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par Lawoetey-Pierre AJAVON © africamaat.com

Enseignant-Chercheur (Cayenne) en Histoire et Anthropologie, Docteur d’Etat en Lettres et Sciences Humaines

Ses ouvrages :
- Traite et Esclavage des Noirs : Quelle responsabilité Africaine ?


Son dernier article: Immigration jetable : les négriers (...)
 Publié le 20 juin 2006

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Hommage à Cheikh Anta Diop : Figure emblématique de la conscience historique nègre.

Hommage à Cheikh Anta Diop : Figure emblématique de la conscience historique nègre.

Hasard du calendrier ? Pratiquement 20 ans jour pour jour après la disparition du savant sénégalais Cheikh Anta DIOP le 4 février 1986, l’Etat français par la voix du président CHIRAC, décide par une double action symbolique (« suppression » de l’article 4 de la loi du 23 février 2005 sur « le rôle positif de la colonisation », et institutionnalisation de la date du 10 mai pour la commémoration officielle de l’esclavage), de réparer la mémoire historique des peuples issus de l’esclavage et de la colonisation.

Au-delà de la reconnaissance des souffrances innommables subies par nos Ancêtres, de la réhabilitation de leur mémoire ainsi que de leurs luttes libératrices, quel bel hommage posthume rendu au grand panafricaniste Cheikh Anta DIOP !

En effet, sous toutes les latitudes (en Afrique, en Europe, en Amérique, dans les Caraïbes), cet homme de science, historien et égyptologue, fut à l’avant-garde et à la pointe de tous les combats afin de restituer aux Négro-africains leur histoire si longtemps falsifiée.

Or, cette simple et évidente vérité qu’il tentait de démontrer avec une rigueur scientifique ne fut pas du goût de tout le monde ; la civilisation de l’Egypte était nègre mais, comme elle a prodigieusement contribué à l’essor de l’humanité en lui léguant l’écriture, les mathématiques, la science physique, la chimie, la rhétorique, la dialectique ..., ses thèses valurent à l’érudit sénégalais le rejet de son doctorat soutenu à la Sorbonne en 1953 et intitulé « Nations Nègres et Cultures ». CESAIRE dira plus tard de cette œuvre qu’elle fut probablement la plus ambitieuse écrite par un Nègre.

Dès lors, Cheikh Anta DIOP saisit très tôt l’importance des enjeux politiques et scientifiques de l’histoire négro-africaine qu’il réintégra dans le vaste champ universel en la soumettant au crible des sciences humaines telles que la sociologie, l’anthropologie, la philosophie, la linguistique, etc. Aussi recommandait-il aux chercheurs africains et à ceux de la diaspora : « Armez-vous de science jusqu’aux dents et allez arracher des mains des usurpateurs le bien culturel de l’Afrique dont nous avons été si longtemps frustrés : Ces savants ont démérité, car ils ont enseigné sciemment des contrevérités et sont retombés au rang de vulgaires idéologues qui, sous une apparente sérénité scientifique, se livrent à des agressions culturelles ... »

Ces propos plus que prémonitoires du savant peuvent être analysés à l’aune de l’actualité brûlante où révisionnistes et négationnistes de tout acabit, drapés dans leurs toges « d’historiens officiels et hommes de science », tentent vainement d’élaborer leurs thèses négrophobes contre les Africains et leurs descendants.

Or, de plus en plus, de l’Afrique aux Amériques en passant par les Caraïbes, les fondements idéologiques de Cheikh Anta DIOP sont revendiqués au nom de l’Unité des peuples négro-africains. C’est sans doute l’objet de l’inquiétude de certains « africanistes » eurocentristes.

Qui a écrit récemment que « le jour où les peuples nègres seront unis, cela fera mal »  ?

Article paru dans le quotidien FRANCE GUYANE du 04/02/2006

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