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par Jean Pierre Kaya © www.africamaat.com
Son dernier article: Analyse sociologique approfondie de (...)
Le manifeste de la révolution africaine
La Révolution Africaine s’impose comme une rupture définitive et irréversible d’avec la société africaine actuelle : la société postcoloniale.
INTRODUCTION
L’Afrique est le berceau de l’Humanité et de la civilisation. Les Africains sont, (si l’on accepte d’abandonner la conception fantasmée de la genèse de l’univers) les premiers Hommes apparus sur Terre. Tous les autres peuples et ethnies de l’Humanité descendent des Nègres d’Afrique. C’est peut être pour cette raison que certains d’entre eux, obéissant au complexe d’Œdipe, ont cherché à tuer le père à travers les Africains, qui apparaissent sur le plan symbolique comme une caste de fondateurs de l’Humanité actuelle.
Ainsi, des siècles d’esclavage et, de colonisation, ont engendré une pauvreté structurelle et des maladies innombrables qui handicapent l’être humain et le rendent incapable et improductif, puis le décime en grand nombre. Ce passé exceptionnellement inhumain a provoqué des traumatismes qui ont castré l’Homme Noir, et rendu la société postcoloniale profondément irrationnelle. Sa logique interne : despotique, arbitraire, prédatrice et chaotique, reproduit à l’identique le contenu de la Traite Négrière et de la colonisation, empêchant ainsi l’Afrique de se développer et les citoyens africains de s’épanouir. C’est pourquoi on peut considérer que la communauté africaine a désormais touché le fond, et occupe le dernier rang sur l’échelle humaine. Elle n’a pas d’autre choix aujourd’hui que de se remettre radicalement en cause.
Notre époque se caractérise justement par une prise de conscience collective par les Africains de l’injustice radicale qui les frappe impitoyablement, et les maintient dans une situation de médiocrité totale, pour mieux les asservir ; alors que les ressources colossales de l’Afrique auraient dû leurs permettre d’aspirer à un meilleur destin. Il en découle une aspiration puissante au changement. C’est pourquoi, désormais ceux qui se considèrent comme les véritables patriotes africains, ne doivent plus se contenter de palliatifs et de demi mesures du genre NEPAD, ou de projets mal conçus comme l’Union Africaine, qui n’est qu’une mauvaise copie de l’Union Européenne. Ils doivent s’organiser politiquement et exiger un changement véritable et radical qui vise à inverser la logique même de l’Histoire de l’Afrique : c’est la Révolution Africaine. Acte de volonté historique majeur qui prépare et va rendre possible la Renaissance Africaine et la construction d’un Etat Fédéral Africain viable.
Nous, exposons dans ce texte, les raisons pour lesquelles cette Révolution doit se produire nécessairement, et quelle stratégie adopter pour la réaliser avec un maximum d’efficacité, afin d’aboutir à la création d’une nouvelle société africaine, la Société Initiatique, dans laquelle triomphera la mentalité pharaonique, grâce à une socialisation généralisée à la l’Initiation, c’est-à-dire à la MAAT : l’idéologie africaine.
I SITUATION ACTUELLE DE LA COMMUNAUTE AFRICAINE
La communauté africaine est l’ensemble des femmes et des hommes, qui à travers le monde entretiennent au moins un type de relation sur quatre avec l’Afrique :
relation historique
relation ethnique
relation affective
relation idéologique
Les membres de la société africaine postcoloniale ne représentent qu’une partie de la communauté africaine. Néanmoins, l’Afrique Noire constitue la pierre angulaire de cette communauté, son noyau dur, parce qu’elle entretient avec l’Afrique la totalité des relations précitées.
La communauté africaine dans sa totalité a subi et continu de subir une domination radicale, sur tous les plans : social, culturel, économique et politique, des nations qui dominent actuellement le monde, ou des peuples qui ont réussi au cours de l’histoire à s’emparer des territoires sur le sol africain profitant de l’inorganisation, de la faiblesse militaire ou de la stupidité des populations autochtones. C’est le cas de l’ensemble de l’Afrique du Nord et notamment de l’Egypte, pays à l’origine créé par les Nubiens. Nous savons que l’ancienne Nubie, est le berceau de la civilisation africaine. Aujourd’hui, la persécution et le génocide que subissent une partie de la population soudanaise au DARFOUR, organisées par une infime partie de sa population, sa partie arabe, témoigne, de l’humiliation et de l’impuissance même de de toute la communauté africaine. Elle est profondément ressentie par chaque africain comme une humiliation raciale, qu’il est urgent et nécessaire de réparer. Ainsi quels que soient les sacrifices, quel que soit le temps qu’il faudra y consacrer, le futur Etat Fédéral Africain doit se donner pour objectif de libérer le Soudan, pour refaire de ce pays, ce qu’il était à l’origine, la Terre Sainte Africaine, symbole de l’identité culturelle africaine.
Chacun sait que, l’Homme Noir se sent exclu de l’Humanité actuelle. On constate que, partout dans le monde, où l’on peut rencontrer une communauté africaine, ou noire, celle-ci subie toujours une exclusion sociale impitoyable, laquelle donne lieu inévitablement : au chômage, à la précarité, à l’injustice, à une éducation au rabais, donc à la misère, à la pauvreté, à la délinquance, à la violence et donc à une conscience éternellement malheureuse. En fait la hiérarchisation sociale dont le Nègre est systématiquement la victime, n’est que la traduction d’une hiérarchisation raciale discrète, mais toujours perfide et très efficace. En Afrique même, dans des pays comme le Soudan, la Somalie, la Mauritanie, ou le Niger, des Africains sont non seulement humiliés, réduits en esclavage à cause de leur appartenance ethnique, mais aussi subissent une véritable ségrégation sociale et même sont massacrés comme au DARFOUR, du seul fait d’être Noirs. Ainsi, si à l’extérieur de l’Afrique : en Europe, en Asie, ou Amérique, le Nègre est regardé comme un sous-homme, auquel s’applique difficilement les droits de l’Homme, en Afrique même, chez lui, il est obligé d’accepter et de supporter l’humiliation d’être un paria. Cette situation extrême, implique d’elle-même une réponse extrême. Dans un premier temps, l’exclusion radicale qui pèse sur le Nègre impose l’unité entre tous les Noirs du monde par nécessité. C’est-à-dire la mise en place d’une solidarité massive entre tous les Nègres du monde entier pour se protéger de l’adversité extérieure .Donc le racisme, l’exclusion, la ségrégation, et de l’injustice que subissent les Noirs partout où ils se trouvent dans le monde aura au moins une conséquence positive : la création d’une Communauté Africaine Mondiale. Mais pour donner à celle-ci une structure, une architecture et une conscience, il faut l’institutionnaliser, et la séculariser. L’institution qui convient le mieux à la situation, est la création de l’Etat Fédéral Africain. Or pour le constituer, une Révolution est inévitable. Cette Révolution doit s’appliquer à l’Afrique Noire qui est le noyau dur de la communauté africaine mondiale. Cependant il faut se rendre compte, que la création d’un Etat, entraîne celle d’une nation, avec un contenu identitaire. Cette préoccupation est déjà présente au sein de la communauté africaine actuelle avec la problématique de la Renaissance Africaine. Il nous appartient d’expliquer que cette aspiration des Africains pour une Renaissance, n’est rien d’autre que le besoin de construire une identité culturelle africaine, donc un besoin de renouer avec le contenu positif de l’héritage culturel et historique de l’Afrique, malgré l’émergence de la problématique de la globalisation et de la mondialisation qui suppose la domination de la culture occidentale sur la culture des autres peuples de l’humanité. Nous considérons que pour survivre dans un monde où les frontières culturelles ont disparu, il faut justement être capable de défendre sa propre culture pour qu’au contact des autres, elle puisse se maintenir et s’enrichir. Autrement dit, plus nous serons forts, plus, nous survivrons. Cette vérité est aussi vieille que l’humanité elle-même.
C’est à travers la poursuite de cet objectif, que l’Union Africaine actuelle, va être confrontée à son niveau d’incompétence. En effet, si l’aspiration profonde et véritable des Africains est de construire un Etat et une Nation, quels sont les pays africains actuels qui voudront ou ne voudront pas en faire partie ? Qui est prêt à transférer à l’Etat Africain ses prérogatives de puissance publique ? Qui est prêt à assumer les valeurs afrocentristes ? Nous présumons que ce ne sera sans doute pas le cas des pays dans lesquels les Africains continuent à être traités comme des esclaves. C’est pourquoi, seule la Révolution Africaine, peut donner naissance à une Union Africaine saine. Elle est le facteur discriminant qui va juger objectivement du degré de sincérité d’adhésion au projet de la Renaissance Africaine.
Il est clair, dans ces circonstances, que l’Union Africaine ne se fera pas au départ avec les Maghrébins, car leur attitude envers les Africains, est par trop archaïque. Dans des pays comme le Maroc, la Mauritanie, l’Algérie, la Libye, la Tunisie, l’Egypte, on considère l’esclavage des Noirs, comme normal, et comme un acquis historique. Des Négriers Touaregs reconnaissent même, que c’est le Coran qui autorise une telle pratique. L’attitude que ces pays développent envers les clandestins africains qui tentent de gagner l’Europe, par sa dureté et son inhumanité, ne nous rassure pas. En tout cas de telles pratiques seront considérées comme criminelles par l’Etat Fédéral Africain, et condamnées de la manière la plus impitoyable qui soit. La communauté africaine doit donc mettre en place une procédure d’inclusion et d’exclusion, qui impose un véritable rite de passage impitoyable à l’entrée de cette nouvelle société africaine.
Mais, n’oublions pas que les Africains ont gardé des traumatismes profonds et très graves des siècles de violences impitoyables provoquées par les dominations esclavagistes et coloniales. Il en résulte que l’Homme Noir est devenu un Homme castré, stupide, médiocre et servile ; incapable d’exploiter le gisement des capacités humaines pour s’épanouir. Non par quelque disposition congénital, mais justement, parce qu’un passé chargé de violences systématiques, induit inévitablement des conséquences graves sur le psychisme humain. La psychanalyse affirme que, dans ce domaine, ce qui est vrai pour l’individu, l’est aussi pour le groupe social. C’est pourquoi, ce serait commettre une très grave erreur historique, que de créer une nouvelle société africaine, sans faire table rase du passé. Autrement dit il serait insensé de créer une nouvelle société dans laquelle esclaves et négriers risquent de se retrouver sous le même rapport de force.
Prenant au sérieux le poids de l’Histoire sur les Hommes, nous sommes conduit à affirmer que la société africaine postcoloniale est une société cliniquement malade. En effet, toutes les violences et toutes les humiliations infligées aux Africains sur près d’un millénaire, n’ont pas laissé l’Homme Noir intact. Au contraire, il en a résulté des traumatismes qui ont gravement affecté sa structure mentale. Aussi, pour nous, la véritable crise de la société africaine postcoloniale, comme celle de toute la communauté africaine actuelle, est fondamentalement la crise de l’être ou de la personnalité africaine. Phénomène non mesurable et non quantifiable, mais dont la réalité s’impose à nous.
Les crises : sociale, politique, et économique, qui d’emblée attirent l’attention des experts en développement, ou en Négrologie, ne sont pour nous en vérité que des crises secondaires, des manifestations de surface d’une crise plus profonde : la crise de la personnalité africaine. Il est donc nécessaire de traiter en premier celle-ci pour espérer obtenir une résorption de celles-là ; au risque de recommencer éternellement le même effort. En attendant, la société africaine postcoloniale demeure le théâtre de toutes les manifestations des carences et des lacunes engendrées par le passé tourmenté et chaotique de l’Afrique. C’est pourquoi cette société nous impose un spectacle hallucinant de médiocrité sans fond.
Ainsi par exemple : les hommes politiques africains, à travers leur conduite arbitraire, autoritaire et prédatrice ne font que reproduire à l’identique le comportement d’autres autorités qui ont régné autrefois en maîtres absolus sur l’Afrique : les Négriers et les Colonisateurs. En même temps, les citoyens africains continuent à reproduire le comportement servile et soumis de leurs ancêtres esclaves et colonisés ; lorsqu’ils se trouvent confrontés à une situation arbitraire.
Entre ces deux extrêmes, il y’a toujours eu heureusement à chaque époque, des Africains patriotes ayant conservé la mentalité initiatique pharaonique, prêts à : s’insurger, résister et contre-attaquer, quand les intérêts de la communauté africaine sont menacés. C’est le cas de la nouvelle génération des intellectuels africains, qui sans le savoir, se conduisent comme des adeptes de l’Initiation, et sont ainsi idéologiquement protégés par la puissance de la MAAT, la science initiatique, qui leur permet de s’affranchir de la tyrannie de la pensée et de la culture dominantes.
En somme, produit d’une histoire violente et malsaine, l’Africain actuel est en règle générale un être carencé et castré : incapable de s’assumer comme n’importe quel autre être humain au monde. La société postcoloniale elle même paraît animée par une logique irrationnelle, suicidaire et auto-destructrice. En effet, elle est conduite à piller ses propres ressources au bénéfice d’un petit groupe de parasites, qui ayant réussi à accéder au pouvoir de façon légale ou illégale, entend par la suite s’y maintenir par tous les moyens : la force, l’intimidation, la corruption, la violence ou la terreur.
Tous les secteurs de la société postcoloniale sont infectés par cette logique qui surdétermine l’action des acteurs sociaux à tous les niveaux. Il en découle une mentalité, voire une idéologie que les Etudes Africaines ont pu qualifier de « politique du ventre » : comportement prédateur, qui soumet au pillage systématique toutes les ressources disponibles dans la nation. Cette logique prédatrice, irrationnelle, qui maintient toute la société postcoloniale dans la médiocrité, la misère, et l’instabilité, constitue l’identité même de cette société : sa logique sociale. Si, elle disparaît, c’est la société postcoloniale elle même qui s’écroulerait.
C’est pourquoi peut-on affirmer que la société postcoloniale qui manifestement est cliniquement malade, ensuite parce qu’elle ne satisfait pas aux critères du postulat social, n’est pas réformable non plus. C’est la raison pour laquelle la démarche incrémentaliste du genre NEPAD, qui depuis les indépendances a essayé au coup par coup, par des politiques ciblées, de sortir l’Afrique du sous-développement, a toujours buté sur la logique interne de la société postcoloniale : la prédation ; aberration héritée du passé décomposé de l’Afrique, conséquence de la crise de la personnalité africaine. C’est cette pathologie qui l’a complètement gangrenée, qui rend la société postcoloniale irréformable.
Par ailleurs, incapables de penser par eux-mêmes, les responsables politiques africains s’épuisent à singer les occidentaux. Ainsi : l’Union Africaine, qui n’est que la pâle copie de l’Union Européenne, nous donne à voir un exemple frappant de rédintégration. Or les problèmes de l’Afrique, n’ont évidemment rien à voir avec ceux de l’Europe. La copie devra donc être sévèrement corrigée, ou jetée à la corbeille. Néanmoins, ce mimétisme aveugle nous renseigne sur l’étendue de la débilité mentale de nos dirigeants actuels.
En outre, par la volonté de ses élites de vouloir se maintenir au pouvoir à n’importe quel prix, la société postcoloniale génère la violence et récolte systématiquement une instabilité chronique. Celle-ci constitue un très sérieux handicap au développement de l’Afrique, en perturbant la continuité de l’effort, et donc le processus d’accumulation primitive. Ainsi en apparence fort à cause : de son autoritarisme, de sa violence, et de sa corruption, l’Etat postcolonial est en réalité un Etat faible à cause de son inefficacité économique et politico-administrative chronique, qui induit son incapacité à atteindre les buts qu’il se fixe. Ainsi donc faible de l’intérieur, l’Etat postcolonial l’est aussi à l’extérieur.
Du point de vue de la théorie politique, il n’a d’ailleurs d’Etat que le nom. Dans ses relations notamment avec les puissances occidentales, il apparaît nettement comme un Etat-client à la solde des Etats-patron tout-puissants qui lui dictent sa conduite.
En définitive, incapable de promouvoir le développement, l’Etat postcolonial est aussi incapable de défendre les intérêts des populations africaines sur le plan international. Il donne l’impression d’une entité politique qui se maintient artificiellement en place notamment par la terreur et la corruption, avec un seul objectif, servir les intérêts de la faction au pouvoir et de ceux qui la soutiennent de l’intérieur comme de l’extérieur.
La nature humaine étant ce qu’elle est, c’est à dire foncièrement égocentrique, il faut s’attendre à ce que, contre le bon sens, et contre toute logique, la bande de prédateurs adeptes de la politique du ventre (que nous baptisons : ventripotents), qui pour les populations qu’elle terrorise et exploite, ne soit perçu que comme un groupe d’étrangers au service des étrangers ; continue à s’accrocher par cupidité au pouvoir ; pour conserver des avantages acquis et des positions avantageuses, au mépris de l’écrasante majorité de la population africaine, qui elle, végète, plongée dans la misère absolue.
Il tombe donc sous le sens que, parce qu’elle s’oppose consciemment et activement à l’épanouissement et à la satisfaction des besoins élémentaires des populations africaines, la société postcoloniale n’a plus qu’un destin : celui d’être abolie par une authentique Révolution Africaine. Cette société malade doit disparaître pour qu’à sa place les patriotes africains puissent établir une société apte à satisfaire les besoins fondamentaux de la communauté africaine. La Révolution Africaine apparaît ainsi nettement comme une thérapie, ou une réponse ciblée à la crise précise de la communauté africaine : la crise de l’être ou de la personnalité africaine.
Aucune.
Commentaires
- 22/02/2010 02:33 par
- 22/11/2007 10:25 par lousenda
- 14/11/2007 20:14 par dams
- 14/11/2007 10:44 par montou
- 13/11/2007 12:27 par JP KAYA
- 1er/11/2007 00:16 par dams
- 28/10/2007 11:48 par tchibouela
- 26/10/2007 14:43 par JP KAYA
- 24/10/2007 13:22 par JP KAYA
- 24/10/2007 00:42 par
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