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par admin ©

 Publié le 10 décembre 2007

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Sommet Afrique-EU : L’Afrique sort ses griffes !

Le sommet euro-africain aboutit à un désaccord sur le commerce

Sommet Afrique-EU : L’Afrique sort ses griffes !

Le premier sommet euro-africain organisé depuis sept ans a pris fin dimanche à Lisbonne sans accord sur la question clé du commerce, douchant l’espoir d’un nouveau partenariat économique entre les deux continents.

Source : L’Express 9 décembre 2007

Les dirigeants de plus de 70 pays de l’Union européenne et de l’Afrique se sont aussi montrés en désaccord sur l’attitude à adopter envers le Zimbabwe, que la chancelière allemande Angela Merkel a mis au banc des accusés, avec le Soudan, pour non-respect des droits de l’homme.

La réunion de 48 heures a débouché sur une déclaration pour un partenariat stratégique "entre égaux" et l’annonce d’une nouvelle rencontre en 2010. Mais le premier bloc économique mondial et le continent le plus pauvre n’ont pu se rapprocher quant au commerce, hypothéquant leurs liens économiques futurs.

L’UE reste le principal partenaire commercial de l’Afrique, avec des échanges cumulés de 215 milliards d’euros, et les exportations des pays africains pénètrent presque sans droits sur le marché européen. Mais les dirigeants et les milieux d’affaires européens craignent d’être supplantés par la Chine, dont les investissements ne cessent d’augmenter en Afrique.

Pékin a organisé l’an dernier un sommet avec des dirigeants africains et leur a promis d’énormes contrats commerciaux.

L’UE cherche à remplacer les accords commerciaux venant à expiration par des Accords de partenariat économique (APE) de type intérimaire pour que les pays africains se mettent en conformité avant le 31 décembre avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC). A terme, ces accords visent à instaurer le libre-échange, un objectif redouté en Afrique.

"LES AFRICAINS REJETTENT LES APE"

"Les Etats africains rejettent les APE", a déclaré aux journalistes le président sénégalais Abdoulaye Wade. "On ne parle plus des APE, (...) on les a rejetés, c’est fini (...) Quand on va se retrouver, on discutera, l’UE présentera des APE, nous présenterons autre chose."

C’est le 31 décembre qu’expire une dérogation de l’OMC concernant les préférences commerciales dont les Africains bénéficient sur le marché européen.

José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, a dit que Bruxelles ne cherchait à forcer la main aux pays africains sur le commerce. Mais il a noté que, s’il n’y avait plus d’accords intérimaires, "les accords préférentiels ne seront plus applicables à partir du 1er janvier 2008".

L’UE est prête à poursuivre les discussions, a dit Barroso. "Nous disons qu’il faut nous doter d’accords intérimaires pour éviter de perturber le commerce."

Une dizaine de pays africains ont récemment adhéré à des accords commerciaux intérimaires avec l’UE, mais la plupart des dirigeants africains font valoir la nécessité de délais plus importants pour préparer leurs économies fragiles à l’impact d’un arrêt des dispositions préférentielles.

Angela Merkel a fait savoir que les dirigeants de l’UE s’entretiendraient du commerce avec l’Afrique lors du sommet européen prévu vendredi prochain.

"Nous allons à nouveau voir si l’Europe peut se montrer plus souple", a-t-elle dit à la presse, ajoutant que la date du 31 décembre n’était pas gravée dans le marbre.

Alpha Oumar Konaré, président de la Commission de l’Union africaine, a critiqué les accords intérimaires déjà signés.

"Mon voeu le plus ardent est que la signature des accords intérimaires ne verrouille pas le reste et ne nous lie pas indéfiniment, a-t-il dit (...) si on bâtit de tels partenariats sur la faiblesse de l’unité des Africains, nous aurons un problème."

MERKEL FUSTIGE LE ZIMBABWE

Des militants des droits de l’homme et de la lutte contre la pauvreté se sont dits déçus par les maigres résultats du sommet.

"Quand on attend sept ans et qu’on essaie ensuite d’imposer de force des accords avant la fin d’une année, on aboutit de façon inévitable à un exercice de tribune sans progrès réels (...) nous considérons que c’est un gâchis", a dit Martin Kirk, de l’organisation caritative britannique Save The Children Fund.

Le climat du sommet avait déjà pâti des divergences exprimées au sujet du Zimbabwe et de son président Robert Mugabe, qui était présent à Lisbonne. Pour Merkel, "la situation au Zimbabwe nuit à l’image de la nouvelle Afrique".

Le président Nicolas Sarkozy, reparti samedi de Lisbonne après une série d’entretiens, a indiqué qu’il n’aurait pas accepté de rencontre avec Mugabe.

Les dirigeants africains tenaient à ce que Mugabe, accusé de violer les droits de l’homme et d’avoir ruiné son pays, mais considéré en Afrique comme un héros de l’indépendance, soit invité au sommet. Le Premier ministre britannique Gordon Brown a boycotté la réunion de Lisbonne en raison de sa présence.

A Reuters qui lui demandait quel message il adressait à l’Europe, Mugabe a levé le poing en souriant d’un air de défi.

Les deux continents, aussi proches par la géographie qu’éloignés par le développement, ont néanmoins signé une déclaration qui les engage à créer un partenariat stratégique "entre égaux".

Le document prévoit qu’ils coopèrent en matière d’investissements, de développement, de défense des droits de l’homme et de maintien de la paix en dépassant "la traditionnelle relation donateur-bénéficiaire.

La déclation de Sarkozy qui reconnait implicitement le boulet qu’est le Franc CFA pour les pays africains tout en concluant hypocritement que l’Afrique "n’a plus rien" !. Téléchargez le fichier son sur la droite.

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