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Colloque International Kamit Menaibuc 2010

par Jean-Philippe Omotunde © africamaat.com

 Publié le 10 septembre 2006

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L’eurocentrisme se fourvoie dans l’escroquerie intellectuelle

Démocrite rattrapé par la vérité historique...

L’eurocentrisme se fourvoie dans l’escroquerie intellectuelle

Sur le site cyrberscol.qc [1], Vanessa Gagnon et M.-E. D en parfaits hypocrites, nous dressent l’éloge eurocentriste suivante du philosophe Grec Démocrite.

« Démocrite était un grand philosophe et géomètre de la Grèce antique. Il naquit à Abdère en l’an -460 et vécut très longtemps. Il a fait plusieurs voyages à travers différents pays. Il visita la Perse, l’Égypte ainsi que l’Inde et l’Éthiopie.

À Athènes, il approfondit ses connaissances mathématiques, qui devaient être considérables, car par la suite, on disait de lui qu’il surpassait les géomètres égyptiens. Démocrite était surnommé « Sagesse ».

Selon Diogène, il aurait écrit des ouvrages sur l’éthique, les mathématiques, la musique et les arts. Démocrite était un disciple de Leucippe. Leucippe, qui serait probablement venu au monde à Milet vers l’an -500, avait eu comme maître Parménide et Zénon ».

Comme on le constate, l’escroquerie est définitivement devenue la marque de fabrique de l’historiographie occidentale.

-  La vérité historique rattrape Démocrite

Démocrite d’Abdère (vers 460/370 avant notre ère) qui est né donc à Abdère (nom d’une ville de l’ancienne Thrace sur la mer égée) est surnommé l’Artistote du Vème siècle, en raison de ses grandes connaissances, qu’il n’avait cependant pas du tout acquises à Athènes [2].

Comment peut-on d’ailleurs écrire des mensonges aussi grotesques que celui-ci : « À Athènes, il approfondit ses connaissances mathématiques, qui devaient être considérables, car par la suite, on disait de lui qu’il surpassait les géomètres égyptiens ».

C’est probablement par prétention voire même pour masquer un certain complexe d’infériorité que nous retrouvons régulièrement dans de nombreux récits occidentaux des phrases du type « Il avait acquis ses connaissances en Grèce » ou encore " Son savoir surpassait les savants de l’Egypte".

- Athènes : une cité peuplée à l’origine d’incultes

Le professeur Jean Pierre Vernant, qui a apprécié honnêtement l’ensemble de la documentation historique de l’antiquité, atteste qu’au : [3]

"Début du VIème siècle avant J. C., la pensée astronomique en Grèce ne repose pas encore sur une longue suite d’observations et d’expériences (...)

Elle ne s’appuie pas sur une tradition scientifique établie (...) Dans la Grèce archaïque, il n’y a pas encore de sciences constituées".

Donc à Athènes à cette époque, il n’existait point de sciences. Ce n’est que par leur fréquentation des savants de l’Afrique noire, de l’Orient, de l’Asie et de l’Inde, que les Grecs ont été initiés à la civilisation (ex. L’écriture grecque n’est pas le fruit du génie grec).

L’attitude réfractaire des Grecs vis à vis des sciences de l’esprit était d’ailleurs connue dans l’antiquité. Cette protestation de l’historien antique Flavius Josèphe le prouve : [4] :

"Les Grecs n’ont pas dès l’origine tenu des annales officielles (...) L’insouciance des Grecs depuis l’origine, à consigner chaque événement dans les annales officielles, voilà surtout ce qui causa les erreurs et autorisa les mensonges de ceux qui plus tard voulurent écrire sur l’antiquité (...)

Car non seulement chez les autres Grecs on négligea de rédiger des annales mais même chez les Athéniens, qu’on dit autochtones et soucieux d’instruction, on trouve que rien de semblable n’a existé, et leurs plus anciens documents publics sont, à ce qu’on dit, les lois sur le meurtre rédigées pour eux par Dracon, personnage qui a vécu peu avant la tyrannie de Pisistrate. Que dire, en effet, des Arcadiens qui vantent l’ancienneté de leur race ? C’est à peine si plus tard encore ils apprirent l’écriture (...)

Le pays de Grèce a essuyé mille catastrophes qui ont effacé le souvenir des évènements passés et à mesure qu’ils instituaient de nouvelles civilisations, les hommes de chaque époque croyaient que toute chose commençait avec la leur ; c’est tardivement aussi et difficilement qu’il connurent l’écriture ; en tout cas ceux qui veulent en reculer l’usage le plus loin se flattent de l’avoir apprise des Phéniciens et de Cadmos (...)

Nulle part en Grèce on ne trouve de récit plus ancien que la poésie d’Homère".

- Les sources nègres du savoir de Démocrite

Plusieurs lettrés Grecs ont affirmé que notre fameux Démocrite avait en réalité fréquenté les universités africaines de la période pharaonique où sous l’autorité des prêtres, il avait reçu pendant plusieurs années, une initiation aux disciplines scientifiques (géométrie, astronomie...).

Parmi ceux-ci nous pouvons citer Diogène Laërce (poète et doxographe grec, déb. du IIIe siècle), mais aussi Démétrius et Anthistène qui furent des contemporains de Démocrite.

A ce titre, je vous laisse apprécier la déposition de Diogène Laërce [5] : Démétrius et Anthistène affirment, le premier dans les « Homonymies », le second dans les « Successions » que celui-ci (Démocrite) quitta son pays et qu’il se rendit en Egypte auprès des prêtres pour apprendre la géométrie, en Perse auprès des Chaldéens (d’ascendance africaine selon Diodore de Sicile) et qu’il se rendit vers la mer Erythrée ».

Donc Démocrite se rendit en fait chez les savants nègres d’Egypte, d’Indes (Dravidiens) de Perse (Chaldéens) et d’Ethiopie pour acquérir son savoir, voilà ce que nos compères eurocentristes cherchent à masquer.

Achevons les avec Diels [6], qui confirme encore ces faits en précisant que : « Démocrite d’Abdère, fils de Damasippe, s’étant entretenu avec de nombreux gymnosophistes aux Indes et avec les prêtres en Egypte, ainsi qu’avec les astrologues et les mages à Babylone ».

Que la Renaissance Africaine soit !

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Références bibliographiques:

[1] http://mendeleiev.cyberscol.qc.ca/carrefour/rescol99/atome-1.html

[2] Théophile Obenga, L’Egypte, la Grèce et l’école d’Alexandrie, éd Khepera, l’Harmattan.

[3] "Mythes et pensée chez les Grecs" - éd. La découverte

[4] Cf. Contre Apion

[5] Livre IX, 36

[6] 55, A40 - d’après Hippolyte

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