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par Jean-Philippe Omotunde © africamaat.com

 Publié le 11 avril 2007

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"Une obsession nommée Hugo", un ouvrage qui fera date.

Entretien avec Jean Jacques Seymour, auteur de l’ouvrage dédié à Hugo Chavez, aux éditions Menaibuc.

Journaliste afro-français d’origine caribéenne, Jean-Jacques Seymour est un homme de radio et de télévision spécialisé dans les dossiers de la Caraïbe dont il a suivi ces 20 dernières années les processus de décolonisation. Il vient de publier aux éditions Menaibuc, un ouvrage consacré à Hugo Chavez, le président du Venezuela. Plus que jamais, ce qui se passe en Amérique du sud doit attirer notre attention.

Nous nous devons d’avoir une lecture autonome des nouveaux rapports Nord/Sud que souhaite créer une Amérique Latine en lutte pour retrouver le contrôle total de l’exploitation de ses matières premières et travailler à la prospérité du petit peuple. C’est donc un Jean Jacques Seymour s’exprimant sans langue de bois, qui a accepté de répondre à mes questions.

JP Omotunde : Jean Jacques Seymour... Vous êtes l’auteur de l’ouvrage « Une obsession nommée Hugo » aux éditions Menaibuc, livre consacré à Hugo Chavez qui depuis 1999 est président du Venezuela. Qu’est-ce qui, dans ce personnage, a aiguisé votre curiosité, au point de lui consacrer une œuvre écrite ?

Jean Jacques Seymour : Très simplement, c’est sa manière de faire de la politique .Le débat politique aujourd’hui est trop souvent faussé par les amalgames et la confusion comme vous le savez. C’est un homme qui est en train de bouleverser la donne dans la région des caraïbes et en Amérique latine D’autre part, j’ai trouvé écoeurant la manière dont certains journalistes ont traité ce Président, théâtral à souhait, mais si proche des gens, si humain .Quelques bonnes raisons de m’intéresser à sa politique. Je n’ai trouvé que des menteurs à la petite semaine, des marchands de clichés de purs idiots, Je ne sais pas dans quelle mesure le message peut être entendu, parce que même certains articles favorables reposent sur un malentendu d’une bêtise à hurler.Arrêtons les pompeux et les bien-pensants.

JPO : Vous l’avez personnellement rencontré, je crois. C’était à quelle occasion ?

Jean Jacques Seymour : Cétait à Paris à l’occasion d’une de ses visites officielles et il avait tenu à rencontrer la communauté de son pays et les cercles bolivariens à la Mairie du XI°.George Sarre le Maire et Jean-Pierre Chevènement avaient organisé cette soirée ou l’on sentait la volonté du Président d’être proche des gens .M.Chavez était particulièrement familier .

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JEAN JACQUES SEYMOUR

JPO : Dans la presse occidentale, Chavez est souvent présenté comme un président sulfureux, voire extrémiste. N’est-ce pas délicat de lui consacrer un ouvrage dans de telles conditions ?

Jean Jacques Seymour : Absolument pas .Et si tel était le cas, ceux qui me connaissent savent que je sais faire la part des choses .En quoi M.Chavez serait il plus sulfureux que M.Bush. M.Chavez n’est pas dans le moule, et ce sont les tenants de la mondialisation à tout prix qui lui font un mauvais procès.Notre livre veut rétablir la réalité des réalisations de M.Chavez chez lui, parmi les siens , au milieu de son peuple.Et les résultats qu’il a obtenu depuis 8 ans sont considérables .Quel chef d’état peut en dire autant .M.Chavez dit :les richesses de mon pays doivent d’abord nourrir mon peuple.Eh bien si çà çà être sulfureux, qu’il le reste .

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HUGO CHAVEZ

JPO : Lorsque l’on parle du mandat présidentiel d’Hugo Chavez, il est question de « révolution bolivarienne ». De quoi s’agit-il exactement ? Quels sont concrètement les premiers résultats de cette révolution initiée par Chavez pour le peuple vénézuelien ?

Jean Jacques Seymour : La révolution bolivarienne est directement initiée par une des grandes figures de l’Amérique Latine Simon Bolivar. Qui certes n’a pas tout à fait réussi dans son initiative, mais qui a fait bougé les lignes pour les peuples latinos .Les premiers résultats sont extraordinaires.dans le domaine de la santé, de la propriété, de l’économie au service des plus pauvres, dans l’éducation ,dans la communication bref dans l’approfondissement de la démocratie qui a pour base la constitution bolivarienne..

JPO : Hugo Chavez a maintenant lancé un processus d’unification économique des états d’Amérique du Sud, ce qui ne plait pas du tout à Bush. D’où vient, selon vous, cette animosité bolivarienne contre le géant nord américain ?

Jean Jacques Seymour : Chavez et d’autres leaders comme Morales en Bolivie ne supportent plus l’idée du pillage Nord Américain sur leur continent avec en prime l’aide de la bourgeoisie comprador.Ils veulent être maîtres chez eux .Pour tout. Et il faut dire que l’attitude belliciste, belliqueuse, arrogante du Président américain Bush n’arrange pas les choses .Bush se verrait bien propriétaire des immenses réserves pétrolières du Venezuela.Le pétrole, voilà l’objet de cette animosité en ce qui concerne le Venezuela.

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HUGO CHAVEZ EN AFRIQUE

JPO : Très clairement, que craignent les USA ?

Jean Jacques Seymour : Les Usa craignent que ces pays assoient leur indépendance sans avoir de compte à rendre à Washington . Mais Il y aura de plus en plus de résistance de gens qui ne veulent pas se soumettre au maiîe du pays ou ceux qui se nomment ainsi .

JPO : Dans ce processus de fédération sud-américaine, Chavez souhaite aussi intégrer les pays de la Caraïbe afin de stimuler leur croissance économique. Même pour les départements francophones (Guadeloupe, Martinique, Guyane), il semble que cette alternative soit séduisante, compte tenu des opportunités de carrières professionnelles et de création d’entreprises qu’il souhaite mettre en place pour la jeunesse afro-caribéenne qui butte sur l’obstacle du chômage massif sur place et sur le racisme et la discrimination dans l’hexagone. Ses premières visites dans la Caraïbe ont-elle été convaincante sur ce point ? D’autre part, où en est son projet Pétro Caribé ?

Jean Jacques Seymour : Pétro Caribe avance et la Jamaïque, Sainte Lucie, Saint-Vincent, Saint Kitts voire la Dominique, Haïti, sans oublier Cuba commencent à bénéficier de pétrole à bon marché .Là aussi Il est impossible de freiner le mouvement qui est en marche .Que les pays de la caraïbe s’intègrent dans ce processus me parait normal ,c’est une juste retour des choses pour casser la balkanisation de la région née avec la colonisation .

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JEAN JACQUES SEYMOUR

JPO : La force de Chavez vient de la manne pétrolière. Ce dernier est parvenu à forcer les sociétés pétrolières internationales à revoir leurs contrats avec le Venezuela qui a toujours été lésé dans le cadre des transactions financières ? Puis d’autre pays sud-américain ont suivi cette voie, en durcissant le ton avec les firmes internationales qui effectuaient un véritable racket. Est-ce selon vous une voie à suivre pour les pays pétroliers africains ? En l’occurrence, doit-on appliquer à l’Afrique, la révolution bolivarienne ?

Jean Jacques Seymour : Chavez vient de faire une tournée en Afrique et ce n’est pas innocent .Si la révolution bolivarienne est pour des pays le moyen, dans le cadre de la mondialisation de récupérer leur propre bien, alors cette révolution est exportable et des chefs d’état africains non corrompus peuvent la mettre en œuvre .Ceux qui ont été pillés doivent récupérer leurs richesses.Les mettre au service de leur peuple.Chavez est le modèle même du politicien nouveau qui va permettre de résister à la mondialisation .

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JPO : Chavez dit être en fait un métis (son père était noir et sa mère indienne). Est-ce selon vous, une simple tentative de séduction où a-t-il vraiment un nouveau projet fédératif de développement pour les pays du sud ?

Jean Jacques Seymour : Chavez est un bon créole de la caraïbe.Il en a le style, la chaleur, l’humanité.Il ne séduit personne de mon point de vue.Il veut simplement indiquer une voie nouvelle qui va permettre de sortir de la crise actuelle.Il n’est pas porteur d’un projet fédératif.Il suggère .Gageons que des hommes nouveaux dans ces pays auront le courage de le porter .Dans leur propre intérêt .

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H. CHAVEZ A L’ONU

JPO : Un dernier mot sur votre ouvrage... Vous avez glissé en annexe de votre ouvrage "Une obsession nommée Hugo", le fameux discours de Chavez à l’ONU en 2006. Pourquoi ce choix ?

Jean Jacques Seymour : C’est un discours que je considère comme fondamental parce que dans le temps qui lui est imparti, Hugo Chavez,en des termes choisis , droit dans ses bottes,dresse un état du monde à cet instant qui est saisisisant .Sauf à être de mauvaise foi, on ne peut que reconnaître la véracité de son analyse .Il désigne le coupable . Washington et ne fait aucun cadeau .Pardonnez moi, loin des discours diplomatiques feutrés, ‘’El commandante’’ a montré qu’il avait des couilles .Nous manquons d’hommes d’état de cette stature.

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