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Colloque International Kamit Menaibuc 2010

par admin ©

 Publié le 24 juin 2006

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Ni noirs ni blacks et surtout...surtout, chacun chez soi

Les chiens aboient, la caravane kamite passe !

Ni noirs ni blacks et surtout...surtout, chacun chez soi

- Analyse pertinente de Piankhy

La commémoration de l’abolition de l’esclavage en mai dernier a donné lieu à une véritable libération de la parole jusqu’ici retenue. Subséquemment, on eut droit à un largage de fiel qui permit enfin de mieux appréhender les petites guéguerres qui se tramaient dans un certain monde associatif. Depuis maintenant plusieurs semaines, le Collectif DOM se montre peu avare en communiqués où la mauvaise foi le dispute à la bêtise, à l’outrance et à la démagogie. La cible de ces communiqués ? Le CRAN, à qui le Collectif DOM reproche de s’approprier un combat - celui pour la mémoire des esclaves - que les associations domiennes menaient depuis toujours. En réalité, il reproche surtout la reconnaissance du CRAN par les autorités officielles du gouvernement qui en ont fait un interlocuteur privilégié au détriment de ceux qui auraient voulu être califes à la place du calife.

Dernièrement encore, le même Collectif - par la voix de Claude Ribbe - a tenté d’impliquer Stéphane Pocrain et le CRAN dans la descente de la Tribu Ka rue des Rosiers en affirmant que tout était lié : « La tribu Ka constitue l’aile extrême d’un mouvement ’’ noiriste’’ et communautariste favorisé par l’apparition d’un Conseil représentatif des associations noires de France (Cran ). Ce mouvement, qui ne représente que ses responsables (Patrick Lozès, Louis-Georges Tin) et ses soutiens politiques, universitaires ou médiatiques (Stéphane Pocrain, Fodé Sylla, Pap Ndiaye) est condamné par toutes les associations d’outre mer et par la majorité des associations africaines ». Raison supplémentaire pour dissoudre et la Tribu Ka et surtout le CRAN.

Mettons les choses au clair tout de suite : il y a deux aspects à retenir dans ces communiqués :

- La mise à l’écart des groupes associatifs qui se sont toujours impliqués dans ce combat commémoratif au profit du CRAN, défini comme nouvel interlocuteur privilégié.

- Le manque de précautions oratoires de ceux qui se répandent en discours menaçants et généralisants qui suintent l’aigreur.

En ce qui concerne la création du CRAN et la prévalence de celui-ci dans le dialogue « communautaire », force est d’admettre que le sentiment de trahison est parfaitement compréhensible puisque le tout-jeune CRAN s’est quasiment substitué aux associatifs historiques qui honoraient ces commémorations jusqu’ici. Les autorités, dans un élan qui fleure bon le colonialisme, fantasment sur un dialogue socio-communautaire avec des interlocuteurs idéaux et, quand elles ne les trouvent pas, les fabriquent en leur construisant une légitimité en quelques mois.

Si le premier aspect est parfaitement plaidable, le deuxième, quoiqu’il soit le corollaire du premier, est quant à lui tout simplement ignoble et d’une évidente mauvaise foi. Pour ceux qui restent à l’écart de toutes ces associations d’autoproclamés jurant parler «  au nom de » alors que personne ne les a élus, les premiers billets anti-CRAN de Claude Ribbe avaient de quoi étonner par leur virulence. On ne comprenait pas tant de violence. Dans celui nommé « Le zouk du cran », on peut comprend que le CRAN essaye « de s’approprier ce que font les autres » et qu’il ne se compose que d’une «  poignée de béni-oui-oui [...]ouvertement raciste, [ qui ]exacerbe l’extrémisme et l’intolérance ». Il apparaissait que la violence du verbe exprimé ici était avant tout attachée à la carnavalisation des commémorations liées à l’esclavage que le CRAN se destinait à réaliser en organisant un concert pour le 10 mai.

Une autre salve arrivera avec le président du Collectif DOM. Le nom du papier ? « Le CRAN porte la haine entre Noirs et Blancs » (1) : « Le CRAN prétend représenter les Noirs en France, unis par la seule couleur de peau qui les déterminerait. Les médias surenchérissent en fantasmant sur le vote noir, la question noire, la communauté noire...Cette vision est fondée un pré-supposé raciste, directement issu de l’esclavage et de la colonisation : contrairement aux Blancs, les Noirs seraient des êtres inférieurs qui n’ont pas de conscience sociale et politique, d’identité, de problématiques personnelles et collectives... :_ Sans papiers, immigrés, Français d’origine africaine, originaires d’outre-mer, tous les mêmes, ils sont noirs._ Droite, centre, gauche, extrême-gauche : ils sont noirs.

Chrétiens, musulmans, animistes, polygames, pratiquant l’excision : pas de différence

Pauvres/riches, jeunes/vieux, noirs/métis plus ou moins clairs : peu importe, ils sont identiques.

Aurait-on l’idée de dire à un Français « blanc » que du fait de sa seule couleur de peau, il aurait la même problématique qu’un Russe ou un Finlandais ? A l’évidence non.

Accepterait-on une association blanche excluant les Noirs comme le revendique le CRAN, qui ne permet pas à un blanc d’en être membre (ils ont créé les amis du CRAN pour éviter justement de devoir rendre des comptes sur cet apartheid) ? Clairement non.

Avec trois grands-parents blancs et un grand-parent noir, est-on noir ? Y aurait-il une pureté de la race blanche qui serait ternie par la moindre goutte de sang’’ noir’’ ? »

Notons que cet argumentaire pourrait très bien être utilisé pour affirmer qu’il n’existe aucune légitimité en ce qui concerne l’existence d’une association représentative des Domiens puisque « pauvres/riches, jeunes/vieux, noirs/métis plus ou moins clairs : peu importe, ils sont identiques » aux yeux de certains.

Reconnaître qu’il y a des Noirs en France ne constitue pas en soi une construction raciste ou même racialiste du genre humain, comme il est arrogamment postulé ici. C’est le racisme qui est venu se greffer sur le constat du réel et ce constat faisait état d’une diversité de types physiques en ce qui concerne les individus peuplant la terre. Quand les Peaux-Rouges évoquaient les « visages pâles » il n’y avait aucune projection hiérarchisée d’essence raciale qui faisait de ces derniers des inférieurs. C’était pour eux une simple description somatique qui distinguait ces nouveaux venus des locaux qu’ils étaient habitués à voir.

En revanche lorsque les Français du XVII ème siècle appellent les Indiens Caraïbes, les « sauvages », on sait à quoi s’en tenir. Le racisme existait avant la construction idéologique et scientifique du terme « race ». Ce n’est pas le concept de race qui le créé, il ne fait que le rationaliser en lui donnant un cadre normatif.

Chronologiquement, le mot « racisme » est élaboré largement après celui de « race » alors qu’ en tant que représentation abstraite, il lui est largement antérieur. Il existait du racisme avant même que le mot n’existe et avant même que l’on ne parle de race. Ce sont donc les mots qui sont venus caractériser des convictions préexistantes. Ce n’est qu’au XVIII ème siècle que l’on commença à employer le terme de race pour désigner les groupes humains sur la base de caractères physiques communs. Avant cela, l’utilisation du terme avait deux sens : l’un pour déterminer les lignées royales et l’autre dans le cadre animalier. Le « sang impur » évoqué dans la Marseillaise n’est autre que le sang de la « race » des nobles, puisque ceux-ci étaient perçus comme les descendants des envahisseurs Francs ( donc des rejetons de Germains ) tandis que le Tiers-état ( le troisième ordre de l’Ancien Régime venant après le clergé et la noblesse ) représentait, lui, le vrai peuple gallo-romain de France dans toute sa quintessence.

Ce n’est donc pas la race en tant que vocable qui fonde le racisme et encore moins sa réalité puisque nous savons que les races n’existent tout simplement pas : il n’existe qu’un genre qui est homo, qu’une seule et unique espèce dite homo sapiens - l’être humain - et aucune subdivision de cette espèce en « race » n’a été démontrée jusqu’ici. Le racisme se constitue donc à partir d’un processus d’interprétation des différences physiques et/ou culturelles entre les hommes qui sont vues comme autant de preuves d’une subdivision de l’espèce humaine - homo sapiens - en entités raciales/biologiques pouvant ensuite être hiérarchisées à des fins d’exclusion, d’exploitation, de domination, d’extermination etc.

Claude Ribbe dans un autre article titré « Et pan sur le bec ! » poursuit ses attaques anti-CRAN :

« Ces messieurs, téléguidés et financés par des lobbies racistes, annonçaient franchement la couleur. Au xxie siècle, un mouvement créé au nom de la race, il fallait oser ! »

Qui sont les lobbies racistes en question ? Qui parle au nom de la race ? Visiblement Claude Ribbe a de grandes difficultés à différencier « race » et dénonciation du racisme. Pour lui la « Société des Amis des Noirs » de Mirabeau, l’abbé Grégoire et La Fayette doit équivaloir au KKK et la négritude [ il se trouve que le Collectif DOM lança récemment un appel pour rendre hommage à Aimé Césaire, le chantre d’un « mouvement raciste » selon sa manipulation définitionnelle du terme ] serait le pendant de l’idéologie national-socialiste allemande.

Malheureusement, les idées n’ont de sens qu’à travers les valeurs qu’elles portent et les valeurs du CRAN, quoique critiquables sur plusieurs plans, n’ont pas grand-chose de commun avec celle d’une organisation raciste.

D’autant que sur le site du CRAN, il est bien précisé que :

« A la question "qui est noir ?" nous ne répondons ni par des arguments de nature (qui renverraient à une conception biologisante de la race) ni par des arguments de culture (qui renverraient à l’infinie variété des différences culturelles entre les hommes) mais par des arguments sociopolitiques : dans les sociétés où ils sont minoritaires, est noir celui qui est réputé tel, est noire, a minima , une population d’hommes et de femmes dont l’expérience sociale partagée est celle de discriminations subies en raison de la couleur de leur peau. Les Noirs ont en commun de vivre dans des sociétés qui les considèrent comme tels. Le plus souvent, ils n’ont pas le choix d’être ou de ne pas être tels qu’on les voit. Pour paraphraser les propos de Sartre, un Noir est un homme que les autres hommes tiennent pour noir. »

On voit clairement ici la mauvaise foi des divers papiers d’un Collectif DOM qui feint la détection d’une évocation biologisante du Noir pour arguer d’un racisme fantasmé qui l’arrangerait pour discréditer un concurrent. Il en est ainsi de la question sur les «  métis plus ou moins clair » posée par Karam, comme si c’était la biologie qui définissait le Noir moins que le phénotype ou moins que la manière dont il se définit lui-même.

La définition biologisante du Noir pourrait en revanche plus facilement se retrouver dans la bouche de ceux qui partagent les « valeurs » du Collectif DOM, de Claude Ribbe (2) et des défenseurs de la créolité. Ce serait mais alors un jeu d’enfant de décortiquer les différentes analyses de tous les adeptes du « je ne suis pas noir j’ai du sang indien et chinois », pour constater qu’il y a là une authentique définition biologisante du Noir qui présuppose l’existence de races pures ayant été altérées par le mélange au point que ceux qui en descendent ne puissent plus se prévaloir d’être noirs. Chiche ? Comme l’écrivait l’anthropologue Jean-Luc Bonniol, « il y a un là paradoxe qui n’a peut-être pas suffisamment retenu l’attention des analystes : l’idée de métissage procède du même argumentaire essentialiste que la " race ", et le point central du paradoxe réside dans le fait que ce sont les antiracistes "scientifiques" qui récemment , en ont chanté les louanges, au moment même où ils le niaient en rejetant les distinctions raciales » (3)

Maintenant, chacun a le droit de se déterminer comme il veut. Mais lorsqu’une exclusion touchant des Noirs est constatée et indexée, que ceux qui fanfaronnaient jusqu’ici en revendiquant de ne surtout pas être noirs, aient la décence de fermer leur clapet et évitent d’intervenir sur des sujets qui, rappelons-le, ne les regardent pas. Et ce droit inaliénable qui est le leur de ne pas se sentir concerner par tel ou tel sujet ne décrète en rien l’interdiction de la prise en compte d’une exclusion ou d’une souffrance réelle. Il est bien trop facile de revendiquer avec force de ne pas être noir lorsqu’il s’agit de se distancer des gens à problèmes puis de le devenir par intérim quand il s’agit de profiter de la « discrimination positive » ou lorsqu’ il faut détruire ce que font ceux qui agissent - la soudaine couleur noire servant dans ce cas précis de caution morale. Un peu de logique et de bon sens ne font pas de mal.

Dans le Vrai Journal de Karl Zéro, on a entendu le président du Collectif DOM affirmer que la différence existant entre un Guadeloupéen catholique et un Africain musulman et polygame démontre, si besoin en est, l’absurdité de l’évocation d’une « question noire ». Seulement, il n’a jamais été dit nulle part que la prise en compte des exclusions spécifiques que peuvent subir les Noirs dans cette société fortement marquée par le racisme soit le prélude d’une revendication d’une nature ontologique commune de tous les Noirs. À quoi rime donc ce type de commentaires, si ce n’est sous-entendre, sans avoir le courage de le dire, « on ne veut pas se mélanger à ces gens-là » ?

On notera d’ailleurs que le président de ce Collectif DOM, Patrick Karam, est antillais d’origine libanaise et que lorsqu’il évoque des Noirs français d’ascendance africaine il les nomme toujours « les Africains ». Il rattache donc leur nature à une origine, même pas culturelle, mais clairement anthropologique. Ce qui dans son cas ne devrait pas en faire un « Antillais » mais un Arabe, puisque c’est ce qu’il est sur le plan anthropologique.

Ceci étant dit, la « question noire », qu’elle existe ou non, le regarde en quoi à partir de ce moment ? Si certains Noirs peuvent être amenés à se réunir pour s’occuper d’affaires importantes pour eux - et inintéressantes pour les autres, sinon pourquoi n’en ont-ils jamais parlé naturellement ? - c’est parce qu’ils ont une conscience en mesure d’appréhender des réalités qui indiffèrent la majorité des Français antiracistes. Le cliché raciste par excellence c’est donc de dire : les Noirs se réunissent sur la base de leur couleur de peau. Et de sous-entendre par ce biais que l’ensemble des dispositions qui constitue le mobile de leur rassemblement ne repose que sur une coloration en niant l’évidence discriminatoire et le mépris qu’affichent les antiracistes institutionnels sur tout un tas d’aspects échappant à leur grammaire antiraciste ethnocentrée. L’antiraciste de base aura tendance a évoquer le fait qu’il ne soit pas raciste et affectera de mettre en avant ses affinités avec des gens colorés. Le racisé, lui, sauf quand c’est un aliéné, n’en a que faire de ces sornettes et exige la prise en compte de ses problèmes. Car s’il dénonce le racisme c’est moins par complexe d’infériorité que par souci des injustices que celui-ci génère.

C’est donc moins la couleur de peau qui caractérise leurs affinités que la conscience socio-politique de contestation ( dans le sens d’une remise en cause ou d’un refus des valeurs qu’une société et ses institutions se croient obligées d’imposer à tous au nom du bien ) qu’ils se sont forgés.

De plus, la culture n’est pas le seul déterminant qui construit l’identité. Une communauté d’idées ou de conscience ça existe aussi et c’est justement parce qu’elle pulvérise les principes ethnocentrés des gardes-chiourmes communautaristes que ces derniers y voient un danger pour leur fond de commerce. En France, le Noir originaire du Sénégal, du Congo, des Antilles, des Comores etc. ne constituent plus que des Français dont les caractères somatiques les distinguent des autres Français : il y a plus de Noirs français que de Noirs étrangers en France. S’ils se battent dans une société qui est la leur, ce n’est pas en tant que membres de leur ethnie d’origine puisque ce n’est pas au nom de cette ethnie d’origine ou de la tribu à laquelle ils appartiennent qu’ils sont ostracisés (4).

Dans ce sens, certains d’entre eux peuvent se retrouver sur une base d’idées communes fondées sur leur propre expérience du réel et de la conscience qu’ils ont développés par rapport à ce vécu, tout comme des prolétaires édifient une conscience social par rapport à l’exploitation qu’ils subissent eux et leurs parents. Il n’y a donc vraiment rien d’extraordinaire.Le problème est moins lié à une défense d’une cause qu’à l’interlocution entre autorités et « représentants légaux des Noirs », pompée sur le modèle religieux qui a vu naître l’UOIF - union des organisations islamiques de France. Ceux qui défendent leur cause n’ont pas à parler au nom des Noirs ou de la « communauté noire » mais à soutenir un point de vue qui peut effectivement relater un problème les concernant. Ce qui n’est pas la même chose.

La gestion des autorisations

L’autre angle d’attaque du Collectif DOM et de Claude Ribbe est la mise en avant de la légitimité des Domiens sur l’esclavage tandis que la traite serait l’affaire des Africains. C’est une gestion des autorisations que l’on pourrait appeler le « chacun à sa place ». Et ceux qui professent cette règle savent de quoi ils causent...puisqu’ils ont porté plainte contre la société Nutrimaine pour dénoncer l’imagerie coloniale du « Noir Banania » symbolisée par le tirailleur domien, pardon sénégalais. En fait, le Collectif DOM a totalement remanié sa dialectique depuis l’avènement du CRAN. Car lorsque l’on va sur leur site officiel, les archives trahissent les prises de position du moment. Les Noirs n’existent pas mais pourtant le Collectif DOM se plaindra des propos de Max Gallo qui affirmait ne pas savoir si Napoléon était un criminel de guerre :

« L’esclavage a été rendu possible par la négation de la qualité d’être humain des noirs, supposés de pas avoir d’âme mais être de simples objets. Est-ce la raison pour laquelle Max GALLO considère que la souffrance des noirs est moins importante que celle reconnue, à raison, pour les Juifs ou pour les Arméniens ? Falsificateurs au regard de l’histoire : Il s’agit d’une tentative de minimiser l’esclavage des noirs, système odieux dans son organisation et implacable dans sa réalité avec son cortège de déportation, de morts, de viols, de violences, de reniement de l’être et des droits. Max GALLO qui veut exonérer de ses fautes NAPOLEON BONAPARTE prend la grave responsabilité de réécrire l’Histoire »

Claude Ribbe, en janvier 2005, intitule un de ses articles « Pour un centre de l’Amérique africaine » et s’indigne « qu’il n’existe en France aucune institution [...] qui a vocation de faire connaître l’histoire et les cultures de la diaspora africaine ». Puis il appuie l’idée d’un centre des peuples de la diaspora africaine : «  L’Amérique étant, à ma connaissance, plus africaine que latine, à quand le centre de l’Amérique africaine ? ». C’était il y a un peu plus d’un an, bien avant la naissance du rival...

Patrick Karam défend depuis assez longtemps l’idée que l’esclavage ne concernait que les Antillais. Claude Ribbe l’a finalement rejoint dans cette position après avoir tergiversé pendant des jours en tournant autour du pot. On sentait bien qu’une bombe allait être lâchée sur son blog, ne serait-ce que dans le constat de la manière dont il commençait à nommer les « suppliciés » du CRAN en précisant avec une inquiétante insistance leur origine ethnique pour bien faire enregistrer à ses lecteurs que ces gens ne sont pas de la même nature qu’eux : Pap N’Diaye est un français « d’origine sénégalaise » et Patrick Lozès un « fils de ministre de l’ex-Dahomey » :

« Car l’esclavage est encore une autre tragédie dont l’existence d’une diaspora africaine en Amérique est la preuve vivante. Pour ce qui est de la France, les départements de l’Outre-mer sont toujours marqués par cette tragédie. Quant à Haïti, dont ces messieurs noiristes ne parlent guère, c’est une véritable horreur. La traite concerne donc les Africains tandis que l’esclavage concerne les Antillais, les Haïtiens, les Sud-Américains, les Africains-Américains, les Réunionnais, les Mauriciens qui descendent de ceux qui, déportés d’Afrique, ont eu à subir la condition d’esclave. C’est donc bien en priorité aux habitants des départements d’Outre-mer et à ceux qui, comme moi, en sont issus, de s’occuper de la mémoire de leurs ancêtres et de leurs compatriotes. Voici une évidence qui ne devrait choquer aucun Afro-Français. Il n’y aurait aucun problème pour moi si quelques-uns d’entre eux ne s’étaient arrogé, depuis quelques mois, le droit de s’exprimer au nom de l’Outre-mer. Tout cela, bien entendu, avec l’appui de certains politiques particulièrement cyniques, mais qui paieront leurs manœuvres au prix fort d’ici quelques mois, qu’ils se le tiennent pour dit ! »

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