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par René-Louis Parfait Etilé © africamaat.com
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JOSEPH ZOBEL s’est éteint
Euzhan Palcy a rendu hommage lundi à l’écrivain Joseph Zobel
Le romancier et poète martiniquais Joseph Zobel s’est éteint le samedi 17 juin 2006 à l’hôpital d’Alès dans le Gard, à l’âge de 91 ans. Il est devenu célèbre grâce à son roman "La rue Cases-Nègres", porté à l’écran par la réalisatrice de génie Euzhan Palcy qui avait obtenu le Lion d’Argent à la Mostra de Venise en 1982 pour son adaptation à l’écran de ce roman. Né à Rivière-Salée, dans le Sud de la Martinique en 1915, d’une famille très modeste, Zobel publie son premier roman, Diab’la, en 1942. Le livre est interdit par les représentants de Vichy en Martinique. Marié et père de trois enfants, Joseph ZOBEL quitte la Martinique pour la France en 1946. Il s’installe à Fontainebleau, où il enseigne an Lycée François Ier, en même temps qu’il suit des cours de littérature, d’art dramatique et d’ethnologie. C’est à cette époque qu’il découvre la France rurale et en particulier le Gard.

- Joseph Zobel au Salon du Livre de Paris, 24 mars 2002
- photo © Alfred Largange
La réalisatrice martiniquaise Euzhan Palcy a rendu hommage lundi à l’écrivain Joseph Zobel en le qualifiant de « Pagnol » martiniquais .
« J’aimerais que les générations à venir quand elles recherchent la Martinique authentique qu’elles se replongent dans tout ce qu’il a écrit, car Zobel c’est une mine d’or » , a déclaré la cinéaste dans une interview à RCI-Martinique. « Je dis que Zobel, c’est le peintre du petit peuple » de la Martinique, a-t-elle ajouté. « C’est vraiment un personnage extrêmement important et une figure illustre de notre culture. Je pense qu’il nous laisse une œuvre riche et authentique » , a-t-elle encore indiqué.
L’annonce de sa disparition a suscité une forte émotion en Martinique où la classe politique a salué « un grand serviteur des Arts de nos sociétés » et « un de ses fils les plus authentiques » .

- Euzhan Palcy
En 1915, les champs de canne couvrent la majeure partie de « l’Ile aux fleurs ». Au lendemain de l’abolition, la Martinique se cherche et tente de rentrer de plein-pied dans la modernité. A Rivière-Salée, dans le Sud de la Martinique, Joseph Zobel naît au sein d’une famille modeste.
Débuts difficiles
La vie quotidienne est rude, rythmée par le travail dans les exploitations de canne à sucre. Ces débuts difficiles marqueront à jamais le petit Joseph. Ses parents veulent qu’il soit « quelqu’un », qu’il réussisse sa vie. Aussi l’encouragent-ils vivement à étudier. Grâce aux sacrifices de sa famille, et notamment de sa grand-mère, le jeune Joseph effectue de brillantes études jusqu’au baccalauréat. En 1941, en pleine guerre mondiale, la lointaine métropole, alors sous le régime de Vichy du maréchal Pétain, dépêche sur l’île l’amiral Robert. S’ouvre alors une longue période de répression et de privation pour l’île. Une époque que les Martiniquais ont appelé « Antan Robè ».
Premières nouvelles
Durant cette période, Joseph Zobel écrit ses premières nouvelles. Lui qui rêvait d’aller à Paris met ses aspirations de côté. Il regarde et observe alors son monde, son univers qu’il aime et connaît bien. Il pense à le décrire : la dureté de la vie aux champs dans la société colonialiste, les fins de mois difficiles, mais aussi les bons moments de la vie simple, empreints d’une chaleur humaine inaltérable. Le public se reconnaît dans ses écrits, les nouvelles deviennent un succès. Nombre de lecteurs, dont Aimé Césaire, l’encouragent à écrire un roman.
Scandale
Joseph Zobel s’éxécute avec Diab’la, publié au lendemain de la guerre en 1946. A travers le quotidien difficile d’un paysan qui se rebelle contre sa condition d’exploité, l’ouvrage jette un nouveau regard sur le quotidien des Antillais et réclame justice face au système colonial qui étouffe ses citoyens. L’auteur fait mouche et le scandale éclate : dès son apparition, le roman est censuré par les autorités. Il ne sera publié de nouveau que plusieurs années plus tard.
Rue Cases-Nègres
Souvenez-vous... Parmi les petits négrillons qui sillonnent la célèbre « rue Cases-Nègres », le petit José Bassam guette le retour de Man Tine, perdue dans le flot des travailleurs agricoles de retour des plantations... En 1950, Joseph Zobel entre au panthéon des grandes figures de la littérature antillaise avec la publication de La rue Cases-Nègres. Dans ce roman autobiographique, l’auteur dresse un portrait réaliste de la Martinique des années 30 à travers le regard du petit José, qui partage la case de sa grand-mère Man Tine. En 1983, la réalisatrice martiniquaise Euzhan Palcy redécouvre cette œuvre majeure de la littérature antillaise et l’adapte au cinéma dans un long-métrage du même nom. Le film est plébiscité et remporte dix-sept prix internationaux.

- Rue Cases-Nègres
- Le FILM
Afrique
En 1957, Joseph Zobel se rend en Afrique et s’installe au Sénégal. Il occupe divers postes dans l’enseignement et produit également des émissions éducatives et culturelles pour la radio du Sénégal. Ces émissions sont suivies par les auditeurs de toute l’Afrique de l’Ouest francophone. A la fin des années 70, Joseph Zobel revient en France et se fixe dans les Cévennes. Outre la littérature, le poète se passionne pour la sculpture, le dessin et l’art floral japonais. Le 17 juin 2006, le petit garçon de Rivière-Salée, qui a marqué de son empreinte la littérature antillaise et française, s’éteint à 91 ans, à l’hôpital d’Alès.
Bibliographie
. Le soleil m’a dit..., Editions Ibis Rouge, Paris, 2003
. Gertal et autres nouvelles, Editions Ibis Rouge, Paris, 2003
. D’amour et de silence, Ed. Prosveta, Paris, 1994
. Diab’la , Nouvelles Editions Latines, Paris, réed. 1991.
. Mas Badara, Nouvelles Editions Latines, Paris, 1983
. Et si la mer n’était pas bleue, Ed. Caribéennes, 1982
. Les mains pleines d’oiseaux, Editions latines, Paris, 1978
. La rue Cases Nègres, Présence africaine, Paris, 1950
Site Web :
http://martinique.rfo.fr/article19.html http://membres.lycos.fr/fdl/Zobel.htm http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/paroles/zobel.html http://www.ibisrouge.fr/auteur.php ?id=113 http://www.seniorplanet.fr/sp.fr.php ?id=3968&action=article&id_cat=350&page=1
Aucune.
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