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Mobilisation noire massive en Louisianne !
Y-a-t-il des relents ségrégationnistes en Louisiane ?
Source : 20minutes.fr - éditions du 21/09/2007
Manifestation de soutien à 6 jeunes Noirs inculpés de tentative de meurtre à Jena. Cette petite ville de Louisiane est secouée depuis des mois par cette affaire de racisme connue sous le nom de « Jena 6 », Etats-Unis, le 20 septembre 2007.
Comme un relent de ségrégationnisme dans l’air.
Des milliers de manifestants, très majoritairement noirs, ont défilé jeudi à Jena, une petite ville de Louisiane de 3.000 habitants, dont 85% de blancs et 12% de noirs, secouée depuis un an par des tensions racistes.
Venus en train, en car ou en voiture, marchant derrière plusieurs figures du mouvement pour les droits des noirs-américains, comme le fils de Martin Luther King, les manifestants ont pris pacifiquement d’assaut les rues de la ville, selon les images des chaînes de télévision américaines. Ils dénoncent un retour des vieux démons du sud américain.
Des cordes aux arbres
L’affaire éclate en 2006, quand trois adolescents noirs s’assoient dans la partie de la cour de leur lycée tacitement réservée aux blancs, à l’ombre d’un arbre.
Le lendemain matin, trois cordes de pendus apparaissent sur l’arbre. Une image qui rappelle les lynchages répandus dans la région, il y a seulement quelques dizaines d’années.
Evoquant « une farce », la direction de l’établissement suspend les lycéens blancs responsables pour trois jours. Dans les mois qui suivent, plusieurs incidents violents éclatent. Une aile du lycée est incendiée, puis un lycéen noir est battu après s’être montré dans une fête à laquelle n’étaient conviés que des blancs.
Quelques temps plus tard, un jeune blanc fait mine de tirer sur trois adolescents noirs dans un magasin. Et le 4 décembre, un autre adolescent blanc, Justin Barker, est agressé et légèrement blessé par un groupe de noirs alors qu’il sortait du gymnase du lycée.
Deux poids, deux mesures
La plupart des blancs impliqués dans les violences n’ont pas été poursuivis. Mais six lycéens noirs soupçonnés d’être les auteurs de l’agression au gymnase ont été arrêtés et inculpés de tentative de meurtre et d’une combinaison d’autres crimes qui pourraient leur valoir la réclusion à perpétuité.
De nombreuses associations noires-américaines ont pris la défense de ceux qu’ils ont baptisés les « Six de Jena ». « Les poursuites ne sont pas justifiées (...). Une chaussure de tennis n’est pas une arme mortelle », dénonce ainsi une pétition qui a déjà recueilli des milliers de signatures.
« Malheureusement, ce genre de problème n’est pas limité à Jena », a expliqué Dennis Parker, directeur du programme de lutte contre le racisme au sein de la puissante association de défense des libertés ACLU, évoquant une situation « emblématique » d’une tendance à envoyer facilement en prison de jeunes Noirs.
Bush assure suivre l’affaire
« Les événements en Louisiane m’ont attristé, et je comprends les émotions », a pour sa part déclaré George W. Bush, en réponse à une question sur la manifestation de Jena au cours d’une conférence de presse jeudi. Rappelant son attachement à « l’équité de la justice », il a assuré que le ministère de la Justice suivait l’affaire.
Un seul des six inculpés a pour l’instant comparu : Mychal Bell, 17 ans, a été reconnu coupable en juin de coups et blessures par un jury exclusivement blanc. Une audience était prévue ce jeudi pour fixer sa peine, mais une cour d’appel a annulé le jugement la semaine dernière, ordonnant que l’adolescent, qui avait comparu devant un tribunal pour adultes, soit jugé comme un mineur.
« Il n’y a pas d’égalité », a déploré sur CNN Tina Jones, mère de l’un des « Six de Jena ». « Les noirs reçoivent la peine la plus lourde que la loi propose, tandis que les blancs s’en tirent avec une tape sur les doigts. »
Aucune.
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