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par René-Louis Parfait Etilé © africamaat.com


Son dernier article: Où est la « Terre Sainte » ?
 Publié le 17 novembre 2007

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Les Egyptiens étaient Noirs « charbon »

C’est ce que nous dit un très ancien dictionnaire grec

Les Egyptiens étaient Noirs « charbon »

Photo : Etilé René-Louis Parfait

HOTEP !

Dans l’un de nos articles intitulé Noirceur des Egyptiens anciens : « la messe est dite » , nous avions montré par quel mécanisme les falsificateurs de notre histoire avait fait évolué le vrai sens du mot grec « Mélas » qui signifie Noir vers une traduction erronée : brun  [1]. Nous l’avions dit à l’époque (à la suite de savants africains, notament Cheikh Anta Diop puis Théophile Obenga, Aboubacry Moussa Lam, Babacar Sall, Mubabinge Bilolo) que le but de l’idéologie raciste était de cacher la mélanité (noirceur) des Egyptiens anciens. Nous avions dit aussi que :

"Mélas", mot employé par les Grecs pour la couleur des égyptiens, est le terme grec le plus fort pour dire "noir" comme le disait le grand savant sénégalais Cheikh Anta Diop.

Exemples :

- Κελαινός , kélainos (« le sang noir » Iliade, I , 303)

- ’ερεμνός , eremnos (« un tourbillon ténébreux » Iliade, XII, 375)

- αίθων , aithôn (« un taureau fauve » Iliade, XVI, 488)

- μέλας , mélas (« la nef noire » Iliade, I, 300) [2]

Par la suite, nous avions signalé que :

les Éditions PALEO avait sorti la toute dernière traduction du fameux livre d’Herodote (2005). Et la traduction était équivalente à celle de Cheikh Anta Diop : « ...les Colchidiens sont de race égyptienne...d’abord, parce qu’ils ont la peau noire et les cheveux crépus... »

Nous allons « enfoncer le clou » !

ACTE 1

Si nous lisons les dictionnaires Français-Grecs d’aujourd’hui (par exemple celui de L. Feuillet, 23e édition), nous constatons que le terme « Noir » est traduit par « Mélas », « Mélaina », « Mélan ». L’auteur rajoute « Qui est de la couleur opposée au blanc » (page 297)

Si nous allons au mot « Brun », c’est le mot « Phaïos » qui figure et pas le mot « Mélas ».

Mais où est la mystification ?

ACTE 2

La réponse nous est donnée dans le dictionnaire de Fred. Dübner qui remonte à l’année 1860 !

Il s’agit du Lexique Français-Grec Dübner Fred à l’usage des classes élémentaires, rédigé sur le plan du Lexique Français-Latin extrait du grand dictionnaire de M. L. Quicherat par Fred. Dübner. [3]

Que lisons-nous comme traduction pour le mot « Noir » ? :

Qui est de la couleur du charbon , de l’ébène, etc. , « Mélas », « Mélaina », « Mélan ».(page 339)

Or les dictionnaires modernes, que nous possédons, restent évasif sur ce terme "noir" et ne précisent pas au mot Mélas : « qui est de la couleur du charbon » !!! . Pourquoi a-t-on réduit le champ lexical du mot "mélas" ?

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Mélas
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Mélaina
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Mélan

ACTE 3

Dans ce même Lexique datant de 1860, au mot Noir (page 339) figure le mot Nègre .

Or ce mot « Nègre » renvoie au mot Ethiopien (page 338).

CONCLUSION

- Il y a donc ici un lien direct entre «  Mélas  », «  Noir charbon  », «  Nègre  » et «  Ethiopien  » (remarquons ici qu’il s’agit d’Ethiopien ancien donc plus précisément de peuple de la Vallée du Nil)

-  Or c’est le terme « Mélas » qui est employé pour les Egyptiens anciens dans tous les écrits des grecs anciens !!! (voir nos articles sur ce site dans la rubrique Antiquité africaine)

Comme le disait le Grand Egyptologue Cheikh Anta Diop , les Egyptiens anciens étaient noirs « charbon ».  [4]

Note : Merci à M. Christian Schummer pour la consultation de l’ancien lexique.

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Références bibliographiques:

[1] CF. Le livre des Éditions Gallimard, FOLIO Classique ( Hérodote, l’Enquête, Livres I à IV, Edition d’Andrée Barguet ) : le texte à la page 213, dit bien « peau brune » mais une note 131 vous envoie à la page 503 ; et que lit-on ? : « L’existence d’une petite communauté de Noirs a été effectivement notée près de Soukhoum ; ils seraient alors les survivants des anciens Colchidiens, qui étaient peut-être (sic) d’origine africaine... »

[2] Voir Engelbert Mveng, Les sources grecques de l’histoire négro-africaine , Présence africaine, 1972, page 85.

[3] Librairie Hachette ; imprimerie Henry Maillet.

[4] Cheikh Anta Diop a démontré à propos des Grecs que : « Tous ces témoins oculaires affirment formellement que les Egyptiens étaient des Nègres. »

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