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Françafrique : Sarkozy " recupère " l’héritage de Chirac.
COURRIER D’ABIDJAN
Hotep ! voici un article du site le COURRIER D’ABIDJAN , redigé par le frere Theophile KOUAMOUO
Françafrique : Sarkozy " recupère " l’héritage de Chirac.
"Paroles, paroles, paroles...", chantait la mythique Dalida. Son refrain est toujours d’actualité, du moins en ce qui concerne les relations entre les dirigeants français et l’Afrique. A l’occasion de la campagne électorale en vue de la présidentielle dont le premier tour se tiendra le 22 avril [nb :aujourd’hui le premier tour est passé] , on les a entendus rivaliser de propos hargneux sur la Françafrique.

- Blé Goudé, un des cauchemards de la France
Parmi eux, Nicolas Sarkozy qui s’est posé en avocat de la "rupture" dans les relations entre l’Hexagone et ses anciennes colonies. Lors d’un voyage à Cotonou, le 19 mai 2006, il s’était érigé en adversaire des pratiques chiraquiennes, raillant ceux qui pensent que la démocratie "n’est pas faite pour les Africains", glorifiant "les trois alternances réussies" du Bénin, "quartier latin" du continent. "Il nous faut nous débarrasser des réseaux d’un autre temps", tonnait-il.
Certains Africains se sont laissés séduire. Elu, Sarkozy mettrait à mort les "circuits officieux qui ont fait tant de mal dans le passé". Menteries que tout cela ! Et il fallait regarder le journal de la Radio télévision gabonaise pour en avoir la confirmation éclatante.

- Chirac, personnage central de la Françafrique
Qui sait qu’Omar Bongo Ondimba, doyen de la Françafrique, était en "visite privée" en France à la fin du mois de mars ? Qu’il a reçu, dans sa résidence parisienne, trois célébrités de la politique française (Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin et François Bayrou). Les deux premiers ont réussi à merveille leur exercice d’"aplaventrisme" dans leurs déclarations d’après-audience. Nicolas Sarkozy , qui était flanqué de Claude Guéant, son directeur de campagne, a susurré : "J’ai écouté les conseils du président Bongo qui a une grande expérience diplomatique. Je lui ai expliqué comment se passait la campagne. J’ai recueilli ses sentiments d’amitié qui sont pour moi très importants. Je l’ai assuré également de mon amitié pour l’Afrique, de mon intérêt pour l’Afrique et de ma fidélité pour l’Afrique ".
Dominique de Villepin , qui ne sera pas candidat (cette année, du moins, précise le commentateur de la RTG), évoque son "plaisir de revoir le président Bongo", les "liens très profonds d’amitié entre le président Chirac et le président Bongo, les liens avec la France qui sont très anciens" . Avec le président gabonais, il a fait, nous dit-il, "le point sur les grands dossiers africains", notamment le Darfour et la "situation plutôt favorable de la Côte d’Ivoire". "La sagesse du président Bongo est toujours importante pour la diplomatie française", a-t-il proclamé, laudateur. Puis il a signifié sa "profonde fidélité à l’Afrique", qu’il défendra "quoiqu’il arrive et en toutes circonstances", lui qui y est d’ailleurs né.
Quant à François Bayrou, visiblement mal à l’aise, il a dit, très bref : "J’ai été très heureux de cette rencontre. C’est une rencontre personnelle et de respect". Même s’il a été le moins emphatique, il a perdu beaucoup de crédit et sa virginité dans le regard de ceux qui le voyaient en possible "exécuteur" d’une pieuvre françafricaine jusque-là gérée par les gaullistes et les socialistes.

- Les bienfaits de la Françafrique !
Le petit ballet chez le père Bongo montre que la Françafrique n’a pas capitulé, malgré les déclarations hypocrites. Aller assurer de sa "fidélité" en cachette (les médias français n’étaient pas conviés) un président ultracorrompu, patron reconnu de la Mafiafrique , qu’on flatte avec des propos louangeurs sur sa "sagesse", tout cela loin de son pays riche en pétrole et pauvre de tout, n’est-ce donc pas une pratique classique des "réseaux d’un autre temps" contre lesquels le Sarkozy de Cotonou comptait aller en guerre ?
Les campagnes électorales coûtent cher en France. Omar Bongo le sait et est sans doute venu à Paris comme le "roi nègre" Kankan Moussa allait jadis à la Mecque : couvert d’or. En tout cas, le président gabonais est effectivement un homme d’expérience. Au moment où tous les candidats à la présidentielle française admonestaient la Françafrique, il disait, sûr de son fait : "Sans doute que Sarkozy, qui est un ami, rectifiera le tir au moment opportun". Bingo Bongo !

Blog de Theophile KOUAMOUO : www.kouamouo.afrikblog.com
Note d’Africamaat : « Françafrique, qu’attends-tu pour foutre le camp de notre continent bien-aimé !? »
Aucune.
Commentaires
- 30/10/2007 10:21 par roger
- 16/08/2007 05:58 par BlackSuperNova
- 26/07/2007 09:55 par françois
- 16/06/2007 17:00 par awa
- 1er/06/2007 12:49 par BSDL
- 11/05/2007 14:45 par
- 7/05/2007 21:17 par muntudu
- 6/05/2007 22:51 par Aton
- 29/04/2007 22:54 par St-Ralph
- 28/04/2007 20:01 par
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