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par Jean-Philippe Omotunde © africamaat.com

 Publié le 14 décembre 2008

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Révélations sur l’immigration africaine en France

Le discours médiatique sur l’immigration sub-saharienne dans l’hexagone navigue entre mythomanie, fantasmagorie et fourberie.

Révélations sur l’immigration africaine en France

Jean-Paul Mopo kobanda est Juriste, Chercheur et enseignant à l’Institut Africamaat. Auteur de « De l’asile à la galère. Document sur le chemin de croix descandidats à l’exil en France » et de "Les crimes économiques dans les Grands Lacs Africains", j’ai eu l’occasion de l’inviter sur 3ATelesud pour aborder la question de l’immigration sub-saharienne en France, dans l’une de mes émissions.

Afin de révéler au public la vérité statistique de l’immigration africaine en France, je lui ai demandé de mettre par écrit le résultat de son analyse.

1- Mythomanie française en matière d’immigration africaine

L’immigration subsaharienne en France fait l’objet de plusieurs assertions et affirmations parfois fondées mais souvent fantasmatiques. San vérifier leurs propos et la réalité, bon nombre de journalistes colportent régulièrement des informations souvent complètement exagérées au regard de la situation réelle. Pourquoi un tel laxisme primaire ? Voyons ensemble quelques unes de ces assertions :

* La France n’a pas besoin d’immigrés (ni économiquement de l’Afrique d’ailleurs !),

* Les immigrés africains sont analphabètes et non éduqués (le prototype souvent cité est le papa malien polygame),

* Ils sont aussi les plus difficiles à intégrer,

* Ils préfèrent les facilités, les minima sociaux, les allocations sociales,

* Ils ne seraient bons qu’en musique et sport,…

Ces idées reçues jadis propagées par le Front National sont aujourd’hui reprises par des hommes politiques de premier rang ou des scientifiques de renom. A chaque évènement important (émeutes dans les banlieues, agressions de policier, agression de prof à l’école,..) dans le pays, ils sortent en force dans les médias pour développer leur théorie qui cachent en réalité une forme de racisme qu’on peut qualifier « d’intellectuel ».

Même au niveau européen, toutes les occasions sont bonnes pour stigmatiser l’immigration africaine qui envahirait l’Europe. L’exemple le plus cité aujourd’hui est celui de tentatives de traversée des migrants en provenance des côtes africaines vers l’Europe dans des pirogues et bateaux de fortune.

Ces voyages qui tournent en tragédies humaines inqualifiables sont exploitées de façon malsaine par des responsables politiques de haut rang pour stigmatiser tout un continent, voire tout un peuple.

Des dirigeants français évoquent ces faits pour critiquer les régularisations opérées en Italie par un gouvernement de Droite et surtout en Espagne par un gouvernement de gauche, les qualifiant d’appels d’air. Du coup, d’importants moyens de surveillance des côtes africaines sont mobilisés par l’Union européenne (Frontex).

2- La réalité contredit la fiction politicienne

La politisation à outrance du thème de l’immigration à des fins électoralistes cache pourtant certaines réalités qui échappent à l’opinion publique.

En analysant les statistiques de l’Institut national espagnol de statistique (INE), on constate qu’il y avait au 1 janvier 2005 près de 3,5 millions d’immigrés dans ce pays :

* 43 % en provenance de l’Amérique Latine (l’ancienne zone coloniale),

* 34% de l’Union Européenne

* 4 % seulement de l’Afrique Subsaharienne.

Malheureusement, ce sont seulement ces 4 derniers pourcentages qui sont les plus stigmatisés et pointés du doigt par les partis politiques et les médias. Ce qui accroît sensiblement le sentiment de racisme envers ceux qu’on perçoit désormais comme des envahisseurs.

Pour la France, quelques chiffres battent aussi en brèche les idées reçues. D’abord, les immigrés originaires d’Afrique noire ne sont pas les plus nombreux. Selon les enquêtes annuelles de recensement 2004-2005 de l’Insee, sur 5 millions d’immigrés vivant en France en 2004 :

* 1,7 millions viennent de l’Union européenne

* 1,5 millions du Maghreb

* 570 000 seulement de l’Afrique subsaharienne

* Le reste vient de l’Asie et principalement de la Turquie, de la Chine et du Sri-Lanka.

Ces chiffres reflètent aussi la situation de demandes d’asile en France souvent présentée par les médias comme essentiellement d’origine africaine.

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