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par Jean-Philippe Omotunde © africamaat.com

 Publié le 28 décembre 2009

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La Chanson de Roland : Vol au-dessus d’un nid d’idéologues racialistes !

Comment l’eurocentrisme réécrit l’histoire de France en zappant le Monde Noir des annales européennes

La Chanson de Roland : Vol au-dessus d’un nid d’idéologues racialistes !

Généralités...

La Chanson de Roland est le plus célèbre des poèmes de la tradition épique française remontant au Moyen Age, communément appelée « Chansons de Geste ».

Composé de 4002 vers décasyllabiques assonancés et structurés en laisses, il a été composé aux environs de 1100 de l’ère occidentale et retrace la mort de Roland (neveu de Charlemagne, l’un des plus célèbre héros français de l’époque Médiévale), les œuvres de leurs compagnons et les épopées du Roi Charlemagne (roi des Francs et des Lombards, 748-814).

Charlemagne, roi des Francs et des Lombards

Ce poème serait l’œuvre d’un certain Turoldus dont on ne sait pas grand-chose, si ce n’est que son nom figure en bas du texte en tant qu’auteur du poème (poème qu’il aurait aussi déclamé). Ce Turoldus rejoint sur un plan plus large, la tradition des grands Griots africains de l’empire Mandé qui autrefois, déclamait des vers dédiés à la gloire du roi Soundjata Keïta fondateur de l’empire du Mali au XIIIème siècle. Il convient néanmoins de noter que ces Griots, au regard des responsabilités qui leur incombaient (formation des princes et princesses, organisation des fêtes cérémonielles de l’Empire, diffusion des lois et décrets à travers l’empire, promotion de la mémoire et des actes du roi, etc…) étaient en réalité, bien plus que de simples musiciens.

Soundjata, la bataille de Kirina

Étrangement, c’est en Angleterre et plus exactement dans le manuscrit n°23 du fonds Digby de la bibliothèque bodléienne d’Oxford, que l’on a retrouvé cette évocation de l’histoire de France. Les vers ayant été notés dans la langue française qui se parlait en Angleterre vers l’an 1170.

1- La Chanson de Roland : l’histoire…

En l’an 778, le roi Charlemagne a victorieusement mené campagne en Espagne et seule la ville de Saragosse, tenue par un roi noir nommé Marsile, lui résiste. Ce roi Sarrasin désire que Charlemagne quitte la péninsule ibérique. Il lui envoie alors une ambassade, conformément aux conseils de Blancandrin, l’un de ses hommes, qui annonçait qu’il recevra le baptême si les Français retournent chez eux. Charlemagne décide alors de traiter avec Marsile.

Roland (neveu de Charlemagne), Olivier (dit le Sage) et Turpin (archevêque) sont volontaires pour aller négocier avec le roi Maure mais Charlemagne préfère envoyer le Baron Ganelon, le père adoptif de Roland, conformément à la proposition faite par Roland.

Ganelon fâché, invective Roland dont l’affection de Charlemagne pour ce dernier, indispose. Ganelon, tel un traite, décide alors de vendre Roland à Marsile, en lui livrant des informations clés sur l’armée de Charlemagne et en lui tendant un piège. Marsile accepta son offre.

A son retour, Ganelon fait tout pour que l’arrière garde de l’armée de Charlemagne soit sous la responsabilité de Roland. C’est alors que dans le col de Roncevaux dans les Pyrénées, Marsile surprend Roland, comme prévu. Touché dans son orgueil, Roland courageux mais inconscient, refuse par 3 fois de sonner l’Olifant (son Cor) pour prévenir Charlemagne, comme le lui suppliait Olivier.

Roland fut finalement prit au piège car Marsile est un fin limier. Sa résistance fut vaine et il mourra sous les coups de Marsile, son épée Durandal à la main, sans avoir pu la briser. Peu avant, il avait néanmoins fait sonner l’Olifant au point de se faire exploser la gorge, car prit de panique. Deux anges portèrent alors son âme au paradis, ajoute un texte, quelque peu flatteur.

Charlemagne, alerté mais retardé par Ganelon qui y voyait un simple malentendu, décide finalement de prendre la direction du col de Roncevaux où il ne peut que constater la mort de Roland.

La mort de Roland

Désireux de venger son neveu, Charlemagne affronte Marsile et parvient à le vaincre mais aussi à récupérer Saragosse. De retour à Aix, son lieu de résidence, il informe la fiancée de Roland de l’issue de la bataille et ne peut l’empêcher de mourir de chagrin. Quant à Ganelon le traite, il fut écartelé par 4 chevaux.

Supplice de Ganelon. Grandes Chroniques de France Paris, XIVe s. Bibliothèque Nationale de France

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