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Découvrez le mois de l’Afrique en Guadeloupe en février

par Jean-Philippe Omotunde © africamaat.com

 Publié le 17 juin 2005

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Happy birthday : Africamaat a 2 ans !

Surprise... le site africamaat a officiellement deux ans. Que de chemin parcouru depuis sa création. Jean Philippe Omotunde et Sylvia Mbocké, dressent pour nous un tableau synthétique de l’expérience acquise.

Happy birthday : Africamaat a 2 ans !

Sylvia M’BOCKE : Bonjour... Quel plaisir de vous recevoir ici sur le stand Menaibuc dans le cadre de la Foire de Paris, Jean Philippe Omotunde, pour parler des deux ans d’africamaat.com. C’est donc l’heure des bilans et des projections pour l’avenir, j’imagine. Aussi, pour entamer notre discussion, j’aimerais savoir ce qui vous a vraiment poussé à créer ce site ?

Jean Philippe OMOTUNDE : Bonjour Sylvia...En fait, il y a deux ans, la présentation de l’histoire africaine et panafricaine dans le cadre de la vision du professeur Cheikh Anta Diop était quasiment inexistante sur le net francophone. C’était le désert total, contrairement au net anglophone, en raison du dynamisme historiographique des Africains-Américains. Il nous fallait donc réagir et c’est exactement cela que nous avons fait avec Abdoulaye, René-Louis, Pierre et Moi.

SM : Le site africamaat.com ne laisse personne indifférent car on sent bien la saveur d’un militantisme affirmé à travers une démarche historiographique volontairement scientifique. Dans le fond, quelle est la nature du combat de l’équipe de chercheurs qui anime le site ?

JPO : A notre humble avis, le Monde Noir doit impérativement durant ce 3ème millénaire, renouer avec ses "Humanités Classiques Africaines". Les grands peuples maîtrisent leurs humanités classiques, les Chinois, les Européens, les Japonais, les Indous, etc... Leurs références culturelles, scientifiques, technologiques, philosophiques et spirituelles sont centrées sur les réalisations et inventions de leurs ancêtres, qu’ils valorisent tous les jours dans un cadre pédagogique. A cause de notre aliénation culturelle qui découle des agressions coloniales dont nous avons été victimes, nos références classiques et spirituelles sont totalement étrangères à notre essence profonde parce que nous pensons, comme le dit le professeur africain-américain Asa Hilliard III, que dans notre histoire, il n’y a pas de matériaux intellectuels suffisamment valorisants, capables de nous permettre de bâtir un puissant corpus pédagogique, destiné à éduquer positivement nos jeunes générations kamites. Cela fait que nous restons sous la tutelle intellectuelle d’autres peuples qui élaborent pour nous nos programmes scolaires, nos mythes et croyances religieuses sans oublier nos pseudo-politiques de développement économique, cela au total détriment de nos propres intérêts. Regardez par exemple, comment certains Noirs parlent de Platon, de Pythagore, de Thalès mais ignorent totalement le nom de leurs professeurs nègres à Kemet (l’Egypte ancienne). Qui est le plus important pour nous ? L’élève grec ou le maître africain ?

SM : J’ai noté sur ce sujet que vous revenez souvent sur la falsification de l’histoire africaine. Le professeur René Louis Etilé fait par exemple souvent des articles mettant en relief les traductions erronées des textes anciens qui abordent précisément la question de l’origine africaine des Egyptiens anciens. C’est une prise de conscience du public que vous attendez ?

JPO : Il y a déjà très longtemps que l’historiographie eurocentriste ne traite plus de l’Histoire africaine mais s’adonne plutôt à l’idéologie romantique de l’histoire africaine à la sauce coloniale pour entretenir les complexes de supériorité des occidentaux et renforcer les complexes d’infériorité de la jeunesse panafricaine. Aujourd’hui, on menace même « amicalement » les étudiants panafricains qui souhaitent ouvertement remettre en question les canons de l’eurocentricité. C’est à ce prix que le débat universitaire est étouffé en France contrairement aux USA où il existe des Départements d’Etudes Africaines avec des enseignants qui forcent les tenants de l’eurocentricité à monter sur le ring de la science pour dévoiler au grand jour l’existence du catalogue de ruses et astuces falsificatrices qu’ils utilisent tous les jours, lorsqu’il s’agit de l’histoire africaine. Si Cheikh Anta Diop avait courbé l’échine, son nom n’aurait pas marqué l’histoire. Voilà pourquoi je crois que René Louis à raison en disant que le courage plus que le niveau d’études, sera déterminant pour la renaissance africaine. Personnellement, il m’arrive d’être profondément attristé en lisant certains mémoires d’étudiants panafricains qui ont délibérément accepté de falsifier l’histoire de leurs propres ancêtres pour un bout de papier. Avec une telle attitude, on restera encore mentalement durant des siècles sur les plantations à couper de la canne !

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