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 Publié le 19 décembre 2005

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Le PS à côté de la plaque sur la question des Minorités !

Les Beurs du PS jugent la direction du parti trop timide (Article tiré du Monde).

Le PS à côté de la plaque sur la question des Minorités !

- LE MONDE | 19.12.05

Le mot "malaise" a ressurgi dans le vocabulaire des militants et cadres intermédiaires du Parti socialiste issus de l’immigration.

Il est le résultat d’une déconvenue : aucune place n’a été faite dans la nouvelle direction, pourtant pléthorique, issue du congrès du Mans pour un secrétaire national chargé de la lutte contre les discriminations. Tout un symbole, pour certains.

Pis, le dossier de l’égalité des chances, confié à Faouzi Lamdaoui, a été rattaché à la mondialisation. "C’est ridicule, ça donne le sentiment que le PS ne s’intéresse pas à la question", s’insurge Fayçal Douhane, membre du conseil national.

OAS_AD(’Middle1’) ; D’autres représentants du même conseil, le "parlement" du parti, Ouarda Karraï, Akli Meloulli, Chafia Mentalecheta, Abdel Mokhtari, représentant tous les courants, ont signé une pétition remise, mercredi 14 décembre, à François Hollande et aux principaux responsables du projet pour 2007, dont Martine Aubry, Bertrand Delanoë, Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn.

Dans ce texte, ils réclament l’organisation, "dans les meilleurs délais, d’une convention militante" sur la lutte contre les discriminations, la nomination d’un secrétaire national sur cette question et la mise en place d’un "groupe de travail" spécifique dans le cadre de l’élaboration du projet. Faute d’être entendus - et reçus par le premier secrétaire du PS -, certains brandissent la menace de démissionner de leurs mandats : "Si la direction est frappée d’autisme, on prendra les mesures qui s’imposent."

Plus mesuré, Abdel Mokhtari, qui dit soutenir "à 200 %" François Hollande, voit dans la démarche un "moyen de donner un coup de pouce" au numéro un socialiste face à "des camarades plus réticents" et d’envoyer, par la même occasion, "un message très clair aux jeunes issus de l’immigration".

Le groupe, qui se tient soigneusement à distance de l’ex-patron de SOS-Racisme, Malek Boutih, secrétaire national aux questions de société, n’en est pas à sa première démarche. Il se manifeste régulièrement depuis 2002, pour alerter le PS sur l’insuffisance de ses réponses en matière d’immigration et de lutte contre le racisme.

"Quand on me demande quelle est la position officielle du PS, je suis incapable de répondre", soupire Ouarda Karraï. Récemment promue responsable nationale dans le pôle élections du PS, cette jeune femme ne cache pas son irritation. "Moi, je veux bien dénoncer les opérations de communication de Jacques Chirac, mais faudrait aussi que l’on commence à agir et non pas se contenter de réagir."

A 45 ans, Akli Meloulli, membre des "marches pour l’égalité" au début des années 1980, aujourd’hui conseiller municipal de Bonneuil-sur-Marne, se dit "fatigué". "Nous n’avons pas su imposer notre point de vue, déplore-t-il. Chaque fois qu’on se manifeste, le PS réagit en disant "on va faire onze nominations, parce que la droite en fait dix". Mais nous, on veut parler du fond !"

Ces militants revendiquent une longue liste d’adresses restées vaines. Ils rappellent en particulier une lettre envoyée à François Hollande au mois d’avril dans laquelle ils clamaient leur indignation après l’adoption de la loi du 23 février et alertaient le premier secrétaire sur l’article 4 reconnaissant "un rôle positif" à la colonisation.

"Notons que l’indignation des socialistes s’est arrêtée aux portes de la Rue de Solferino (siège du PS) sans avoir eu d’échos au Parlement", fustigeaient-ils. Puis ils ont assisté, désemparés et parfois pris à partie, à la révolte des banlieues.

C’est en 2004, juste après les élections régionales du printemps, que le groupe a décidé de créer un club, Prairial 21, ainsi baptisé pour créer "une révolution dans le parti". Destinée à former un réseau très réactif, grâce notamment à l’Internet, l’association multiplie aujourd’hui les contacts avec un groupe parallèle qui est en train de se constituer chez les Verts, mais aussi, précise Akli Meloulli, avec "toute la gauche associative", et même avec la droite, "pour échanger des infos".

Pour janvier 2006, le club annonce son intention d’organiser - hors les murs du PS s’il le faut - un débat sur les discriminations avec les syndicats. "On se bat pour que le PS soit au second tour en 2007", affirme Fayçal Douhane.

Façon de rappeler que le parti doit aussi améliorer sa propre représentativité des "minorités visibles" pour les élections législatives de 2007, dont les listes seront closes en juin 2006. La direction, assure de son côté Ouarda Karraï, "ne peut pas faire autrement que de nous entendre. Il suffit pour cela de venir un jour de vote dans les quartiers comme le 20e arrondissement de Paris, où je vis."

Isabelle Mandraud

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