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par Jean-Philippe Omotunde © africamaat.com
Chercheur en Histoire, co-fondateur du site africamaat.com et de l’Institut Africamaat, concepteur de la revue Afrik@raïbes mag, JP Omotunde est un Kamit originaire de la Guadeloupe (Karukéra).
Ses ouvrages publiés aux éd. Menaibuc :
L’origine négro-africaine du savoir grec
Les racines africaines de la civilisation européenne
La traite négrière européenne : vérité & mensonges
Discours afrocentriste sur l’aliénation culturelle
Les Humanités classiques africaines pour les enfants
Manuel d’études des Humanités Classiques Africaines
Histoire de l’esclavage : Critique du discours eurocentriste
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Son dernier article: Propagande sur l’histoire du (...)
Platon et Aristote : les deux piliers de la pensée occidentale.
Les Européens sont soit platoniciens ou soit aristotéliciens dans leur manière de voir le monde, dans leurs rapports avec autrui et dans leur manière d’appréhender leur société. Quelques explications.
Deux hommes, forts célèbre au demeurant, illustrent à eux seuls le dualisme du paradigme occidental. Pour les mettre en valeur tout en exprimant leurs points de divergence, le peintre Raphaël, dans sa fameuse toile intitulée "L’école d’Athènes", les a représenté dans une posture qui dévoile l’essence même de leur pensée : Platon pointe l’index vers le ciel tandis qu’Aristote tend la main gauche vers la terre.
Ils ont tous deux, délimité toutes les manières de penser, d’analyser, de débattre, de classer et d’appréhender les éléments de la vie qu’utilisent aujourd’hui tous les penseurs occidentaux. Ensemble, ils ont élaboré les fondements de la vie sociale, les règles de la dialectique européenne et les missions affectées aux choses et aux hommes.

- PLATON ET ARISTOTE
- PEINTURE DE RAPHAËL
Ces deux hommes que tout oppose ont pourtant entretenu un rapport élève/maître. En effet, pendant près de 20 ans, Aristote fut l’élève de Platon avant de devenir son adversaire le plus virulent. Même la pensée spirituelle européenne n’échappe pas à leur influence. L’analyse de la "Vulgate" faite par les pères de l’Eglise, la première traduction latine de la "Septante", restait encore sous l’emprise de ces deux maîtres de la pensée de la Grèce ancienne lorsqu’il s’agissait d’appréhender le divin.
Ces deux trajectoires philosophiques diamétralement opposées, symbolisent à merveille les deux modes de penser des intellectuels européens. Platon le philosophe, dévoile son penchant idéaliste, à travers ses abstractions, ses dialogues et ses pensées mystiques. Aristote le rationaliste, reste soucieux des choses matérielles, des inventaires méthodiques et de la systématisation. Le premier cherche, s’interroge sur les raisons du monde, de notre existence sans jamais se lasser d’explorer. Le second cherche à comprendre le fonctionnement des choses, les causes et les effets des choses. L’un dessine les contours d’une citée idéale placée sous l’influence des "philosophes rois" dont la mission serait de guider, au nom du bien, la communauté humaine. L’autre s’attache à élaborer un ordre social en justifiant les inégalités sociales.
Vous l’avez compris, les Européens, fortement influencé par ces idées, sont soit platoniciens ou aristotéliciens dans leur manière de voir le monde, dans leurs rapports avec autrui et dans leur manière d’appréhender leur société. Vous leur rajoutez un piment de Cayenne de "sentiment de supériorité" et vous aurez compris leur mode de fonctionnement. Ainsi, peu importe leur penchant pour l’un ou l’autre, seuls leurs expériences historiques et leurs parcours philosophiques remplissent les critères (à vrai dire pigmentaires) requis pour être frappés du sceau de "l’Universalisme". C’est ce penchant eurocentriste dogmatique qui a été épinglé sévèrement par la philosophie de l’afrocentricité.
Car frustrés dans leur orgueil « racial », les historiens occidentaux préfèrent généralement occulter les 13 années d’apprentissage philosophique de Platon auprès des prêtres africains de l’Egypte ancienne, dans le temple d’Iounou (Héliopolis). Strabon lui-même a avoué avoir visité la chambre d’étudiant de Platon en Afrique noire. Aristote, précepteur du jeune Alexandre le Grand (le grand destructeur de civilisations) s’est manifestement lui aussi beaucoup abreuvé de littérature égyptienne surtout lorsqu’il démontre que la diversité de ce qui constitue l’univers exprime une unité (il fait ici référence à l’idée du "Noun" égyptien) ou encore lorsqu’il atteste que l’Egypte est le vrai berceau des sciences mathématiques (Cf. Métaphysiques).
Reste que baigné dans une société imprégnée d’injustice, d’inégalités et de vices en tout genre, ces deux mastodontes de la pensée européenne sont à manipuler avec des pincettes. En effet, Aristote fut le premier à justifier avec une rare virulence, l’esclavage et l’assimilation de l’homme à un "objet animé" voir un "instrument supérieur". Platon lui, justifia non seulement l’esclavage mais aussi le libertinage en cédant aux tentations de la chair... masculine.
Tous deux dévoilent ainsi, un parcours philosophique dans le fond totalement inachevé, car habitant d’une citée peu soucieuse d’humanisme, prisonniers encore des richesses terrestres et facilement en proie aux tentations de toute sorte. Dans leur quête, ils n’ont pas pu déceler que la vraie intelligence, celle du cœur est celle qui permet à l’homme, non pas de jouir de toutes ses pulsions, mais plutôt de les contrôler en ayant recours à la sagesse universelle et divine.
Le monde, il l’appréhende avec l’intellect et non pas avec le cœur, siège de la sensibilité divine et humaine. C’est pour avoir compris cela que les sages africains de la période pharaonique targuaient les Grecs d’être, comme le souligne Platon, des esprits enfantins, incapable de réguler leurs pulsions animales et terrestres.
Reste qu’à la lueur de notre vécu, nous pourrions rajouter que les Européens platoniciens peuvent être aussi de vrais pyromanes jouant aux apprentis sorciers. Car il ne faut pas oublier qu’ils furent l’une des pièces maîtresses de la stratégie européenne de conquête/destruction de l’Afrique. Ils furent la première salve qui détourna les esprits avec des pseudo-concepts philisophico-religieux.
Les Européens aristotéliciens furent la deuxième salve qui disparue avec toutes nos richesses humaines et matérielles en laissant suinter dans l’air l’odeur encore fraîche de la poudre à canon.
Dans le fond, tous les deux, leur numéro est bien rodé et cela depuis des lustres.
Aucune.
Commentaires
- 4/06/2007 05:50 par lili
- 28/05/2007 17:50 par simple internau
- 26/05/2007 16:06 par Elimane Kane
- 17/04/2007 19:22 par creusons
- 3/08/2005 17:06 par Kimpa Karu
- 3/08/2005 10:53 par karin
- 8/03/2005 16:17 par GLO
- 4/03/2005 19:15 par Eric
- 3/03/2005 22:32 par UN PASSANT
- 28/02/2005 19:57 par DAN
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