iphitos, roi d’Elide. Ainsi, nous devons à Pausanias le récit suivant : « Iphitos, descendant d’Oxylos, et contemporain de Lycurgue, qui donna des lois à Lacédémone, fit célébrer des jeux à Olympie, renouvela les fêtes olympiques et la trêve dont l’usage avait cessé ». [3]

L’unique épreuve de ces premiers jeux, à savoir une course à pied dont les athlètes étaient totalement nus, fut remportée Coroebos, un jeune sportif qui était aussi cuisinier.

Néanmoins, pour trouver les véritables racines historiques de ces jeux d’Olympie, il faut revenir en Afrique noire (civilisation égypto-nubienne), lieu où les Grecs ont puisé cette idée. Nous aurons l’occasion d’y revenir plus en détails, cependant il faut savoir que :

- L’escrime fut introduite dans les compétitions grecques en référence aux récits d’Homère (l’Iliade). Or Hérodote et Diodore de Sicile ont démontré qu’Homère avait séjourné en Égypte et y avait puisé de nombreux éléments pour ses récits. [4]

- Les Grecs ont vu pour la première fois des compétitions sportives en Egypte. Par exemple l’apparition des « Palestres » en Grèce (ancêtre des gymnases où l’on pratiquait de nombreux sports, tels la lutte, le saut, la course…) est un emprunt direct de l’Afrique ancienne. Ainsi, Diodore de Sicile confirme d’une part, que l’africain Djehuty (appelé Thot par les Grecs) fut l’inventeur de la palestre [5] et d’autre part, que les égyptiens anciens étaient d’origine négro-africaine. Il est d’ailleurs significatif que ces deux informations capitales soient souvent passées sous silence par les historiens actuels.

- Il y aussi des fresques murales égyptiennes qui dévoilent les nombreux sports et compétitions existants (natation, concours de javelots, tir à l’arc, lutte, course, course d’obstacles, course de chars, hockey sur gazon, handball, gymnastique, haltérophilie, équitation, danse hip hop …) en Afrique noire bien avant l’apparition de la Grèce antique (ex. Fresques murales du tombeau de Béni Hassan vers 2000 avant l’ère chrétienne). Ces sports étaient pratiqués notamment par les soldats de l’armée africaine antique.

Compétition de lutte sportive, Afrique ancienne, Beni Hassan

- Enfin, pharaon devait lors de son jubilé, prouver qu’il était en bonne santé en effectuant au pas de course, le tour d’un temple (fête de sed). Il pouvait être remplacé, par de jeunes soldats, pour pallier à un âge avancé. D’autre part, une compétition d’athlétisme entre Memphis et l’oasis du Fayoum (Allé et retour, 2 fois 50 km²) était organisée sous la XXVème dynastie, soit vers 700 avant l’ère chrétienne. Les coureurs mettaient environ huit heures pour effectuer ce trajet (il ne faut donc pas s’étonner que la première épreuve des jeux d’Olympie fut aussi une course).

Compétition de lutte sportive africaine

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Références bibliographiques:

[1] Vas-y Laura !

[2] Le Baron a en fait emprunté cette devise latine à son ami l’abbé Didon, qui l’avait utilisé en 1891.

[3] Cf. Pausanias, Description de la Grèce, (V, 4, 5).

[4] Cf. Les racines africaines de la civilisation européenne, JP Omotunde, éd. Menaibuc.

[5] Cf. Diodore de Sicile, Livre I

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