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par BWEMBA-BONG ©

 Publié le 2 janvier 2005

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Le peuple Noir doit se libérer

Le peuple Noir doit se libérer

Au mois de novembre 2004, les troupes françaises ont tiré sur le palais de Laurent GBAGBO, président démocratiquement élu de Côte d’Ivoire, pays membre de l’Organisation des Nations Unies. Dans cette ambiance de guerre non déclarée, engagée tambour battant par un membre du Conseil dit de Sécurité de la même O.N.U., l’armée française réitérait les massacres coloniaux de Dimbokro en janvier 1950, dans un pays aujourd’hui déclaré indépendant et, en exécutant froidement des dizaines d’enfants Noirs se conformait à la logique idéologique des massacres perpétrés à Soweto en Afrique du Sud, le 16 juin 1976, par le régime nazi d’Apartheid.

Certes, comme toujours, les présidents par effraction, vassaux de la France, ont été sifflés à l’occasion, pour entériner l’acte du « maître Blanc » qui a ainsi mis en évidence le regard que les responsables politiques, militaires, économiques et culturels du pays du Code Noir, patrie d’Arthur GOBINEAU, portent sur les « Nègres ».

En effet, comme l’écrit François-Xavier VERSCHAVE : « Cette suffisance française s’enracine dans un mépris historique des Africains : quand vous discutez de ces questions avec des responsables français, vous vous apercevez que, depuis l’esclavage et la colonisation, on continue de penser que les peuples africains sont totalement incapables de créativité culturelle et politique. Avec eux l’on peut faire n’importe quoi, puisqu’ils ne seraient capables de rien »  [1] .

Ce mépris ostensiblement affiché par la France pour l’Afrique Noire, ramène à la vision du monde de l’organicisme de l’anglo-saxon SPENCER, qui enseigne que : « De même que l’homme possède une structure et des fonctions qui lui permettent d’accomplir des actes enregistrés par son biographe ( histoire de la vie d’un personnage ), de même la nation possède à son tour une structure et des fonctions qui lui permettent d’accomplir les actes enregistrés par l’histoire ». ...« L’organisation et la conduite d’une société sont déterminées par les propriétés de ses unités et la société ne peut pas (les causes extérieures de perturbation mises à part) être changées substantiellement et d’une façon permanente sans que ses unités le soient également » [2] .

Selon l’enseignement de SPENCER, la vie des hommes, comme celle des sociétés répondrait à des spécialisations et à des complémentarités des tâches. Aussi, dans notre monde, à la « race blanche » reviendrait le rôle impérial, et au reste de la planète, avec la race noire au bas de l’échelle, sans doute, le rôle de pourvoyeuse d’esclaves et de matières premières nécessaires à l’opulence et au bien-être des « Blancs ».

Le français Pierre LYAUTEY qui n’est pas en reste, proclame : « Nos méthodes d’administration se perfectionnent ainsi par une discrimination des responsabilités : aux Européens reviennent les fonctions impériales, aux indigènes les postes adaptés à leur formation comme à leurs aspirations » [3], écrit-il.

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Références bibliographiques:

[1] François-Xavier VERSCHAVE : France Afrique. Le crime continue, Ed. Tahin Party, 2000, P. 35

[2] SPENCER : Introduction à la science sociale, 1875. PP. 61-62 et 432

[3] Pierre LYAUTEY : L’Empire colonial français, Ed. De France 1931, P. 208.

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