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 Publié le 23 juin 2006

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Le patron d’IBM appelle à la fin du néocolonialisme des multinationales

Les multinationales ont intérêt à penser la mondialisation autrement si elles ne veulent pas risquer un sévère retour de bâton dans les pays en voie de développement.

Le patron d’IBM appelle à la fin du néocolonialisme des multinationales

Le patron d’IBM appelle à la fin du néocolonialisme des multinationales Les multinationales ont intérêt à penser la mondialisation autrement si elles ne veulent pas risquer un sévère retour de bâton dans les pays en voie de développement. Une mise en garde qui ne vient pas vraiment d’un altermondialiste...

Les multinationales ont intérêt à penser la mondialisation autrement. La mise en garde ne vient pas d’un contestataire altermondialiste, mais du patron d’une des plus grandes multinationales américaines, IBM. 

Dans une tribune publiée lundi par le Financial Times, Samuel Palmisano enjoint ses homologues d’abandonner l’approche quasi colonialiste de la mondialisation, qui domine depuis la fin du 20ème siècle. Jusqu’ici, analyse-t-il, les multinationales américaines ont construit des usines en Asie et en Europe pour profiter des marchés locaux et de coûts de production moins chers, mais ont gardé les activités à haute valeur ajoutée de recherche et développement ou de design aux Etats-Unis. Et de citer en exemple le modèle de développement suivi par General Motors, de Ford ou même d’IBM. 

Or, avertit le patron d’IBM, avec cette attitude égoïste, les multinationales risquent de se tirer une balle dans le pied. C’est l’avenir du business qui est en jeu. Car, selon lui, les pays en développement pourraient développer un sentiment de rejet, et mettre au pouvoir des dirigeants beaucoup moins coopératifs.

Ces derniers risqueraient alors d’imposer des législations sur le travail ou sur le commerce beaucoup moins favorables, voire d’élever des barrières protectionnistes nuisibles à la prospérité des échanges internationaux. Pour Samuel Palmisano, les multinationales doivent donc à tout prix repenser leur division du travail, et investir un minimum dans l’éducation et la formation pour que les habitants des pays en développement puissent s’y intégrer.

En donnant cette leçon, qui s’inscrit dans un contexte de critiques grandissantes sur la façon dont se développe la mondialisation, IBM peaufine son image et le concept que le groupe souhaite désormais mettre en avant d’ "entreprise mondialement intégrée". Il y a moins d’une semaine, le groupe américain annonçait son intention d’investir presque 5 milliards d’euros sur trois ans en Inde, le plus gros investissement d’une multinationale dans ce pays depuis ces dernières années, comprenant un centre de recherche et de télécommunications. "Cet investissement montre que nous tirons le maximum des opportunités de croissance de ce marché, et il permet aussi à IBM de réaliser son objectif de devenir une entreprise mondialement intégrée.

Je suis ici aujourd’hui pour dire qu’IBM ne va pas manquer cette occasion" déclarait tout juste la semaine dernière Samuel Palmisano. Reste à voir dans les faits si d’autres pays émergents, à la main d’oeuvre moins qualifiée que l’Inde, profiteront eux aussi de ce nouveau concept.

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