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par René-Louis Parfait Etilé © africamaat.com

Kamit né en Martinique, Egyptologue, ingénieur Télécoms, professeur de langue égyptienne à l’Institut Africamaat (Paris). Président de l’Association Africamaat et co-fondateur du site et de l’Institut ; e-mail imhotepkemi@neuf.fr

Ses ouvrages :
- Etude sur une civilisation négro-africaine, l’Egypte Antique
- Grammaire simplifiée de l’Egyptien hiéroglyphique
- Afrique Antique : Mythes et Réalités


Son dernier article: Du Racisme français
 Publié le 15 avril 2006

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Les Égyptologues Noirs et leurs oeuvres ne sont pas admis à la Télévision Française

Les médias et l’égyptologie

Les Égyptologues Noirs et leurs oeuvres ne sont pas admis à la Télévision Française

Un exemple de refus d’Égyptologue noir à la Télévision française, alors que tout Égyptologue blanc ne pose pas de problème.

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Le Professeur Cheikh Anta Diop et le Professeur Théophile Obenga

L’émission de grande écoute « La Marche du Siècle » diffusée sur France 3 en soirée, le 1er janvier de l’année 1997, et ayant pour thème la civilisation égyptienne pharaonique, avait suscité certaines réactions, en particulier dans les milieux africains informés de l’état de la recherche sur l’histoire de l’Afrique ancienne.

Les Éditions Khepera et Présence Africaine, qui avaient récemment publié plusieurs ouvrages en co-édition traitant précisément de ce sujet, avaient pris l’initiative d’une lettre aux responsables de l’émission.

LETTRE

Paris, le 21 janvier 1997

Monsieur GERGONNE

France 3/ La Marche du Siècle

59, bd du Général-Valin

75015 Paris

Monsieur,

Vous nous avez informé votre décision de ne pas signaler la parution du livre intitulé Cheikh Anta Diop, Volney et le Sphinx (Paris, Éditions Présence Africaine/Khepera, 1996) dans la revue bibliographique de l’émission « La Marche du Siècle » (France 3, 20 h 50, 1er janvier 1997) ayant pour sujet « Les Pharaons » de l’Égypte ancienne. Les raisons que vous avez invoquées pour justifier votre réponse négative nous conduisent à vous faire part des éléments ci-après.

Que contient le livre Cheikh Anta Diop, Volney et le Sphinx ? Il s’agit comme son sous-titre l’indique, de montrer quelle a été la contribution de Cheikh Anta Diop à l’historiographie mondiale en rappelant tous les grands noms qui antérieurement ont développé une conception de l’histoire, des thématiques historiographiques originales et marquantes : Hérodote, Thucydide, Diodore de Sicile, Ibn Khaldûn, Giambattista Vico, Jules Michelet, Karl Marx, Benedetto Croce, Marc Bloch, Fernand Braudel...

Son auteur, Théophile Obenga, égyptologue, linguiste et historien réputé, a voulu restituer « cette naissance de l’histoire africaine » au travers de l’œuvre de Cheikh Anta Diop. Dans celle-ci l’Égypte pharaonique tient une place centrale. Cheikh Anta Diop réintègre l’Égypte dans l’univers négro-africain, non de manière artificielle, mais sur la base de faits et d’études appartenant à différents registres : la linguistique, les structures sociales, les conceptions philosophiques et religieuses, la culture matérielle, les sources historiques de l’Antiquité classique, l’anthropologie physique, etc.

Ce essai de T. Obenga met justement en évidence les fondements philosophiques (Hegel) et raciologiques (Gobineau) qui ont présidé dans les siècles passés à l’écriture d’une histoire de l’Afrique et d’une histoire de l’humanité qui a évacué le Nègre du mouvement historique, arraché arbitrairement l’Égypte ancienne à l’Afrique. Dans ce contexte de l’époque esclavagiste, T. Obenga montre toute l’originalité de l’œuvre historique de Constantin-François de Chasseboeuf, dit Volney qui, lors de son voyage au pays du Sphinx, avait reconnu cette appartenance de l’Égypte ancienne au monde négro-africain.

Aujourd’hui, en cette fin du XXe siècle, grâce en particulier aux travaux de Cheikh Anta Diop, mais également d’historiens et d’égyptologues africains (cf. Ankh, revue d’Égyptologie et des Civilisations africaines) l’existence des liens étroits (linguistiques, culturels, sociologiques, religieux, anthropologiques, etc.) existant entre l’Égypte ancienne et le reste de l’Afrique noire est scientifiquement démontrée.

En 1970, l’UNESCO, alors dirigée par le Français René Maheu, avait sollicité Cheikh Anta Diop à devenir membre du Comité scientifique international pour la rédaction d’une Histoire générale de l’Afrique.

Cheikh Anta Diop, par son exigence d’objectivité, avait été conduit à poser comme préalable à la rédaction des chapitres consacrés à l’histoire ancienne de l’Afrique, la tenue d’un colloque international organisé par l’UNESCO, réunissant des chercheurs de réputation mondiale pour, d’une part, débattre de l’origine des anciens Égyptiens, et d’autre part faire le point sur le déchiffrement de l’écriture méroïtique.

Ce projet imposant concernant l’histoire du continent africain, décidé par l’UNESCO, rendait en effet primordial de traiter scientifiquement la question de savoir à quel univers culturel et à quel ensemble anthropologique appartenait l’Égypte ancienne compte tenu de l’état des connaissances. Une confrontation des travaux de spécialistes du monde entier lui apparaissait alors indispensable pour faire avancer la science historique.

Tel est le contexte dans lequel s’est tenu au Caire du 28 janvier au 3 février 1974, organisé par l’UNESCO dans le cadre de la Rédaction de l’Histoire générale de l’Afrique, le colloque intitulé : « Le peuplement de l’Égypte ancienne et le déchiffrement de l’écriture méroïtique » rassemblant vingt spécialistes appartenant à onze nations différentes :

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Colloque du Caire

  A.M. Abdalla, Department of History, University of Khartoum, Soudan

  A. Abu Bakr, Université du Caire, Égypte

  N. Blanc, École Pratique des Hautes Études, Paris, France

  F. Debono, expert UNESCO, Centre de documentation sur l’Égypte ancienne, Malte

  J. Devisse, Université Paris VIII, Paris

  C.A. Diop, Université de Dakar, Sénégal

  G. Ghallab, Institute of African Research and Studies, Université du Caire, Égypte

  L. Habachi, Oriental Institute, University of Chicago, Etats-Unis

  R. Holtoer, University of Helsinki, Finlande

  S. Husain, Egyptian Organization of Antiquities, Le Caire, Égypte

  J. Gordon-Jacquet, c/o Institut français d’archéologie orientale du Caire, Etats-Unis

  W. Kaiser, German Institute of Archaeology du Caire, République Fédérale d’Allemagne

  J. Leclant, Université Paris-Sorbonne, Paris

  G. Mokhtar, Direction du Service des Antiquités, Égypte

  R. El Naduri, Faculty of Arts, Alexandria, Égypte

  T. Obenga, Professeur, Université Marien N’Gouabi, Brazzaville, Congo

  S. Sauneron, Institut Français d’archéologie orientale du Caire, France

  T. Säve-Söderberg, Université d’Uppsala, Suède

  P.L. Shinnie, Department of Archaeology,University of Calgary, Canada

  J. Vercoutter, Institut de papyrologie et d’égyptologie de l’Université de Lille

Les Actes de ce colloque, dont le professeur Jean Devisse, historien médiéviste et africaniste français (Université de Paris I, récemment décédé) a été le rapporteur, ont été publiés par l’UNESCO dans « Le peuplement de l’Égypte ancienne et le déchiffrement de l’écriture méroïtique », Histoire générale de l’Afrique, Études et documents 1, Paris, UNESCO, 1978. On trouve également un rapport de synthèse en annexe du volume II de l’Histoire générale de l’Afrique, Paris, Jeune Afrique/Stock/UNESCO, 1980, p. 795-823. Un résumé en est également présenté dans la revue Ankh n° 3 de 1994.

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