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par Jean-Philippe Omotunde © africamaat.com
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Les noirs n’ont pas attendu Victor Schoelcher pour mettre un terme à l’esclavage aux Antilles
L’histoire des Antilles est jonchée de pages d’histoires contant des évènements mémorables. C’est l’une d’elle que nous vous invitons à revivre. Nous sommes en mars 1848.
En mars 1848 en Guadeloupe et en Martinique, les esprits s’enflamment pour la enième fois. Les nègres refusent de se rendre aux ateliers et les premiers heurts commencent. L’administration coloniale reste intransigeante. Pas question de céder devant les esclaves ! La tension monte d’un cran.
Deux événements vont alors déclencher l’insurrection tout d’abord à Madininafrica :
L’arrestation de l’esclave Roumain, le 20 mai 1848, qui avait refusé d’obéir à un ordre l’obligeant de cesser de jouer du tambour,
La fusillade du Prêcheur, le 22 mai où plus d’une soixantaine d’esclaves sont tués et plusieurs autres blessés dans une embuscade tendue par les Békés (blancs propriétaires des plantations), armés jusqu’aux dents, depuis les événements précédents.
C’est la goutte d’eau qui fit déborder une coupe déjà plus que pleine et soudainement se fut la révolte ! Des centaines d’esclaves armés convergent vers Saint Pierre, les maisons des Békés brûlent et avec une rapidité incroyable, le mouvement se propage à toute l’île. Une seule chose peut arrêter les esclaves dans leur grande marche dévastatrice : LA LIBERTE !!!.
Vite dépassé par les évènements, le gouverneur de la Martinique, Rostoland, comprend que cette fois les nègres sont tous unis et déterminés. Ainsi le 23 mai 1848, courageusement, il éditât un décret abolissant officiellement l’esclavage dans cette colonie. Par ailleurs, il envoya une lettre au gouverneur de la Guadeloupe pour l’informer en ces termes :
"Nous sommes dans une position épouvantable. Hier j’avais reçu des nouvelles alarmantes de St Pierre. Je me suis rendu tout de suite dans cette ville, mais déjà une députation du Robert était venu me demander protection contre les ateliers qui refusaient en masse le travail et qui devait, disait-on, se diriger sur le Morne Vert Pré, pour se répandre là sur le Lamentin.
Après avoir ordonné quelques dispositions, je me suis embarqué pour St Pierre où je suis arrivé à 8 heures du soir. Dès 7 heures j’avais vu tout le Précheur en feu et jugé que l’incendie faisait de rapide progrès dans le quartier du fort où il avait éclaté aussi. Presque toute une rue était la proie des flammes. On évalue à 20 le nombre des victimes qui ont péri par le feu ou le fer des assassins. Le Conseil Municipal de cette grande cité, à l’unanimité avait le 22 demandé l’émancipation immédiate, réservant toutefois la question de l’indemnité. (...) J’ai cherché vainement à arrêter le mal, l’exaspération était à son comble, le peuple en pleine révolte. Ce matin, le conseil municipal est venu en masse réitérer sa demande comme mesure unique de salut.
J’ai convoqué le conseil privé, les chefs de l’administration seront ici ce soir, je pense que nous décréterons, vu l’urgence, l’émancipation, ainsi que le propose la municipalité. (...) La responsabilité est lourde mais je suis fermement décidé à en accepter toutes les conséquences heureuses si je puis, par cette mesure, sauver toute la population du danger immense qu’un plus long retard ferait naître".

- ESCLAVES COUPANT LA CANNE A SUCRE
Aucune.
Commentaires
- 9/07/2008 18:01 par Wong Kem
- 16/06/2008 19:07 par MABRAQ
- 4/06/2008 13:15 par EBA’A
- 2/06/2008 12:55 par Um Nyobè
- 31/05/2008 14:34 par mira
- 11/03/2008 19:08 par MABRAQ
- 12/07/2007 21:05 par algo
- 8/07/2007 23:11 par algo
- 4/06/2007 18:45 par gagny
- 31/05/2007 11:46 par













