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Découvrez le mois de l’Afrique en Guadeloupe en février

par Jean-Philippe Omotunde © africamaat.com

 Publié le 14 juillet 2007

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Le 4éme colloque International Kamit Menaibuc 2007 fut exceptionnel

C’était l’événement kamit de l’année 2007 et il a tenu toutes ses promesses...

Le 4éme colloque International Kamit Menaibuc 2007 fut exceptionnel

Découvrez les photos du colloque 2007 sur menaibuc.com

La 4ème édition du Colloque International Kamit Menaibuc (Menaibuc International Kamit Meeting) qui s’est tenue les 6, 7 et 8 juillet dernier à Paris, a été riche en émotions.

Certes, le thème de cette année 2007, à savoir l’analyse de la vision philosophique et spirituelle de l’Afrique noire, aurait pu largement réfréner un public panafricain (Antilles, Afrique) déjà largement induit en erreur par des intérêts extra-africaines qui oeuvrent depuis des siècles, pour ternir l’image du continent au point d’en faire un « no man’s land » spirituel.

Mais si on en croit la très forte affluence et l’attention du public durant ces 3 jours, on en déduit que le désir de comprendre et d’apprécier à sa juste valeur, la vision philosophico-culturelle de nos ancêtres, a été bien plus forte que bon nombre d’appréhensions.

1- Généralités :

Comment pouvons-nous parler de Renaissance Africaine si l’image que nous avons de la pensée spirituelle de nos ancêtres est extrêmement négative ? Comment pouvons croire que le démiurge aurait sciemment ignoré l’Afrique noire, maudit ses premières créatures (comme le prétend entre autre, la Bible) et envoyé des prophètes qu’aux autres peuples ? N’y-a-t-il pas là les preuves d’une machination coloniale aux origines multiples et surtout sans limites ?

Les Textes Sacrés du peuple négro-africain dévoilent ses mythes fondateurs, ses valeurs philosophiques, spirituelles, culturelles et humaines et ses règles de conduite vis-à-vis du Créateur.

Au-delà, les textes des prophètes kamits (Djehuty, Kagemni, Ptahhotep...) définissent les rapports de l’homme à la femme, à ses semblables, à son environnement, conseillent les prières, les offrandes et le culte à rendre la divinité suprême.

Conçus vers 3 000 ans avant l’ère chrétienne, ces Textes Sacrés (à savoir les « Textes des Pyramides », les « Textes des Sarcophages », le « Livre de la vache du ciel », les « Formules pour la Sortie à la Lumière du Jour », etc, sans oublier les Textes de sagesse édictés par les prophètes de l’Afrique ancienne), devancent de plus de 2 000 ans ceux des trois religions actuelles dites monothéistes. Car, l’Ancien Testament fut finalisé vers le 3ème siècle avant l’ère chrétienne, le Nouveau Testament entre les années 50 et 60 après l’ère chrétienne et le Coran vers 650 après l’ère chrétienne. [1]

Par conséquent, le retard considérable de ces derniers textes, l’influence internationale de la sagesse égyptienne (mondialisation du culte d’Isis) et le fait que l’Égypte fut une terre d’accueil pour de nombreux peuples, expliquent facilement les nombreux emprunts opérés par les rédacteurs tardifs de ces trois ouvrages.

Au XIème siècle avant l’ère chrétienne, Tjekerbaal, roi phénicien de la ville de Byblos avouait par exemple au prêtre kamit Ounamon que : «  C’est d’Égypte qu’est sortie la sagesse divine pour atteindre les rives du pays où je vis  ». [2] La représentation artistique du dieu phénicien Baal est à ce titre, identique aux portraits des premiers rois civilisateurs kamits dit «  Shemsou Hor  » (Suivants d’Horus) que nous pouvons voir sur certaines stèles égypto-nubiennes. [3]

Le grec Diodore de Sicile, confirme cette primauté africaine en prenant à témoin, tous les historiens antiques. Pour ce dernier, les ancêtres des Égyptiens anciens, sont les réels initiateurs de l’humanité en matière de spiritualité [4] :

"Les historiens affirment aussi que c’est chez les Éthiopiens que, pour la première fois, on a enseigné à rendre un culte à Dieu (...)

La piété des Éthiopiens est réputée auprès de l’humanité entière et les sacrifices qu’ils offrent passent pour être les plus agréables à la puissance divine (...)

Les historiens disent aussi que la piété des Éthiopiens envers la divinité leur vaut à l’évidence la reconnaissance de Dieu".

Rédigé vers 2 100 avant l’ère chrétienne, l’Enseignement du pharaon Khety à son fils Mérikaré, a fait l’objet de toute évidence, de nombreux emprunts : «  Agis pour Dieu, fais toutes ces choses pour lui, afin qu’en retour il pourvoie les hommes. Car Dieu a fait le ciel et la terre à leur intention, il a calmé l’avidité des eaux, il a fait l’air pour donner le souffle à leurs narines, il les a crée à sa propre image  ».

Que dire encore des Textes de pyramides, qui plus de 1 500 ans avant Akhenaton ou Moïse, affirment de façon claire l’unicité de Dieu et son inaccessibilité à l’esprit humain. "Dieu Grand, dont le nom est inconnu..." :

- Les Textes des pyramides (formule 456) mentionne : "Salut à toi, l’Unique"

- Les Textes des Sarcophages, mentionnent : "Atum, son nom est l’Unique", "Dieu, l’Unique"

- Le Livre des Morts, chap.15, mentionne encore : "Toi, le seigneur ! Toi, l’Unique"

Enfin, en initiant l’idée de Maât, symbolisant la « Vérité/Justice/Harmonie » en toute chose, les Kamits ont légué à l’humanité une philosophie spirituelle qui aurait pu lui éviter bien des dérives. C’est précisément ce que sous-tend l’égyptologue Frantz Schwarz lorsqu’il écrit que la «  sagesse égyptienne devrait féconder et inspirer le présent et le futur de nos sociétés occidentales  ». [5]

Ainsi, le thème de ce 4ème Colloque, à savoir « La vision philosophique et spirituelle de l’Afrique Noire peut-elle éclairer l’humanité au 21ème siècle ? », avait pour objectif de nous interroger sur notre propre ignorance, nos propres réflexes et surtout de nous demander si les valeurs africaines antiques ne sont pas à même de permettre à l’Afrique d’effectuer sa Renaissance et à l’humanité, de retrouver justement, son... Humanité !

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LEONARD JEFFRIES ET DOUMBI FAKOLY EN COMPAGNIE DE DEUX PARTICIPANTS AU COLLOQUE

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Références bibliographiques:

[1] Ainsi, il a été démontré scientifiquement (grâce à l’archéologie) dans « La Bible dévoilée » , l’ouvrage de Israël Finkelstein et de Neil Asher Silberman que : « le noyau historique central du Pentateuque et de l’histoire deutéronomiste fut composé, dans ses grandes lignes, au cours du VIIe siècle av. J.-C.(...) La saga historique, que nous conte la Bible (...) ne doit rien à une quelconque révélation miraculeuse ; elle est le brillant produit de l’imagination humaine (...) la saga de l’Exode d’Israël hors d’Égypte n’est pas une vérité historique (...) Comme pour le récit de l’Exode, le Canaan que nous révèle l’archéologie diffère radicalement de celui que nous dépeint la Bible au moment présumé de la conquête (...) la situation générale de Canaan, sur le plan militaire et politique, tend à prouver qu’une invasion éclair de l’ensemble du territoire de la part de ce groupe eût été fort peu réaliste, voire extrêmement improbable (...) Les fouilles entreprises à Jérusalem n’ont apporté aucune preuve de la grandeur de la cité à l’époque de David et de Salomon ».

[2] Le texte se situe à la 19e année de règne du pharaon Ramsès XI, dixième et dernier roi de la XXe dynastie.

[3] ex. la palette du roi Narmer exposée au musée du Caire.

[4] Cf. Diodore de Sicile, Livre III

[5] Cf. Initiation aux livres des morts égyptiens, éd. Albin Michel.

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