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Colloque International Kamit Menaibuc 2010

par admin ©

 Publié le 10 mars 2006

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Les Juifs et l’esclavage des Noirs : Rien ne sert de mentir : Acte 2

Le cas très accablant des Marchands juifs de Curaçao.

Les Juifs et l’esclavage des Noirs : Rien ne sert de mentir : Acte 2

Malgré ces problèmes, la communauté juive se développa de 1683 à 1694. Elle reçut un apport des îles françaises (Guadeloupe et Martinique) d’où les juifs avaient été expulsés en septembre 1683.

D’autres migrants arrivèrent d’Amsterdam. En 1690, une grande maison servit de synagogue et on fit venir d’Amsterdam un Rouleau de la Loi. Après onze ans d’efforts, la communauté eut enfin son rabbin, Eliau Lopez. Il avait déjàservi à la Barbade en 1678 comme haham de la congrégation Nidhe Israel.

Une terrible épidémie incita en 1693 certains juifs à partir et às’établir à New Port et à Tucatas (Vénézuéla). Mais ces départs n’empêchèrent pas la communauté de s’accroître au point qu’en 1703, une synagogue fut édifiée. Sous l’administration du Directeur Jacob Beck (17041709), un créole planteur - il avait épousé la veuve de Willem Kerckrinck - de nombreux juifs s’établirent à Curaçao.

Son successeur ,Abraham Beck accueillit en 17lO plusieurs familles expulsées de Barbade.

La société coloniale comptait alors quatre cent vingt-cinq familles blanches et 3.500 esclaves, non compris ceux que possédait la Compagnie. La guerre qui éclata entre la France et les Provinces-Unies gêna considérablement le commerce.

Le corsaire français Jacques Cassard (1679-1740), après avoir ravagé Suriname et rançonné la colonie (800.000 florins), se rendit à Saint-Eustache où il n’obtint que 3.000 pesos. On savait à Curaçao qu’il s’apprêtait à venir. Les Français avaient déjà tenté deux fois de s’emparer de l’île, en 1673 et en 1678. Cassard débarqua ses hommes le 16 février 1113 dans l’île. Que pouvait espérer la garnison de 800 hommes contre les deux à trois mille flibustiers ?

Les Français lancèrent II5 bombes sur la ville de Willemstad, qui causèrent une grande panique dans la population. Voyant sa milice si restreinte, le Directeur Jeremias van Collen demanda des volontaires. Mais la confusion, les désertions, les abandons de postes profitèrent aux Français qui imposèrent leur nombre. Des négociations s’engagèrent. Cassard exigea une rançon de 400.000 pesos. Après des tractations, la rançon fut réduite à II5.000 pesos mais on la lui paya en marchandises, en esclaves et en argent. Cassard reçut 90 esclaves nègres valant 120 pesos chacun, soit 10 % de la rançon totale. Il préféra avoir des denrées rares, en particulier des épices. Il leva le siège le 22 mars 1713.

Il Y avait alors dans l’île 320 familles blanches et 140 familles juives. Les juifs constituèrent des "mutuelles" ("hermandades").

Les marchands juifs à cette époque, étaient devenus les principaux fournisseurs de l’île. Ils approvisionnaient les colons en vivres pour leurs esclaves, en armes, en munitions. En 1714, Van Collen dut acheter 2.000 boisseaux de blé pour enrayer une famine persistante. Le marchand Philippe Henriquez envoya un de ses bateaux sur la côte de Terre Ferme et rapporta 500 boisseaux.

Les négociants juifs de Curaçao prirent une part importante dans le commerce de cacao. En 1722, malgré l’opposition du gouverneur de Caracas, en moins de trois mois, 150.000 livres de cacao furent livrées à Curaçao. Ils achetèrent de l’indigo clandestinement à des colons des îles françaises. En 1722, les marchands des possessions espagnoles devaient 400.000 rijksdaalers, soit un million de florins, à des marchands de Curaçao. La majorité d’entre eux, des juifs, fréquentaient les ports du continent espagnol avec leurs navires et vendaient leurs marchandises à crédit.

Ils attendaient pour être payés la récolte de cacao, indigo, sucre, café. Un ambassadeur espagnol écrivait à Madrid qu’on trouvait à Amsterdam des produits des possessions espagnoles qui coûtaient moins qu’en Espagne.

Après la mort, le 22 juillet 1713, de Haham Lopez, Raphael Jesurun lui succéda. Il était né à Hambourg en 1678 mais avait fait ses études à Amsterdam. Il arriva avec sa femme et ses enfants en mars 1717. De nombreux marranes partirent d’Espagne ou du Portugal au début du XVIIIe siècle. Ils allèrent très nombreux à Amsterdam mais certains se rendirent directement à Curaçao.

L’un d’eux, Fray Joseph Diaz Pimienta, officiait à Marconado près de Rio Hacha en 1714. De parents juifs, il voulut le redevenir en 1715. Il étudia les textes, se fit circoncire. Il s’engagea dans les affaires commerciales avec un Anglais. Il tomba aux mains des Amérindiens puis de l’Inquisition. Pour s’en sortir, il simula la folie. Les autorités espagnoles l’envoyèrent en Espagne où on l’étrangla et le brûla. Beaucoup de marranes arrivèrent dans l’île dans la misère au cours de la décennie 1725-1735. Le dernier réfugié marrane du Portugal, un certain J. Fonseca, arriva avec ses trois enfants en 1822.

- Cet accroissement de la population incita la communauté à construire une autre synagogue en 1732, à la place de celle érigée en 1703.

- La croissance de la colonie s’accentua entre 1726 et 1745. Sous l’administration du Directeur Jan Noach du Fay 0721-1730), on tenta de régler la question des esclaves fugitifs avec les autorités de Coro. Le successeur de Du Fay fut un commissaire aux esclaves - en poste dans l’île depuis 1720 - Juan Pedro Van Collen 0730-1738).

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