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par Jean-Philippe Omotunde © africamaat.com

 Publié le 29 janvier 2008

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Kenya : Annan demande de faire des choix douloureux

L’ancien Secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, médiateur dans la crise post-électorale au Kenya, a demandé au président Mwai Kibaki et à son opposant, Raila Odinga, d’accepter "de faire des choix difficiles autour d’une table de négociation, dans l’intérêt de la paix".

Kenya : Annan demande de faire des choix douloureux

M. Annan, qui est à la tête d’une équipe de médiation de l’Union africaine (UA), a expliqué, samedi, que le temps était venu, pour les deux hommes, de faire des choix douloureux, les priant de faire passer l’intérêt de leur pays avant toute autre considération.

Le président Kibaki avait été déclaré élu à l’issue des élections controversées du 27 décembre dernier, dont le résultat a été rejeté par Odinga, du Mouvement démocratique Orange (ODM).

Raila Odinga a estimé que l’élection présidentielle, dont les observateurs internationaux pensent qu’elle a donné lieu à de graves irrégularités, a été truquée en faveur de Kibaki.

La question a été davantage compliquée par l’aveu du président de la très décriée Commission électorale du Kenya (ECK), Samuel Mutua, qui affirme ne même pas être certain de la victoire de Kibaki.

Il s’en est suivi les pires violences post-électorales de toute l’histoire du Kenya, qui ont causé la mort de quelque 700 personnes et détruit les maisons de 255.000 personnes.

Kofi Annan est à la tête de l’équipe de personnalités éminentes dépêchée par l’UA. Le reste de l’équipe comprend l’ancien président de la Tanzanie, Benjamin Mkapa et l’ancienne Première dame du Mozambique, Graça Machel, aujourd’hui épouse de l’ancien chef d’Etat d’Afrique du Sud, Nelson Mandela.

S’exprimant à Nairobi, à l’issue d’une visite dans les camps abritant les personnes déplacées, dans l’ouest du Kenya, Annan, qui est visiblement perturbé par ce qu’il avait vu, a affirmé que même si les négociations se poursuivent "le président Kibaki et M. Odinga doivent accepter de faire des choix douloureux pour construire un pays fort et viable".

Odinga, 63 ans, ingénieur en mécanique et entrepreneur, fils de l’ancien premier vice-président du Kenya et combattant de la liberté, le défunt Jaramogi Oginga Odinga, a annoncé qu’il avait remporté les élections, exigeant du président Kibaki qu’il quitte le pouvoir.

Il a depuis mis un bémol à ses revendications, appelant aujourd’hui à la formation d’un gouvernement intérimaire qui ouvrirait la voie à de nouvelles élections.

Il se dit également prêt à participer à un gouvernement de partage du pouvoir dès lors qu’un accord sera conclu dans ce sens, en présence de médiateurs internationaux dirigés par Annan.

Kibaki et Odinga, qui avaient été convoqués autour de la table de négociation par Kofi Annan, jeudi dernier, après trois semaines d’impasse, ont accepté de dialoguer.

Cependant, il y a des craintes au Kenya que certains collaborateurs de Kibaki s’opposent à ces pourparlers et fassent tout pour les faire capoter.

Emu par le spectacle des souffrances des Kenyans innocents, devenus aujourd’hui des personnes déplacées dans leur propre pays, Kofi Annan a fustigé la destruction anarchique des biens, les assassinats et les flagrants abus des doits humains perpétrés par les personnes à l’origine de la situation de chaos.

Il a également plaidé pour que les auteurs des actes de violence soient arrêtés et traduits en justice.

Kofi Annan a aussi souligné que la crise résulte de l’élection, tout en expliquant qu’elle allait cependant bien au-delà du scrutin.

"La crise a évolué en passant d’une situation de conflit électoral à des problèmes beaucoup plus profonds et porteurs d’un risque élevé de répétition", a-t-il indiqué.

"Nous devons prendre en charge les problèmes fondamentaux qui sous-tendent les perturbations, comme la distribution équitable des ressources, sinon nous risquons de nous retrouver encore ici dans trois ou quatre ans", a déclaré Kofi Annan, qui a par la suite rencontré le président Kibaki au Palais de la République, à Nairobi.

L’ancien Secrétaire général de l’ONU, qui multiplie les efforts pour restaurer la paix dans ce pays de 33 millions d’habitants, a rencontré presque tous les acteurs, notamment Kibaki et Odinga, les chefs religieux, les associations de la Société civile et la lauréate du Prix Nobel de la Paix, le Professeur Wangari Mathai.

On apprend que 20 personnes, qui avaient trouvé refuge dimanche dans une maison de Naivasha, à 90 km à l’ouest de Nairobi, pour échapper à leurs agresseurs, ont été brûlées vives.

Toujours dimanche, l’Armée a dû se joindre à la Police et aux personnels d’un établissement carcéral voisin pour restaurer l’ordre et démanteler les barrages routiers illégaux qui entravaient la circulation.

Nairobi - 28/01/2008

Panapress

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