Vous êtes ici: Accueil » Afrocentricité
par Thierry Mouelle II ©
Son dernier article: Les confidences du soleil
Les confidences du soleil
Hommage de l’Afrique aux victimes du crash de Madinina. "L’île appelle l’archipel et l’archipel appelle le continent" disait Aimé Césaire. Thierry Mouelle a rendu un touchant hommage aux victimes du crash de Madinina lors de la cérémonie officielle au théâtre de la main d’or. Ci-joint le texte de son allocution.
L’Afrique, à travers Thierry Mouelle, a souhaité rendre un hommage solennel aux victimes du crash aérien du MD 80 de la Martinique. Cette tragédie affecte tous les Kamites. Que nos ancêtres lumineux soulagent toutes les victimes.
Les confidences du soleil
Soudain le grand vide
L’aile du temps suspend son battement
Le souffle de la vie s’éteint sur la pierre
Et sur la pierre
Mon âme danse d’un pas léger
La danse du départ brusque
Alors que ma main tendue
Entend la résonance des tôles
La cacophonie des amas
Elle entend la terrible voix du silence
En cette terre de plaisance
Où accidentellement j’ai dressé
Ma tente d’éternité
*****************
Soudain le grand vide
L’aile du vent avance sa cadence
La cadence du départ devance
Ma ferme envie de rester parmi les miens
De vivre ma joie d’être
D’être debout à l’appel des sourires
Et des dents écarlates
Posés par-dessus les lisérés de soie
Ce matin
Et les autres aussi
Pour chanter le chant des cannes
L’altière symphonie des murmures de vagues
L’orage des amours et des peines vieilles de sept siècles
Et donner au pipiwit chantant
Les confidences saignantes d’une mauvaise nuit
Où la lune assassine voulut m’aspirer
Vers le néant et l’oubli des sens
*****************
Mais, les enfants, je n’ai pas pu
J’ai essayé mais je n’ai pas pu
Résister à la pesanteur qui me tendait les bras
A la vrille
Me souriant comme un boucher
Au veau qu’il élimera bientôt
Et lorsque la porte de la fin s’ouvrit vers le commencement
Juste un petit bruit me confia les mots de ce testament de vol
« Soyez heureux, je ne suis pas mort : je dors »
********************+
J’ai offert mes chairs aux anges de l’infini
Qui exécutent la chorégraphie de mes morceaux
De vie
De corps
D’être
De mes morceaux d’attente
D’espoir
D’espérance
Eparpillés un soir d’été
Au passé sanglant
Au présent d’incertitude
De tristesse
De vide
D’impuissance
Sur cette glande de destin
Décorée aux ailes de fer
Fermée aux nouvelles naissances
Prête aux mises en abîme de mon âme
****************
J’ai confié mon sang au nénuphar sacré
Donné mes os aux plastiques des mains du retard
Mon souffle dort avec moi
Dans la forge où se fabriquent les larmes du soleil
Puissiez-vous dessiner ma voix
Dans les gorges des enfants qui naissent
Dans les soupirs de ceux qui diront l’histoire
Puissiez-vous intégrer mon regard
Dans les lumières des réverbères
Qui hantent les têtes silencieuses
Pour que je voie
Ce que voient ceux qui marchent
Qui rampent
Qui coulent
Qui disent au temps
La force de l’amour
De la mémoire
Car je sais : vous à ma base
Je renaîtrai au temps d’éternité
Puisque je ne suis pas mort
Je dors
En vous
Et je suis lumière
Je suis soleil.
© Thierry Mouelle II
Paris le 27 août 2005
*En mémoire de toutes ces parties de nous rappelées à l’éternité
Lors du crash d’avion du mardi 16 août 2005 au Venezuela
Aucune.
Commentaires
- 3/11/2005 02:48 par
- 5/10/2005 15:39 par Dina
- 6/09/2005 15:39 par DJIBRIL CHIMERE
- 3/09/2005 01:15 par Kanelle
- 31/08/2005 20:46 par muna-mboa (enfa
- 29/08/2005 14:59 par Abéga







