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par Abdoulaye Camara ©

 Publié le 11 mars 2007

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LES ETUDES EGYPTO-NUBIENNES : OBJETS, PROBLEMES, ENJEUX : PAR LE PR. THEOPHILE OBENGA

CONFÉRENCE-DÉBAT DU 13 DÉCEMBRE 2003 À PARIS - FRANCE

LES ETUDES EGYPTO-NUBIENNES : OBJETS, PROBLEMES, ENJEUX : PAR LE PR. THEOPHILE OBENGA

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Commençons par bien fixer ou délimiter le lieu d’où nous allons parler, de quoi allons-nous parler et pourquoi une telle entreprise, ce qui inclut déjà le comment. En d’autres termes, y’a-t-il un motif nécessaire pour une telle prise de parole ? Le motif est-il lui-même justifié de façon urgente ?

En termes plus clairs encore : ne faut-il pas se contenter de statu quo au lieu de remuer ce qui ne l’exige pas, c’est-à-dire, l’ordre qui règne depuis des siècles sur le monde noir.

Précisément, c’est ça qu’il faut tâcher de comprendre, c’est-à-dire, d’analyser, les études égypto-nubiennes n’étant qu’un paradigme illustratif.

C’est quoi ? De quoi s’agit-il ? Quel est le problème ? Le problème est assez singulier, à la vérité. Cheikh Anta Diop est le premier africain, sous les temps contemporains, à avoir identifié ce problème assez singulier qu’il a désigné sur le concept de "falsification historique par l’occident".

Le problème assez singulier dont il s’agit, c’est la découverte d’un genre particulier de connaissance élaborée par l’Europe entière, depuis au moins le XVIème siècle, et qui perdure encore de nos jours, au sujet de l’Afrique noire, de ses peuples, de leur histoire, de leurs civilisations, de leurs langues.

Le chercheur européen a cultivé l’omniscience à propos de l’Afrique. Il connait tout, sans hésitation, sans hypothèse, avec une arrogance incroyable. Il est expert en tout. Il connaît parfaitement les systèmes de parenté, les institutions, politiques, les spiritualités initiatiques, les psychologies, les mentalités, les arts, les danses, les musiques, les langues, les philosophies, etc...

Cette omniscience africaniste est garantie, soutenue et protégée, de tout temps, en Europe, par les plus grands intellectuels et par les institutions scientifiques, académiques, universitaires.

Bien entendu, cette prétention africaniste à l’omniscience a produit un paradigme de vérité. C’est-à-dire que l’africaniste est un technicien parfait qui ne connaît que la vérité, qui ne dit que la vérité, qui ne reconstruit que des schémas explicatifs vrais. D’omniscient, l’africaniste devient tout autant un technicien omnipotent. Jamais un africaniste n’a reconnu qu’il s’est trompé. Et jamais un africaniste n’admettra une erreur d’analyse et de jugement, de sa part, à propos de telle ou telle réalité africaine.

C’est-à-dire que son attitude est foncièrement eurocentriste. Point de vérité en dehors de l’Européen et du chercheur européen intéressé à l’Afrique. L’Europe est le centre. Tout le reste du monde n’est que périphérie.

Le centre est civilisé, développé, la périphérie est non-civilisée et sous-développée. Le centre est l’humanité vraie. La périphérie est la sous-humanité. Le centre est intelligent, La périphérie non. Les idées africanistes, eurocentristes se sont cristallisées depuis des siècles, et enseignées comme telles, dans toute l’Europe.

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