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par Sylvia M’Bocké ©
Son dernier article: Incohérence des choix stratégiques (...)
LA SOCIETE RENAULT : RACISME & DISCRIMINATIONS !
LAURENT GABAROUM POURSUIT LA SOCIETE RENAULT S.A.S. DEVANT LE CONSEIL DES PRUD’HOMMES DE PARIS LE MERCREDI 08 DECEMBRE 2004 A 09 H 00 POUR DISCRIMINATION RACIALE AU TRAVAIL
Le mercredi 08 décembre 2004, à 09 heures, le Conseil des Prud’hommes de Paris examine en audience de départage la plainte déposée par Laurent GABAROUM contre la société RENAULT S.A.S pour discrimination raciale au travail.
Français d’origine tchadienne, Monsieur Laurent GABAROUM est cadre à la Direction Commerciale de RENAULT S.A.S.
Après avoir mené des études au CANADA, Monsieur Laurent GABAROUM est arrivé en FRANCE, comme étudiant, en 1973.
Le 15 juillet 1975, pour subvenir à ses frais d’études, Monsieur Laurent GABAROUM a été engagé, en contrat à durée indéterminée, par la REGIE NATIONALE DES USINES RENAULT, en qualité d’APR - agent productif RENAULT, catégorie B.
Il a été affecté à la surveillance de nuit du siège social situé à BOULOGNE BILLANCOURT, ce qui lui permettait en parallèle de son travail, qu’il effectuait sans aucune difficulté, de poursuivre ses études universitaires en droit et en économie.
Titulaire de nombreux diplômes de l’enseignement supérieur, Monsieur Laurent GABAROUM est docteur en droit.
En avril 1982, en reconnaissance de ses diplômes de troisième cycle, Monsieur Laurent GABAROUM a reçu, de RENAULT la promesse d’une promotion au statut de Cadre.
Quelques mois plus tard, la mise en œuvre de cette promesse a rapidement tourné au cauchemar sur fond de préjugés xénophobes et racistes : faux-fuyants, mensonges et stratégies d’évitement habituelles ont été servis à Laurent GABAROUM.
Maintenu dans une situation de blocage à un poste ne correspondant aucunement à ses compétences, Monsieur Laurent GABAROUM n’a reçu aucune justification motivée lui indiquant la raison objective pour laquelle il était maintenu à un poste pour lequel il était assurément surqualifié, de même qu’il est resté dans l’ignorance de la raison pour laquelle RENAULT reniait sa promesse initiale.
En revanche, lors d’entretiens en « tête-à-tête » dans les bureaux de la Direction des Ressources Humaines, il s’est heurté régulièrement à des propos racistes, prononcés oralement, sans rapport avec son activité professionnelle.
Le 1er janvier 1985, Monsieur Laurent GABAROUM a été néanmoins promu Cadre, grâce à l’intervention du Président Directeur Général de RENAULT de l’époque, Monsieur Bernard HANON, qui l’avait rencontré et avait considéré sa situation inadmissible.
Premier Noir à être parvenu aussi haut dans l’appareil de gestion des Cadres de la Direction du Personnel du groupe Renault, Laurent GABAROUM a été affecté, sans poste titularisé, au « service du personnel non affecté ». Il a été ensuite chargé de la mise à jour de la base du système de gestion du personnel, puis de la mise en place d’une bourse de l’emploi pour les Ingénieurs et Cadres du Groupe RENAULT.
Très rapidement, Laurent GABAROUM s’est heurté à un irascible rejet et à des virulents écarts de langage à connotation racistes de la part de sa hiérarchie et de ses collègues qui ne tolèrent pas qu’un Noir puisse se prévaloir de la nationalité française sous prétexte que « la poule n’a jamais pondu d’œufs noirs ».
Devant la multiplication des actes de discrimination raciale, Monsieur Laurent GABAROUM a décidé de réagir et a écrit à l’Association Mouvement Contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP) pour lui faire-part de sa situation.
Dans le même temps, la Régie NATIONALE DES USINES RENAULT a été l’objet d’un plan de restructuration qui manque de peu d’embarquer Monsieur GABAROUM au motif qu’il n’y a aucune raison de garantir des emplois aux « blacks » et aux « beurs » alors que des Français de souche sont au chômage ou encore que « la poule n’a jamais pondu d’œufs noirs.
Monsieur Laurent GABAROUM a ainsi eu la stupéfaction de se voir proposer la généreuse somme de 150.000 Francs « d’aide au retour au pays », alors qu’il est né français au moment où le Tchad était une colonie française, que son frère a été Député de la République française à partir de 1945 et que son père a été décoré le 5 octobre 1949, de la Légion d’Honneur par le général de GAULLE pour faits de résistance à l’occupation nazie.
Face à cette situation, Monsieur Laurent GABAROUM a été contraint d’entamer un « jeûne pour la dignité » le 22 octobre 1986 avec le soutien de tous les syndicats de RENAULT, afin d’attirer l’attention de l’opinion publique sur la réalité de la discrimination raciale au travail affichée et assumée par une entreprise nationale.
Ce « jeûne pour la dignité » a permis à Monsieur Laurent GABAROUM de gagner enfin le droit d’être reconnu comme membre à part entière de l’encadrement de RENAULT.
Malheureusement, il n’était pas au bout des difficultés, bien au contraire.
Pendant quatre ans, après le « jeûne pour la dignité » RENAULT lui a imposé un détachement pour effectuer diverses missions en Afrique.
L’« expulsion » de fait de ce Français, appelée pudiquement « stage de longue durée », a conduit Monsieur Laurent GABAROUM au Cameroun où il était chargé du négoce international pour le compte de la société SCOA, un ancien comptoir colonial dédié à l’activité d’import-export dont l’histoire se confond avec celle de la colonisation française de l’Afrique noire.
En avril 1987, le bilan d’étape du détachement prévu par l’accord de fin de conflit, a fait état des compétences professionnelles reconnues de Monsieur Laurent GABAROUM.
En avril 1989, le comité de suivi du détachement a confirmé ce jugement favorable et a qualifié de très bons les résultats obtenus par Monsieur Laurent GABAROUM aussi bien à la Société SCOA qu’à RENAULT CAMEROUN.
Le 1er janvier 1991 après avoir fait ses preuves sur le terrain en situation de test pendant cinq ans, Monsieur Laurent GABAROUM a enfin été titularisé au poste d’Attaché de communication auprès de la Direction Après Vente.
Depuis cette date, la carrière de Laurent GABAROUM a été prise en otage et ses demandes de mobilité professionnelle ont été systématiquement rejetées sans aucune motivation.
Maintenu dans une position statutaire scandaleuse avec un salaire dérisoire, Monsieur Laurent GABAROUM a écrit, en 1998, des lettres au PDG de RENAULT, au Président de la République, au Premier Ministre, au Ministre de l’Emploi et de la Solidarité, à des députés, pour dénoncer de nouveau le comportement discriminatoire de RENAULT.
Le 3 juillet 2000, après des années de « placard » et de diabolisation d’une férocité et d’une mesquinerie sans égale, Monsieur Laurent GABAROUM a enfin été nommé, à la fonction de chargé de mission auprès du Directeur de la Direction des Ventes Spéciales Exportation.
Toutefois, cette promotion n’a visé qu’à cacher l’affectation de Monsieur Laurent GABAROUM à une fonction sans réelle mission.
En effet, si des objectifs lui ont été définis sur le papier chaque année, en réalité, cela ne correspondait à aucune action concrète et mesurable permettant d’occuper les compétences professionnelles d’un cadre.
C’est dans ce contexte que Monsieur Laurent GABAROUM a décidé de saisir le Conseil des Prud’hommes de Paris pour faire constater la discrimination dont il est l’objet.
Cette action en justice interpelle tous ceux qui sont attachés à l’égalité des droits, au principe de non-discrimination et d’égalité des chances, à la promotion des qualifications et des compétences sans considération d’ordre racial.
Cette initiative vise à dénoncer les mécanismes de l’apartheid social qui touche particulièrement les Français issus de l’immigration. Elle doit contribuer à faire condamner les principes d’organisation du travail, de management basés sur des critères ethniques, raciaux, ségrégatifs considérés trop longtemps comme normaux car issus de l’héritage d’un passé révolu, l’industrie automobile, et RENAULT en particulier, ayant entretenu et développé ces pratiques durant des années.
Laurent GABAROUM fait la preuve de la situation discriminatoire par des éléments de faits versés aux débats : grille de rémunération, courbe de carrière, articles de presse, correspondance, notes, compte-rendus d’entretiens annuels d’évaluation, liste indicative de salariés bénéficiant de privilèges de promotion au statut de cadre...
Ces documents sont de nature à permettre au Conseil de Prud’hommes de Paris de forger sa conviction, en toute sérénité, sur la réalité de la discrimination dans le travail véhiculée par des théories héritées des siècles d’obscurantisme. Ils permettent, enfin, d’opposer le cas de Laurent GABAROUM à celui de ses collègues d’origine européenne à situation comparable, à niveau bac + 7, au sein de la fonction Personnel.
Laurent GABAROUM vous invite à s’approprier son combat en s’attaquant à la discrimination raciale à l’emploi qui constitue le terreau sur lequel prospère ,le refus de l’égalité.
Aucune.
Commentaires
- 8/10/2010 03:00 par NCKO
- 22/05/2008 15:33 par melts
- 6/06/2007 12:27 par Najm
- 1er/05/2007 21:54 par fatima
- 19/12/2006 14:33 par Thierry BADJECK
- 25/10/2006 12:21 par
- 15/09/2006 22:17 par doumam
- 5/06/2006 13:43 par CHAKA
- 25/02/2006 13:28 par less
- 29/12/2005 23:57 par KIMIA92
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