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Découvrez le nouvel espace Menaibuc à Paris

par Sylvia M’Bocké ©


Son dernier article: Histoire de l’Esclavage : (...)
 Publié le 13 juin 2007

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Interview de Salomon Mezepo, responsable du colloque Menaibuc 2007

Le 4ème colloque International Kamit Menaibuc est prévu pour très bientôt, aussi j’ai souhaité vous faire découvrir les motivations de l’organisateur de cet événement.

Interview de Salomon Mezepo, responsable du colloque Menaibuc 2007

Certains restent quelques fois dans l’ombre de l’histoire et pourtant sans eux, il n’y aurait tout simplement pas d’histoire.

Salomon MEZEPO, dit Imhotep est de ceux-là. Enseignant spécialisé et architecte DPLG de formation (d’où le lien avec l’architecte kamit Imhotep, le célèbre 1er Ministre du roi Djoser), il a souhaité vivre pleinement sa passion pour la promotion de l’histoire et de la culture panafricaine en devenant membre fondateur de Menaibuc, d’Africamaat et de la revue Afrik@raïbe. Initiateur du Kemmiou Tour (voyages Kamits sur des lieux de mémoire tel l’Egypte), notre Imhotep des temps modernes est également à l’origine du Menaibuc International Kamit Meeting (Colloque International Menaibuc) dont la session 2007 doit se dérouler les 6, 7,8 juillet 2007 à Paris. Plus prompt à mettre en avant les auteurs, les chercheurs et les égyptologues panafricains, qu’à véritablement se mettre en avant, j’ai réussi néanmoins à le faire parler de lui, pour nous permettre de comprendre l’origine du dynamisme dont il fait preuve, en dépit des nombreux aléas de la vie parisienne.

Sylvia M’Bocké : Salomon Mezepo bonjour ! En 2004 vous avez souhaité réunir près d’une trentaine de spécialistes panafricains (Afrique, Amérique, Caraïbes, Europe) le temps d’un colloque, pour parler d’histoire et de culture panafricaine. C’était à l’époque une démarche novatrice, ambitieuse et difficile à matérialiser, qu’elles étaient vos motivations vis-à-vis de la jeunesse panafricaine ?

Salomon Mezepo : Bonjour Sylvia, comme vous le dites, jeter les bases d’un tel projet n’a pas été chose facile. Mais pour moi, il était important d’offrir enfin à nos chercheurs une vraie plateforme d’expression publique. D’où le fait que ce colloque annuel ait pour vocation de promouvoir leurs divers travaux (histoire, culture, économie...), mais aussi de permettre aux jeunes de découvrir de nombreux aspects peu médiatisés de l’histoire et de la culture africaine, de rencontrer des spécialistes internationaux que bien souvent on ne connaît que de nom et enfin d’initier des échanges intergénérationnels, internationaux, transafricains et panafricains fructueux et pour dynamiser la recherche africaine qui reste fidèle à l’esprit des travaux initiés par Cheikh Anta Diop.

C’est aussi pour moi, une possibilité offerte de réconcilier l’africain avec lui-même en valorisant sa dimension universelle à travers la connaissance de sa continuité historique, de l’antiquité à nos jours. Mais aussi, d’envisager des solutions nouvelles à nos problèmes, reposant sur l’expérience de nos ancêtres et de stimuler le Génie Africain.

S. M’Bocké : Donc, cette année 2007, vous organisez les 6, 7 et 8 juillet à Paris, la 4ème édition du Colloque International Menaibuc. Etes-vous satisfait du chemin que vous avez parcouru depuis sa création ?

S. Mezepo : Je suis mal placé pour juger de la satisfaction ou non vis-à-vis du chemin parcouru, par contre, j’ai su conserver toujours le même enthousiasme, la même ferveur des débuts. Mais il convient de dire que c’est un travail d’équipe où chacun assure sa mission et cela prouve que les aventures individuelles ne sont pas incompatibles avec les aventures collectives.

Je tiens d’ailleurs à remercier la trentaine de bénévoles qui nous aide chaque année à matérialiser ce projet. Vous, savez, Menaibuc est une structure associative composée que de bénévoles qui oeuvrent pour faire découvrir le monde panafricain hors des stéréotypes convenus en occident. Notre seule subvention c’est le public à travers l’achat des ouvrages et les contributions lors des conférences.

Nous osons penser que progressivement, la confiance et la conscience en soi suscités par les initiatives que nous prenons, contribueront à générer des initiatives économiques indispensables au soutien des manifestations collectives que nous proposons tout au long de l’année.

S. M’Bocké : Vous retenez chaque année le principe de faire découvrir au public, les travaux de chercheurs, panafricains ou non, localisés dans certaines régions du globe. L’an dernier, c’était le cas avec l’Amérique Latine. Pourquoi avez-vous retenu une telle démarche ?

S. Mezepo : La diaspora africaine est présente sur tous les continents et fait face à finalement aux mêmes problèmes : le manque de conscience, de connaissances historiographiques, de transmission de valeurs africaines dans la cellule familiale, la frustration de ne pas être reconnu par les autres et le fait d’être souvent victimes des barrières artificielles (injustices sociales, discriminations, racismes...). Notre démarche vise donc à créer une dynamique panafricaine sur les idées, la réflexion et l’action.

Voilà pourquoi nous insistons sur le fait qu’aucune frontière ne doit empêcher cette unité du monde panafricain et que chacun se doit d’apporter sa pierre à l’édifice.

La présence des chercheurs universitaires d’Amérique Latine et la découverte de leurs contributions historiographiques, nous éclairent sur les questions spécifiques de notre diaspora et participent à cette démarche de nous réconcilier avec nous même pour envisager ensemble, des réponses adaptées à nos préoccupations, sans complexe et sans arrogance. C’est ainsi que cette année, outre l’Argentine, nous aurons Cuba et le Vénézuéla avec notamment l’expérience d’Hugo Chavez. Je formule néanmoins le vœux d’avoir prochainement des représentants de la diaspora d’Asie, à notre rendez-vous annuel.

S. M’Bocké : Ce colloque génère une certaine agitation, probablement puérile chez certains dans la communauté, avec notamment des tentatives de sabotages divers et même l’organisation d’un contre colloque d’envergure moindre. Est-ce cela vous inquiète ? Que doit-on penser ?

S. Mezepo : Vous savez Sylvia, toute aventure suscite toujours des controverses fondées ou non. Dans notre cas, celles-ci demeurent incompréhensibles, surtout de la part de ceux qui sont censés en être les partenaires naturels. Je veux bien respecter les états d’âme des uns et des autres mais je me refuse d’engager toute polémique stérile avec qui que se soit. Notre souhait est de contribuer à l’éveil des nôtres, à la structuration d’un travail sur le long terme et cela en dépit des faibles moyens dont nous disposons. Car nous voulons susciter :

  la confiance et la conscience de soi par la connaissance et non l’émotion et l’ignorance,
  le désir d’entreprendre dans tous les domaines (édition, restauration, babillement, patrimoine, éducation...),
  le désir d’apprendre (sur soi, sur l’humanité, notre environnement, etc..),

Ce travail requiert la mise en pratique d’un esprit de dynamique collective et un certain sens des responsabilités face à l’histoire. C’est le seul colloque panafricain fédérateur qui permet de faire découvrir les travaux des uns et des autres, sans exclusive et on peut être surpris de trouver des gens qui proposent des contre colloques aux mêmes dates avec des invités qui souvent découvrent leur nom sur des communiqués sans jamais avoir été contactés.

Tout comme la liberté d’agir n’est pas incompatible avec un certain esprit de lucidité et de discernement, le dialogue direct est souvent nécessaire pour lever les ambiguïtés, éviter les animosités et privilégier l’unité. Au-delà, le public doit probablement rester vigilant en soutenant les initiatives qu’il juge pertinentes et en contribuant à leur promotion. Vous savez, en dehors de ce genre d’initiative panafricaine, il n’y aura point de progrès pour nous tous.

S. M’Bocké : Cette année le thème central du colloque concerne la philosophie et la spiritualité africaine, sujet au combien délicat. Pourquoi avoir fait un tel choix ?

S. Mezepo : Le questionnement identitaire et la recherche de repères historiques sont des choses que nous constatons tous les jours chez les jeunes et les moins jeunes panafricains.

Au sens large, on constate que même en occident, les peuples sont en quête d’une philosophie nouvelle, plus respectueuse de l’humain et de la biodiversité. On le sait maintenant, l’humanité est née en Afrique et y a vécu pendant des milliers d’années en parfaite harmonie avec les diverses composantes de la nature. Nous devons donc réexaminer nos valeurs humaines, philosophiques et spirituelles ancestrales pour mieux cerner les idéaux qui animaient nos ancêtres glorieux de la vallée du Nil.

La spiritualité africaine antique reste la mère matricielle de toutes les spiritualités actuelles. Cette vérité, beaucoup l’admette aujourd’hui, après l’avoir méthodiquement étudié. A ce titre, l’Afrique reste une source d’inspiration pour tous les peuples qui ont oublié la vraie valeur de la sagesse. C’est précisément ce que dit l’égyptologue Frantz Schwarz lorsqu’il écrit que la « sagesse égyptienne devrait féconder et inspirer le présent et le futur de nos sociétés occidentales ». [1] Ces valeurs africaines antiques sont à même de nous permettre de construire un monde nouveau, où les actes de destruction de la vie sous toutes ses formes (pollution, chasse intempestive, exploitation irréfléchie de la nature...) cèderont le pas à la réflexion sur le bien-être réel des futures générations à travers le monde.

S. M’Bocké : Cela nous donne vraiment envie de participer à votre colloque prévu les 6, 7 et 8 juillet prochain. Pour réserver sa place que doit-on faire ?

S. Mezepo : C’est très simple, sur le site menaibuc.com, vous avez la possibilité de réserver dès aujourd’hui votre place et donc de soutenir l’organisation de cet événement. A ce titre, nous remercions tous ceux qui ont déjà accompli cet acte de réservation sur notre site sans oublier ceux qui relaient l’information auprès de leurs proches.

S. M’Bocké : Merci, Mr Mezepo et rendez vous au colloque....

S. Mezepo : Merci à vous, Sylvia, Hotep !

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Références bibliographiques:

[1] Cf. Initiation aux livres des morts égyptiens, éd. Albin Michel.

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