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Découvrez le mois de l’Afrique en Guadeloupe en février

par Jean-Philippe Omotunde © africamaat.com

 Publié le 13 juillet 2011

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Le Colloque International Kamit Menaibuc 2011 restera dans les annales

Le 8ème colloque menaibuc, fut un vrai succès, grâce à vous.

Le Colloque International Kamit Menaibuc 2011 restera dans les annales

Hotep à tous,

Vous êtes venus nombreux de partout, d’Europe (Allemagne, Belgique, Suisse, Angleterre, Hollande, Italie…), d’Afrique (Togo, Cameroun, Sénégal, Mali, Congo, Bénin…), des Caraïbes (Guadeloupe, Martinique), de la Réunion, de Mayotte, de l’île Maurice et de l’hexagone (Paris IDF + province) et vous avez fait le déplacement, seul(e), entre amis, en couple ou en famille, à la Maison des Mines les 8, 9 et 10 juillet pour fêter la 8ème année du Colloque International Kamit Menaibuc et par la même, célébrer la mémoire de Marcus Garvey, à travers un hommage solennel rendu par le monde kamite.

Pourquoi un tel engouement pour ce colloque kamite ?

Tout a commencé en 2003. Une délégation des éd. Menaibuc avait été invitée à Philadelphie (USA) par le Pr Molefi Kete Asante [1], pour participer au Colloque International Annuel Cheikh Anta Diop de Philadelphie. Il s’agissait pour Salomon Mezepo de présenter l’activité d’édition d’ouvrages panafricains et pour JP Omotunde, de faire une intervention devant les ténors de l’Afrocentricité.

JP Omotunde à Philadelphie, 2003

Ce voyage, qui fut un vrai succès, dépassa alors nos attentes. Nous avons été émerveillés de voir cette ferveur pour la promotion du patrimoine intellectuel, culturel, économique, social et artistique africain, mais aussi pour l’Unité Panafricaine. Et là, nous nous sommes dit, pourquoi ne pas instituer une telle manifestation à Paris ? « Allez-y, on vous soutiendra », nous ont alors dit les frères et sœurs africains-américains. La chose n’était néanmoins, pas si simple.

Molefi Kete Asante

En 2004, le principe du Colloque International Kamit Menaibuc était finalement lancé en juillet, avec pour invités d’honneur, Molefi Kete Asante et son épouse. Cette première édition fut un vrai succès et tout le monde nous a encouragé à continuer. Maintenir annuellement une telle manifestation n’a pas toujours été facile, mais nous avons tenu bon et le cru 2011 fut, de l’aveu de tous, excellent.

Le colloque 2011 fut dédié à l’œuvre de Marcus Garvey

« Pour moi, c’était un peu comme les journées du patrimoine, mais en version africaine », nous a avoué Maryamon de Lomé (Togo) qui a participé cette année pour la première fois au MIKM (Menaibuc International Kamit Meeting). « Car, tout ce patrimoine scientifique, artistique et philosophique qui est le mien, je ne le connaissais pas » ! « Moi, j’ai beaucoup aimé la cérémonie d’ouverture du colloque avec les artistes comédiens qui ont interprété la scène liée à l’histoire de Ramsès II », avoue encore Sahourê de Fort de France (Martinique). « C’était saisissant ! ».

Pour Sankofa venu de Madrid, ce qui est marquant « c’est que le colloque valorise le monde panafricain et maintenant je comprends mieux, la portée humaniste et culturelle de la philosophie kamite ».

Au Programme…

Vendredi 8 juillet, en guide de cérémonie d’ouverture, le mot de bienvenu de Salomon Mezepo excusant son absence et celui de Julius Garvey, fut suivi de Ramsès et de Carlos Benewende qui nous ont proposé une scène théâtrale d’une rare intensité dédiée à Amon-Râ, retraçant certains épisodes de la vie de Ramsès II. Puis ce fut au tour d’Ama Mazama de rendre un hommage aux ancêtres aidé en cela par Kalamba Nsapo, auteur d’un dernier ouvrage « Y-a-t-il des Africains au ciel », publié aux éd. Menaibuc.

L’orchestration de la soirée revint alors à A. Mazama pour une conférence inaugurale dédiée à Marcus Garvey, le plus grand militant kamit du monde panafricain, en référence à son ouvrage de traduction de « Message au peuple », regroupant les réflexions de Marcus Garvey.

Puis samedi 9 juillet au matin, dans le cadre du panel « Education », si Cossi Gnangenon nous a présenté la syntaxe et la sémantique des noms et prénoms Fons du Bénin, Mari Bossou Okou a été elle aussi inspirée, en demandant au public de formuler les valeurs que nous aimerions tous transmettre aux enfants kamits. Sa démarche fut largement plébiscitée par le public.

Benewende Carlos recevant son diplôme kamit

Par la suite, Carlos Benewende, Gilbert Yana Yana, Claudine Hazaël et Ewan Lobe, réunit au sein du panel « Culture », nous ont enrichit de leurs analyses. La problématique du paradigme utilisé pour la création par C. Benewende, l’aliénation et l’auto-aliénation pour G. Yana, la notion d’esprit critique face à l’information médiatique pour C. Hazaël et enfin, la portée de la culture kamite, pour E. Lobe.

Ewan Lobe (à gauche) en pleine intervention

« Moi », analyse Maâty de Lyon, « j’ai compris cette histoire de paradigme intellectuel de la création artistique. Car si un artiste crée en Europe pour simplement divertir le public, en Afrique, son rôle est plutôt de magnifier l’harmonie qui règne dans la création, ce n’est pas la même chose ».

Mubabinge Bilolo recevant son diplôme kamit

Le panel « Philosophie » fut mit en orbite par Jean Charles Gomez qui en abordant l’œuvre de M. Garvey, tendit la perche à Mubabingue Bilolo qui lui replaça l’homme, dans l’histoire africaine contemporaine. Au fait, pourquoi Garvey est-il si peu connu en Afrique ?

Jean Charles C. Gomez à la tribune

Jean Fonkoué, nous proposa lui, une nouvelle lecture du rôle des mythes dans la société grecque et enfin, Baza Mata Agamaka, insista sur le rôle de la conférence de Berlin dans la déconstruction de l’Afrique et du mental des africains.

Baza Mata Agamaka à la tribune

Puis ce fut au tour de Jean Philippe Omotunde de faire observer, dans le panel réservé aux « Sciences », que la production du savoir dans le sud et particulièrement dans le monde panafricain, sous-estime trop le potentiel scientifique et l’histoire intellectuelle du sud. Le résultat est que les expériences humaines nordiques deviennent arbitrairement, des normes soi-disant « universelles ». Il fut suivit par un inventeur kamit de la Martinique, qui présenta l’une de ses inventions, un refroidisseur d’air.

Le panel « Spiritualité », animé par A. Mazama, Doumbi Fakoly et Kalemba Nsapo fut consacré à une relecture afrocentriste de la spiritualité kamite sous l’emprise de la logique universelle. Beaucoup de choses ont été dites par les missionnaires mais dans l’ensemble, il s’agissait essentiellement, à cette époque coloniale, de propagande et non pas de spiritualité.

L’Afrique, berceau de l’humanité, a toujours su qui était Dieu et les hommes qui y vivent, qu’on le veuille ou non, restent les plus proches de l’inspiration divine originelle !

Jean Jacques Seymour, profita du panel « Géopolitique » pour nous parler de la nouvelle donne que représente aujourd’hui le Brésil pour l’Afrique et Paul Heutching, à propos de la « Gouvernance », insista sur la notion d’éthique en matière de gouvernance. Ces interventions suscitèrent un débat très riche et décontracté avec le public.

C’est le moment de remercier, toute l’équipe qui s’est relayée à la restauration sous la houlette de Patricia, car nos papilles ont particulièrement apprécié, tous les plats africains qui nous ont été proposés durant les 3 jours, même en dehors des timing prévus initialement. Ceci, sans oublier notre merveilleuse équipe d’accueil habilement managée par Béatrice. Et puis William, notre agent de sécurité à l’entrée, Bobo, notre gestionnaire multimédia et enfin l’équipe d’organisation Menaibuc sans qui rien se serait possible, Sylvia tout d’abord que nous remercions particulièrement, Omotunde (au four et au moulin comme d’habitude) et Junior (chargé de normaliser le déroulement de l’événement).

Dimanche 10 juillet, 9h00 du matin, plus de 60 personnes se sont données rendez-vous au musée du Louvre pour découvrir les antiquités kamites en compagnie de JP Omotunde. Des adolescents venus fraichement de la Guadeloupe nous ont aussi rejoints. « Merveilleux », déclara Imana de Lille, qui avait retenu son dimanche matin pour cet événement. « C’est la première fois que je viens ici et je crois que je reviendrai avec mes enfants ».

JP Omotunde au musée du Louvre

Par la suite, l’après-midi fut particulier car le dernier panel consacré à « l’Economie » était intitulé « l’Afrique face au reste du monde ». Pascal Adjamagbo (qui insista sur la nécessité d’une électrification à grande échelle en Afrique), Etienne de Tayo (qui revint sur le comportement hautain du G8) et Jahi Kem (qui présenta la notion de « renseignement » à Kemet) firent des interventions remarquables, précédés en cela par Lascony qui fit le point de ses recherches terrains, sur la vie de Marcus Garvey.

Jahi Kem en intervention

Nji Mfenjou, Nicolas Agbohou, François Ndengwe et Yves E. Amaïzo mirent un point d’honneur à présenter au public les données géopolitiques actuelles (nature de la crise systémique en Europe, problématique ivoirienne et libyenne pour l’UA, données démographiques mondiales, émergence des BRIC’S, développement économique de l’Afrique, problématique du choix de mots kamites pour illustrer nos propos…) à la lueur du message de Marcus Garvey.

Yves Ekoué Amaïzo en intervention

Le Pr Nicolas Agbohou préparant son intervention

Après le moment de détente musical kamite proposé par Carlos Benewende et de ses musiciens, le dernier hommage aux anciens et au continent, tout le monde s’est donné rendez-vous, pour le 9ème Colloque International Kamite Menaibuc, les 6, 7 et 8 juillet 2012.

François Ndengwe

D’ici là, nous vous disons comme les anciens, «  Vie, Santé, Force » mais aussi « Unité, Paix et Invincibilité » !

Longue vie aux Kamits, Louange à Amon-Râ !

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Références bibliographiques:

[1] Le Pr M. Kete Asante est le Dt du Département d’African Studies de l’université de Temple et le créateur de l’Afrocentricité

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