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par Sylvia M’Bocké ©
Son dernier article: Histoire de l’Esclavage : (...)
La revue Afrikaraïbes Mag rend hommage aux femmes noires pour son 3ème numéro
Revue panafricaine de vulgarisation de l’histoire scientifique du Monde Noir de l’antiquité à nos jours, la revue Afrik@raïbes à travers son troisième numéro, nous fait découvrir la femme noire sous d’autres facettes.
Lancée l’an dernier par les éditions Menaibuc, la publication Afrik@raibes mag en est à son troisième numéro. Saluée comme l’une des meilleures initiatives pour promouvoir la découverte de l’histoire scientifique du monde noir, cette publication a ravi des lecteurs qui ont découvert une nouvelle façon de s’informer sur le patrimoine historique de l’Afrique et sur ses legs à l’humanité.
Comme d’habitude, nous nous sommes donc adressés à Jean Philippe Omotunde pour découvrir ce nouveau numéro.

Africamaat : Bonjour Mr Omotunde. Vous sortez le 3ème numéro d’Afrik@raïbes mag et en cette journée internationale de la femme, nous constatons avec plaisir qu’il s’agit d’un numéro exclusivement consacré aux femmes noires. Est-ce un hasard ?
JPO : Bonjour... Non, nous avons voulu consacrer tout un numéro aux femmes noires car depuis l’antiquité africaine, elles ont accompli de grandes choses dans le domaine des sciences et il nous semblait important de leur rendre cet hommage en vulgarisant certaines de leurs grandes réalisations. Aussi, la sortie de ce numéro aujourd’hui, à l’occasion de la journée internationale dédiée aux femmes est effectivement un symbole fort.

- AMA MAZAMA LISANT AFRIK@RAÎBES MAG
Africamaat : Est-ce pour donner de nouveaux modèles aux jeunes filles que vous avez choisi de parler de la femme noire ?
JPO : Au-delà des jeunes filles noires, je pense que c’est l’ensemble de la jeunesse panafricaine qui a besoin de nouveaux modèles. Pour se fixer des objectifs, orienter sa vie, faire ses choix... on a tous besoins de modèles d’excellence pour aller de l’avant, sans jamais baisser les bras. J’ai mis par exemple l’accent sur le rêve d’enfance de Mae C. Jemison qui est cette femme noire qui fut astronaute à la NASA, car sans sa capacité de rêver, un enfant perd son âme d’enfant et n’a plus la possibilité de se bâtir un idéal. Est-il si difficile de comprendre que plus un modèle est proche du jeune, plus il a la possibilité de maximiser le phénomène d’identification, plus nous lui donnons les moyens de se construire sainement ?

- MAE C. JEMISON A LA NASA
Africamaat : Vous semblez faire référence à quelque chose ?
JPO : Oui... Les bibliothèques municipales sont des lieux de découvertes par excellence. Je me rappelle d’ailleurs toujours du temps que je passais dans la bibliothèque de Pointe à Pitre en Guadeloupe. J’ai donc adressé il y a près de 5 mois un courrier à toutes les bibliothèques de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Guyane et de la Réunion pour les inviter à s’abonner à la publication. Le résultat est édifiant. Seules deux bibliothèques de la Guyane se sont abonnées et ont fait la démarche de nous écrire. Qu’est ce que vous voulez que je vous dise ? Aujourd’hui un gars qui fait un clip vidéo avec des filles en maillot de bain a plus de chance que moi de toucher nos jeunes, voilà le fond du problème. Et tout autant que ce phénomène ne sera pas inversé, nous aboutirons aux situations dévoilées dans le film « Neg Marron ».

- LE PROFESSEUR LEONARD JEFFRIES
Africamaat : D’ailleurs même dans le film le besoin de se référer à des modèles est manifeste.
JPO : Effectivement... Sur le mur de leur chambre les jeunes avaient un poster du boxeur Ali. Ce qui prouve bien que ce besoin de se référer à des modèles proches d’eux est quasiment un réflexe naturel. Alors pourquoi, nous les adultes, nous rechignions autant à leur donner des modèles valorisant et laissons si facilement le show business leur en donner du type « gansta rap » ? Je lisais un article dans la presse rap qui expliquait qu’une nouvelle vague de clips vidéo vendus en DVD faisait un malheur. Dans ces clips, les filles noires sont nues ou quasiment nues. Un casting s’est déroulé à Paris pour ce type de production, et près de 200 filles se sont présentées. Moi à côté, j’ai l’impression de passer pour l’idiot du village !
Africamaat : Mais qui soutient votre publication ?
JPO : Les abonnés sont nos seuls sponsors et naturellement les éditions Menaibuc se chargent de publier la revue.
Africamaat : Et combien d’abonnés avez-vous après 9 mois de lancement ?
JPO : Nous en avons à peu près 160. Afrik@raïbes mag est une revue particulière dans laquelle il est question d’histoire et de sciences dans le monde noir. C’est donc une revue atypique dans laquelle on ne retrouve pas les schémas habituels du type photos de concours de Miss, interviews de stars du showbiz, résultats sportifs... Nos lecteurs sont dans l’ensemble très emballés par cette publication qu’ils apprécient énormément. Reste que le nombre d’abonnés est faible. Nous faisons plus de 3000 visites par jour sur ce site et nous recevons que 4 abonnements en moyenne par semaine. Il n’y a pas là quelque chose de surprenant ?
Africamaat : Cela veut dire que le public réagit peu ou que notre engagement demeurant verbal, n’est pas encore à la hauteur des enjeux du monde moderne ?
JPO : Je vais vous dire les choses franchement. Nous, animateurs de ce site, avons besoin d’être soutenu pour aller de l’avant. Nous remercier pour la qualité du site c’est bien, mais nous envoyer un chèque d’abonnement ou de soutien c’est mieux. Je préfère même ne recevoir aucune félicitation dans le livre d’or mais recevoir des centaines d’abonnements par semaine. Car là, je sais que nos jeunes auront une chance d’apprécier leur histoire autrement. J’encourage même les gens à acheter 20 à 50 publications pour les distribuer gratuitement aux jeunes autour d’eux. C’est aussi comme cela que l’on construira la Renaissance Africaine.
Africamaat : Quel est donc le prix de l’abonnement ?
JPO : Le coût de l’abonnement est de 20 euros pour 6 numéros. Mais vous pouvez vous rembourser votre abonnement en bénéficiant des 10 % de réduction sur vos achats d’ouvrages aux éditions Menaibuc, grâce au Club Menaibuc. Je glisse d’ailleurs un coupon d’abonnement à télécharger ici. Les personnes intéressées n’auront plus qu’à le renvoyer dûment rempli avec leur règlement, directement aux éditions Menaibuc.
Africamaat : Ce numéro 3 parait néanmoins avec un certain retard sur votre planning ?
JPO : Effectivement et je m’en excuse auprès de nos lecteurs. En fait, j’ai dû prendre du temps pour préparer un documentaire sur les inventeurs et les savants noirs qui a été diffusé sur toutes les stations TV de Fô (France Outre-mer anciennement RFO) dans l’émission B. World Connexion. Grâce à Lilian Thuram ce projet est passé du stade de rêve à la réalité en l’espace de 3 mois. Mais le nouveau lancement de ce site m’a aussi causé pas mal de soucis en raison des virus qui nous sont régulièrement adressés. On m’a détruit 3 ordinateurs et le numéro 3 que j’avais déjà entièrement terminé a été désintégré. J’ai dû tout recommencer depuis le début. En fait, je collecte les articles des auteurs, j’en écris aussi, je fais la mise en page, je prépare les images, je finalise la maquette, sans oublier le suivi avec l’imprimeur pour la fabrication. D’autres personnes m’aident pour la relecture. C’est donc un vrai chantier ! Dans l’ensemble, ce qui m’embête le plus, c’est la rapidité avec laquelle les dépenses en tout genre s’additionnent. Car, il m’a fallut revoir entièrement mon matériel informatique et heureusement que mon webmaster m’a été d’un grand secours.

- LE CHEIKH ANTA DIOP US : LE Dr. YOSEF A. BEN-JOCHANNAN
Africamaat : De quoi avez-vous parlé lors des deux numéros précédents ?
JPO : Le premier numéro mettait l’accent sur l’invention du zéro en mathématique en Afrique noire. Puis le deuxième numéro abordait les inventeurs et les savants du monde noir. Celui-là aborde les grandes réalisations faites par des femmes noires, de l’antiquité à nos jours. On continue donc sur notre lancée.
Africamaat : Pourquoi est-ci difficile de parler de ces sujets dans les ouvrages grand public nationaux ?
JPO : Il y a quelques années, nous avons écrit de nombreux courriers, rencontré de nombreux journalistes, montré une tonne de documents aux journaux et au TV et le résultat fut le suivant : Zéro ! Le journal "Le Point" a par exemple reçu un dossier complet sur les inventeurs et savants noirs. Ils ont fait un article ? Par contre, le moindre jeune qui vend un joint fait la Une des journaux. Cessons donc de penser que les autres vont nous aider à améliorer les choses et concentrons-nous sur nous-mêmes et pensons à l’intérêt de nos jeunes, le chantier est immense. On parle beaucoup dans notre communauté mais on soutient très peu financièrement les bonnes initiatives, il faut que cela change et vite. Les cartes Kwanzaa mis en vente sur ce site pour les fêtes de fin d’année, vous voulez que je vous dise le nombre de paquets de 10 cartes vendus : 2 soit 20 euros de recettes ! C’est extraordinaire.
Africamaat : Avez-vous autre chose à rajouter ?
JPO : Oui ! J’invite les quelques personnes qui n’ont pas reçu leur numéro 2 ou qui ont déménagé, à adresser un message à notre webmaster (sur webmaster@africamaat.com) en indiquant clairement leur nom, prénom et adresse complète afin que nous puissions vérifier ou modifier notre fichier. Car tous les numéros sont partis aux adresses laissées et il y a pourtant quelques-uns qui ne sont pas arrivés à destination. Enfin, aidez-nous dans nos initiatives car il en va de l’avenir de nos jeunes. Achetez massivement nos ouvrages (Obenga, Omotunde, Sall, Lam, Etilé, Nillon, Bilolo, Bwemba, etc...) car sans votre soutien la partie est perdue d’avance. Entre le guerrier et l’historien, c’est l’historien qui est le plus fort car c’est lui qui racontera l’histoire de la chasse. Mais sans moyens financiers l’historien n’est rien, à son tour. Cependant, si nous laissons des historiens mal intentionnés raconter nos histoires de chasse, nos enfants iront demain quémander de la nourriture au « Resto du cœur » ! Ce n’est malheureusement pas une plaisanterie !
Africamaat : Merci pour toutes ces bonnes paroles...
Aucune.
Commentaires
- 11/12/2006 19:20 par SYLO
- 5/10/2006 13:55 par
- 13/07/2006 14:32 par Lacides
- 15/05/2006 18:43 par louise
- 23/04/2006 17:01 par Tambux
- 12/04/2006 16:50 par mahdou
- 2/10/2005 17:18 par Stean
- 19/09/2005 18:46 par
- 26/07/2005 22:54 par guyzoducamer
- 11/05/2005 03:09 par Ichdèn
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