Vous êtes ici: Accueil » Afrocentricité

Découvrez le mois de l’Afrique en Guadeloupe en février

par Thierry Mouelle II ©


Son dernier article: Les confidences du soleil
 Publié le 29 août 2005

5935 visites
6 réactions

 Commentez cet article

afficher une version imprimable de cet article Version imprimable

Les confidences du soleil

Hommage de l’Afrique aux victimes du crash de Madinina. "L’île appelle l’archipel et l’archipel appelle le continent" disait Aimé Césaire. Thierry Mouelle a rendu un touchant hommage aux victimes du crash de Madinina lors de la cérémonie officielle au théâtre de la main d’or. Ci-joint le texte de son allocution.

Les confidences du soleil

L’Afrique, à travers Thierry Mouelle, a souhaité rendre un hommage solennel aux victimes du crash aérien du MD 80 de la Martinique. Cette tragédie affecte tous les Kamites. Que nos ancêtres lumineux soulagent toutes les victimes.

Les confidences du soleil

Soudain le grand vide

L’aile du temps suspend son battement

Le souffle de la vie s’éteint sur la pierre

Et sur la pierre

Mon âme danse d’un pas léger

La danse du départ brusque

Alors que ma main tendue

Entend la résonance des tôles

La cacophonie des amas

Elle entend la terrible voix du silence

En cette terre de plaisance

Où accidentellement j’ai dressé

Ma tente d’éternité

*****************

Soudain le grand vide

L’aile du vent avance sa cadence

La cadence du départ devance

Ma ferme envie de rester parmi les miens

De vivre ma joie d’être

D’être debout à l’appel des sourires

Et des dents écarlates

Posés par-dessus les lisérés de soie

Ce matin

Et les autres aussi

Pour chanter le chant des cannes

L’altière symphonie des murmures de vagues

L’orage des amours et des peines vieilles de sept siècles

Et donner au pipiwit chantant

Les confidences saignantes d’une mauvaise nuit

Où la lune assassine voulut m’aspirer

Vers le néant et l’oubli des sens

*****************

Mais, les enfants, je n’ai pas pu

J’ai essayé mais je n’ai pas pu

Résister à la pesanteur qui me tendait les bras

A la vrille

Me souriant comme un boucher

Au veau qu’il élimera bientôt

Et lorsque la porte de la fin s’ouvrit vers le commencement

Juste un petit bruit me confia les mots de ce testament de vol

« Soyez heureux, je ne suis pas mort : je dors »

********************+

J’ai offert mes chairs aux anges de l’infini

Qui exécutent la chorégraphie de mes morceaux

De vie

De corps

D’être

De mes morceaux d’attente

D’espoir

D’espérance

Eparpillés un soir d’été

Au passé sanglant

Au présent d’incertitude

De tristesse

De vide

D’impuissance

Sur cette glande de destin

Décorée aux ailes de fer

Fermée aux nouvelles naissances

Prête aux mises en abîme de mon âme

****************

J’ai confié mon sang au nénuphar sacré

Donné mes os aux plastiques des mains du retard

Mon souffle dort avec moi

Dans la forge où se fabriquent les larmes du soleil

Puissiez-vous dessiner ma voix

Dans les gorges des enfants qui naissent

Dans les soupirs de ceux qui diront l’histoire

Puissiez-vous intégrer mon regard

Dans les lumières des réverbères

Qui hantent les têtes silencieuses

Pour que je voie

Ce que voient ceux qui marchent

Qui rampent

Qui coulent

Qui disent au temps

La force de l’amour

De la mémoire

Car je sais : vous à ma base

Je renaîtrai au temps d’éternité

Puisque je ne suis pas mort

Je dors

En vous

Et je suis lumière

Je suis soleil.

© Thierry Mouelle II

Paris le 27 août 2005

*En mémoire de toutes ces parties de nous rappelées à l’éternité

Lors du crash d’avion du mardi 16 août 2005 au Venezuela

Commentez cet article

Lire les commentaires (6)

Références bibliographiques:

Aucune.

Rechercher


Apprendre et découvrir