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par admin ©

 Publié le 24 août 2006

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Il y a dix ans, l’évacuation de l’église Saint-Bernard

Le 23 août 1996, les forces de l’ordre ouvraient à coups de hache l’église où s’étaient refugiés 300 sans-papiers.

Il y a dix ans, l’évacuation de l’église Saint-Bernard


- Nouvel Obs : 23/08/06

Il y a 10 ans jour pour jour, les gendarmes mobiles ouvraient à coups de hache la porte de l’église parisienne Saint-Bernard, le 23 août 1996 au matin, et en évacuaient de force 300 sans-papiers dont le mouvement allait aboutir à des milliers de régularisations.

Deux mois auparavant, le 28 juin 1996, trois cents Africains, qui avaient occupé par surprise l’église Saint-Ambroise (XIe) le 18 mars, puis différents lieux de la capitale dont ils étaient à chaque fois expulsés, étaient entrés dans l’église Saint-Bernard, au coeur d’un quartier populaire du XVIIIe.

Ces immigrés d’origine principalement malienne et sénégalaise demandaient leur régularisation au nom de leur longue présence en France. Beaucoup avaient des enfants nés en France et n’étaient pas expulsables.

Une dizaine d’hommes ont entamé une grève de la faim. Le grand public s’est ému, des personnalités, notamment Emmanuelle Béart, ont proposé leur médiation. Plus d’une centaine de régularisations étaient accordées par le ministère de l’Intérieur (Jean-Louis Debré est alors le patron de la place Beauvau) mais les "Saint-Bernard" restaient solidaires.

Reconduits ou incarcérés

L’intervention musclée des forces de l’ordre du 23 août va laisser des traces dans l’opinion et susciter une polémique contre le gouvernement d’Alain Juppé. Après l’évacuation, quelques sans-papiers ont été reconduits dans leur pays, d’où ils reviendront clandestinement pour la plupart, d’autres sont incarcérés, puis relâchés. La mobilisation s’est alors poursuivie. A l’issue de plusieurs mois de manifestations et de pétitions, une circulaire du gouvernement de Lionel Jospin, arrivé au pouvoir en juin 1997, a permis la régularisation de 87.000 à 100.000 étrangers en situation irrégulière, selon le bilan de l’Institut national d’études démographiques (Ined), sur 140.000 dossiers déposés.

"Les choses n’ont pas changé"

Pour Hamady Camara, ancien porte-parole des grévistes de la faim de Saint-Bernard qui demandaient, déjà, leur régularisation, le constat est amer : "les choses n’ont pas changé, a-t-il dit mercredi au cours d’une conférence de presse organisée devant l’église Saint-Bernard, dans le 18ème arrondissement à Paris.

Jean-Louis Debré (ndlr : alors ministre de l’Intérieur) est aujourd’hui président de l’Assemblée Nationale, et nous, les pauvres, les immigrés, nous demandons toujours des papiers".

"Cachan, ça nous rappelle bien sûr Saint-Bernard : la même violence et ces ministres qui disent ’nous ne faisons que notre devoir’", a ajouté Hamady Camara.

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