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par Jean-Philippe Omotunde © africamaat.com

 Publié le 4 juin 2008

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Marcel Dorigny nous mène en bateau…

Critiques suite à un article publié dans le Monde Diplomatique.

Marcel Dorigny nous mène en bateau…

Marcel Dorigny, maître de conférences au département d’histoire de l’université de Paris VIII-Saint-Denis, publiait en novembre 2007 dans le Monde Diplomatique, un large article intitulé « une approche globale du commerce triangulaire ».

Le très futé Marcel Dorigny dit la « Doublure », un peu comme Harry Roselmack sur TF1 vis-à-vis de PPDA, remplace quelques fois Olivier Pétré Grenouilleau (historien autoproclamé spécialiste des traites négrières) sur ses thèmes fantasmagoriques favoris (approche globale, traite interne africaine, vente de pacotilles, etc.). Reste à trouver le Raymond Domenech de cette équipe d’historiens fatigués et fatiguants chargés aujourd’hui encore, de nous mener en bateau.

Pourquoi très futé ? Parce que bien qu’il ait formulé par écrit des critiques fondées sur l’ouvrage d’O. P. G. « les traites négrières : essai d’histoire globale » dans la revue « Hommes et Libertés », paru en septembre 2005 en targuant le livre de n’être qu’un argumentaire de dédouanement de l’Europe face à son Crime, notre Mr Hyde Dorigny, reste un fan grenouillesque en embuscade, a l’insu de son plein gré (pour paraphraser un cycliste célèbre).

Ainsi, si M. Dorigny proclame que «  Tant dans les milieux scientifiques que militants et associatifs, l’histoire des traites négrières a fait l’objet de nombreuses controverses », il convient de rappeler que Steven Hahn, universitaire US et adhérent lui aussi au fan club de Grenouilleau, affirmait dans le Monde Diplomatique de mai 2006 que «  Le commerce négrier est ainsi devenu un sujet explosif, sur lequel la désinformation n’épargne même pas un public instruit.  ». Désinformation orchestrée par qui ? Pourquoi ? Et dans quel but ?

Car bien que l’esprit de la Loi Taubira proclame que l’on ne peut valider contre les victimes l’argumentation des bourreaux (c’est en substance ce que stipule précisément Simone Weil), force est de constater que le soit disant Comité fondé pour orchestrer les modalités de la Loi Taubira (commémoration du 10 mai, enseignement scolaire) semble avoir vendu son âme au diable, que dis-je à Grenouilleau !

En fait Dorigny ne serait-il pas un peu comme Fantomas. Lorsqu’il enlève le masque, on voit Grenouilleau ! Même technique, mêmes falsifications, même combat ! Et même donneur d’ordre ? Qui sait ?

Auteur de l’ouvrage "Histoire de l’esclavage : critique du discours eurocentriste" publié en 2008 aux éd. Menaibuc, JP Omotunde, revient sur les vices de forme de l’article publié par le Monde Diplomatique :

M Hyde Dorigny : La traite orientale s’inscrit dans la continuité des pratiques esclavagistes des sociétés de l’Antiquité classique : l’Egypte ancienne, la Mésopotamie, l’Empire romain, notamment, ont abondamment eu recours aux esclaves africains pour le travail agricole et la construction des édifices publics et des routes, mais également pour la domesticité.

JP Omotunde : De l’aveu de tous les historiens sérieux, la Rome antique, la Grèce et la Mésopotamie n’ont utilisé que très peu d’esclaves noirs. L’immense majorité des captifs était surtout d’origine européenne ou orientale.

Par exemple, Cicéron, home d’état romain (106 – 43 av. l’ère chrétienne) parlait des Syriens et des Juifs comme des "Nations nées pour l’esclavage . Le Code d’Hammourabi rédigé sous le roi Hammourabi de Babylone vers 1750 avant l’ère chrétienne concernait les captifs des cités babyloniennes rivales. Enfin, l’écrivain Athénée de Naucratis nous révèle qu’au IIIème siècle après l’ére chrétienne, l’unique recensement fait par Démétrios de Phalère dans l’Attique révéla qu’ils y vivaient 21 000 Athéniens, 10 000 métèques pour 400 000 esclaves d’origine essentiellement européenne (non athéniens). Cet extraordinaire rapport de proportion dévoile que les esclaves représentaient 92 % de la population athénienne. C’est précisément le taux d’esclaves sur la plantation française de St Domingue au XVIIIème siècle.

Quant à l’ Égypte ancienne, les égyptologues qui ont consacré des travaux à la condition servile en Egypte ancienne (exemple : Bernadette Menu, Alain Anselin, Jean Baillet…) sans oublier J.P Omotunde et René-Louis Etilé à l’Institut Africamaat ont déjà démontré que la thèse de l’esclavage en Afrique ancienne est totalement fausse ! « Rien ne permet de déceler, dans l’Egypte pharaonique, la moindre trace d’un esclavage privé » proclame Bernadette Menu, directrice de recherches au CNRS. Pour appuyer ses dires nous rappelons qu’il n’existe aucun déterminatif et aucun mot pour désigner l’esclave en langue pharaonique. Ceci laisse donc un boulevard ouvert à tous ceux qui font de la prestidigitation historiographique au lieu de faire de l’histoire en se basant sur des faits scientifiques.

M Hyde Dorigny : La traite intra-africaine, principalement fondée sur la mise en esclavage des prisonniers de guerre, a existé sur une période plus longue encore, dont il est extrêmement difficile de fixer la durée faute de sources.

JP Omotunde : Notre lecteur constatera d’une part que l’auteur, même en absence de sources historiques, est capable d’émettre des certitudes qu’il reste incapable de prouver (démarche eurocentriste classique). D’autre part, il compare avec une grande légèreté, le résultat d’un conflit armé bilatéral avec la déclaration de guerre unilatérale proférée par l’Europe (Via la Bulle Papale de 1454) envers l’Afrique noire et a même l’audace de parler de "paiement des esclaves sur les côtes africaines" alors que les Portugais les ont bombardé. Car si à l’issue d’une attaque armée contre l’Europe qui aurait tournée au fiasco, les Africains avaient été mis en esclavage, je n’aurai même pas parlé. Mais là, c’est de la fourberie à l’état brut ce que dit Dorigny. D’autant plus qu’en 1795, Mr Abson alors gouverneur anglais, discutant avec le roi du Dahomey justement de ce sujet, a bien consigné sa réponse : « Weibagah (l’ancêtre du roi qui parle) vendait-il ses esclaves ? Non, il les a toujours fait périr sans excepter un seul. Et qu’aurait-il pu en faire ? Les laisser subsister pour qu’ils égorgeassent ses sujets : c’eût été là une misérable politique assurément. S’il l’eut adopté, le nom des Dahomans serait effacé de la mémoire des autres nations ».Faire périr ses captifs était la solution retenue pour décourager d’éventuels autres agresseurs.

M Hyde Dorigny : La traite négrière coloniale européenne présente des caractéristiques radicalement nouvelles, à la fois qualitatives et quantitatives. A la différence des précédentes, elle fut massivement racialisée : seuls les Noirs d’Afrique en furent les victimes, au point de faire du mot « nègre » un synonyme d’esclave dans la langue française du XVIIIe siècle.

JP Omotunde : L’Europe possède un mode de fonctionnement immuable et veut jouer aujourd’hui à la veuve épeurée. Autrefois, l’Europe avait tribalisé la pratique esclavagiste née en son sein, en donnant au mot « esclave » ou « slave » en anglais, le nom des habitants blancs de l’Europe orientale, à savoir les Slaves. Razziés et vendus comme esclaves aux Arabes à Venise, où ils étaient déportés déjà par bateau, ces Slaves ont vu leur propre nom, devenir la définition de cette condition servile (esclave, esclavage, esclavagiste, esclavagisme… tous ces mots découlent du nom des Slaves). Par conséquent, parler d’esclave en Afrique est un non sens étymologique et historiographique car il désigne, dans le champ sémantique définit par Aristote, des blancs captifs ! Chose passée sous silence par l’auteur.

Là où il y a vraiment une nouveauté introduite par l’Europe, c’est la chosification de l’esclave ! Voilà le Crime supplémentaire commis car le captif perdait son humanité, son nom, sa culture, ses croyances, sa langue et était introduit en tant que « Bien meuble » dans la colonie, au regard du Code Noir de Colbert. C’est du jamais vu !!!!! Voila pourquoi Dorigny évite soigneusement cet aspect fondamental du problème : la plantation concentrationnaire de production de canne à sucre, de coton ou autre. Pourquoi passe-t-il sous silence les profits dégagés par ces plantations ? Et les profits massifs générés en France ? Est-ce un roi nègre qui a écrit le Code Noir ? Pourquoi passe-t-on sous silence les 190 000 millions de francs or payés par les anciens esclaves Haïtiens (intérêts compris) aux colons français en échange de leur liberté ? Pourquoi cache-t-on le massacre des Indiens de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Guyane et d’ailleurs par les Français ? Des individus qui massacrent d’un côté de l’atlantique les indiens auraient payé des captifs africains de l’autre ???? Mais quelle blague !

En conclusion…

Sans rire…

Si je vous dis que M. Dorigny est un Membre éminent du Comité pour la mémoire de l’esclavage, présidé par Maryse Condé et du Comité de réflexion et de proposition pour les relations franco-haïtiennes, présidé par Régis Debray et que par conséquent, son rôle est de veiller au respect de la mémoire des victimes et de leurs descendants ?

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