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par Sylvia M’Bocké ©


Son dernier article: Histoire de l’Esclavage : (...)
 Publié le 27 janvier 2005

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Suites de la vente aux enchères à Lyon...

Texte d’information destinée à la communauté panafricaine....

Suites de la vente aux enchères à Lyon...

Lyon le 24 Janvier 2005. Par Gérard Théobald.

Attendu ce jour, le jugement du référé introduit le 12 Janvier 2005, par Maître Philippe Missamou, représentant le Collectif des filles et des fils d¹Africains déportés devait être rendu.

On s¹en souvient le Collectif des filles et des fils d¹Africains déportés avait demandé la suspension de la vente aux enchères portant sur des objets, manuscrits et documents historiques ayant appartenu à des esclavagistes, qui sont indispensables à la connaissance de l¹histoire empreinte de tragédie du peuple noir et ne pouvant donc être aliénés sans raisons.

Reconnaissance. Cette vente souleva l¹indignation collective, engageant des personnalités intellectuelles, politiques et associatives à demander aux institutions, aux collectivités locales et à l¹Etat d¹exercer leurs devoirs de préemption. Ce dernier qui, dans son histoire, fût négociant, génocidaire, exploitant et esclavagiste, doit-il être remercié du fait de l¹exercice de son devoir ? Par ce geste, il confirme que les personnes noires françaises sont citoyennes françaises, faisant parties intégrantes de l¹Histoire française, qu¹elles ont droit au respect, à la dignité et à l¹honneur. Qui en doute ? De façon indirecte, il y a une certaine reconnaissance à l¹Afrique !

Cependant, une question, à double interrogation demeure : par son devoir de préemption, l¹Etat réintroduit-il, la personne Noire dans le cadre de la Mémoire collective et du Souvenir général ? Un simple non serait une réponse simpliste et rapide, cependant, les lots préemptés par l¹Etat seront orientés vers plusieurs centres d¹Archives.

Par ailleurs, l¹accessibilité à ces Archives se pratique par l¹intermédiaire, d¹un exercice de recherche, selon les grades universitaires, à moins que celles-ci se transforment en Musée. En musées régionaux, ce qui permettrait de lancer une politique touristique en direction des personnes Noires aux fins de découverte du terroir. Evidemment, ce tourisme est moins paradisiaque, moins exotique, que les îles des Antilles françaises ou de Bourbon, moins blanc que le sable !

Oui, les Archives en Musée, voilà, un slogan politique, une revendication de manifestation. Toutes les Archives au Musée ! Néanmoins, voilà qui serait démocratique, égalitaire, et pour reprendre un mot entendu, durant cette campagne électorale présidentielle 2002 : fraternel.

Oui, l¹idée, d¹un musée sur la Traite, l¹Esclavage et la Colonisation, inscrit la personne Noire dans la mémoire de la Démocratie, dans le Droit et la Reconnaissance.

Droit. Le dernier point, sur lequel, l¹indignation générale reposée est le vide pénal et civil lié à la loi Taubira, en ce sens, l¹impression reste une différence de traitement entre citoyens du même pays, égaux en droit et en devoir. Oui, oui, ouiSSSégaux en droit et en devoirS à cet endroit suscitent des vexations !

La Traite, l¹Esclavage et la colonisation restent liées à un problème de fond, en dehors du Code Noir, des humiliations et des morts, la Traite et l¹Esclavage restent une manipulation de Droit.

Il n¹est point connu de procès concernant la Traite et l¹Esclavage, contre des négriers, contre des banquiers, contre des planteurs, contre des Etats ! Il n¹est point connu de jugements condamnant les exactions des personnes sus-citées pouvant dater, acter, et proscrire dans l¹Histoire ce comportement ainsi que ses déviances, sous le principe plus jamais ça ! Ces références, si manquantes, donnent l¹impression que la révolution, la rébellion ou la résistance sont de nature éloignées chez les personnes Noires.

Il n¹est point connu de jugement de jugement condamnant Napoléon Bonaparte par une action en justice pour avoir rétabli l¹esclavage, donc, rétabli la traite en conséquence, pour avoir trahi les idéaux de la Révolution française, pour avoir gazé des personnes Noires, pour avoir tué des personnes par milliers. Non, l¹homme est exilé, loin de tout appareil de pouvoir, par ce geste, il obtient la reconnaissance d¹un comportement dangereux pour les Européens et entre dans la Mémoire universelle. Dans la mémoire de l¹Humanité.

Prétention. Cette assignation en référé en date du 12 janvier 2005 à Lyon a l¹avantage de poser une question de Droit à l¹encontre de la Traite et de l¹Esclavage, de son environnement et de ses conséquences. C¹est une première dans un pays qui reconnaît la Traite et l¹Esclavage, crimes contre l¹Humanité, sur le tard et pour des raisons électorales.

Le jugement est rendu : le Collectif des filles et des fils d¹Africains déportés est débouté. L¹Etat a exercé son devoir de préemption, les lots qui correspondaient à des documents relatifs au commerce colonial et à la traite des esclaves ou émanant d¹armateurs négriers n¹ont pas été proposés à la vente.

Cependant, il est surprenant de constater que Monsieur le Commissaire-Priseur n¹est nullement inquiété ou visé par une condamnation. Ce dernier avait affirmé ne pas comprendre l¹émoi des personnes et selon lui aucun document n¹était lié à la Traite et à l¹Esclavage.

Vigilance. Les actions établies par les personnalités politiques et associatives ont permis de comprendre que dans les salles de ventes aux enchères circulent des documents liés à des périodes de l¹Histoire que le contemporain réprouve. Il a été donné à dénoncer cette vente de documents liés à la traite et à l¹Esclavage.

Selon des témoignages locaux et de personnes achetant en salle à Lyon, il y circule dans ces lieux des documents liés aux périodes fasciste, nazie et vichyste. L¹un des témoin affirme les acheter et les donner au centre de la Résistance à Lyon.

Cette histoire de vente établie que le vendeur est et reste incognito, anonyme voire absent, mais l¹acheteur est Monsieur Lambda, qui peut-être historien, collectionneur ou Monsieur Jean-Marie voire Monsieur BrunoS Aussi, ces personnes peuvent remercier tant les grandes associations propriétaires des luttes contre le Racisme et les Discriminations que sont SOS-Racisme, La Licra et le MRAP que les divers groupes politiques.

En ce sens, les personnes noires peuvent être fieres d¹avoir montré au public, au citoyen Lambda, qu¹elles s¹inscrivent dans une citoyenneté active, dans des luttes universelles, à l¹égal de ces personnes martiniquaises, guadeloupéennes, guyanaises, haïtiennes que furent Marcel Manville, co-fondateur du MRAP, défenseur de la cause algérienne, défenseur du FNL, Frantz Fanion, Gaston Monnerville, président du Sénat, le Chevalier de Saint-Georges, le Général Dumas SS

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