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par BWEMBA-BONG ©

Membre du Cercle SAMORY (France) Cercle de Réflexion sur la Culture Africaine pour la Renaissance du Peuple Noir.
Son dernier article: Pourquoi de jeunes africains fuient (...)
 Publié le 9 juin 2006

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Pourquoi de jeunes africains fuient leur pays

Le cas de l’immigration en france de ressortissants de l’Afrique Noire dite francophone

Pourquoi de jeunes africains fuient leur pays

Après des mois de périlleuse errance dans le désert du Sahara, des vagues de jeunes Africains ne cessent d’aller se fracasser contre les remparts toujours plus fortifiés des frontières de l’Europe. Tragédie qui se solde par des morts, de nombreux blessés, des détroussés par la police marocaine et des refoulements dans le désert.

Pourtant, la plupart de ces reconduits ne cessent de clamer haut et fort que quoiqu’il advienne, même au risque de leurs vies, ils repartiront à l’assaut des frontières meurtrières de cet Eldorado imaginaire, popularisé par les affres de l’enfer des dictatures africaines, créées, organisées et soutenues avec arrogance et mépris par la France spécialement.

« L’Afrique pauvre frappe à la porte de l’Europe », affichent à l’occasion des manchettes de journaux. Mais, l’Afrique Noire est-elle pauvre ou est-elle appauvrie ? Pourquoi la vraie-fausse décolonisation de l’Afrique Noire dite francophone chasse-t-elle de leur pays des pans entiers de la jeunesse africaine ?

L’accès en France des ressortissants de l’Afrique Noire, relève des conventions de libre circulation des personnes, signées entre la France et la plupart des pays d’Afrique Noire. C’est bien le cas de la convention franco-malienne du 8 Mars 1963, comme de la convention franco-sénégalaise du 4 Mars 1964.

La convention franco-sénégalaise du 21 janvier 1964 sur la circulation des personnes [1] , parvient certes à instituer un relatif contrôle des migrations de ressortissants sénégalais vers la France, les départs du Sénégal et les entrées en France de Sénégalais continuant à l’époque d’échapper aux autorités des deux pays, en raison d’infiltrations clandestines. Mais ces entrées étaient plus tributaires des mouvements globaux de diverses catégories et nationalités, que des seuls Sénégalais partant à la recherche d’un emploi en France.

La riposte contre ces entrées clandestines, fut la mise sur pied d’un système garde-fou, basé sur l’obligation pour les travailleurs africains arrivés en France, de produire un contrat de travail souscrit par leur futur employeur et visé par le Ministère du Travail (Art. R-341-3 du Code du Travail).

Cependant, que les autorités françaises aient adopté ce système, comme la remise en cause de leur régime africain d’immigration attira déjà, et à juste raison, l’attention de certains observateurs [2] . Cette analyse était d’autant plus fondée que, sans discontinuer, l’administration française substitua aux conventions franco-africaines de 1960, une série de textes entérinés par des accords bilatéraux d’abord renégociés après coup, puis aggravés par la suite, notamment par les textes du 30 Novembre 1974. Particulièrement en matière d’introduction, de séjour et d’accès à l’emploi en France des travailleurs africains.

Or, il convient de le préciser, d’entrée, la présence officielle des travailleurs africains en France, se présente sous deux caractéristiques marquantes : elle a toujours été liée aux besoins de la France, d’une part, et elle est dégressive d’autre part.

Et ce qui retient particulièrement l’attention dans cette immigration, c’est qu’à l’époque coloniale directe, elle était essentiellement composée de soldats démobilisés en France, après leur participation aux conflits franco-allemands (guerres dites mondiales), alors même que, nombre d’entre eux, statutairement, sont citoyens français. C’est le cas notamment des ressortissants du Sénégal, qui relèvent du Code Civil, promulgué le 5 Novembre 1830. Il dispose en effet qu’il leur suffit de naître libres, pour jouir, dans les colonies, des droits accordés par le Code Civil aux citoyens français ; à ce texte, s’ajoute une instruction du 27 Avril 1848 qui leur reconnaît le droit de suffrage dans la colonie, cependant que le loi du 29 Septembre 1916, stipule que les natifs des communes de plein exercice de Saint-Louis, Dakar, Gorée et Rufisque et leurs descendants, sont et demeurent citoyens français [3] .

Par ailleurs, à l’opposé de ce que l’on observe pour la plupart des autres communautés étrangères d’immigrés en France, qui rentraient dans leur pays d’origine, aussitôt que des changements politiques satisfaisants y survenaient, les Africains ressortissants de l’Afrique Noire dite francophone, sont demeurés en France, après les indépendances de leurs pays. Celles-ci n’ont donc pas attiré, elles ont même provoqué des mouvements inverses : la fuite de la main-d’œuvre, plutôt que son retour ou sa consolidation pour les « reconstructions nationales ».

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Références bibliographiques:

[1] In Revue Juridique et Politique Indépendance et Coopération, n° Janvier-Mars 1980, P.200.

[2] Gérard DESBOIS et José DA SILVA : Le Monde du 27-28 Mai 1979.

[3] Pierre LYAUTEY : L’empire colonial français, Les Ed. de France, P.170.

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