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par Yves Ekoué Amaïzo ©
Son dernier article: La palabre africaine intelligente (...)
VERITE DES URNES ET NEUTRALITE COUPABLE : Le vote des Africains va devoir être compté !
J’ai été un si bon dirigeant que pour “me récompenser” et “récompenser le peuple”, je reste au pouvoir. Voici la phrase magique qui est à la base de toutes les entorses à la démocratie en Afrique.
Présentation de l’auteur :
Novateur dans ses activités de conseil à l’international et dans l’enseignement, Yves Ekoué Amaïzo propose des paradigmes nouveaux et opérationnels pour l’Afrique de demain. Il est titulaire d’un Doctorat (Ph D) en Droit, Économie et Gestion de l’Informatique des organisations, d’un Diplôme d’études approfondies (DEA) en Monnaie, Finance et Banque et d’un Mastère en Business Administration (MBA). Visitez www.amaizo.info
Introduction : la Démocratie de l’autosatisfaction en Afrique
J’ai été un si bon dirigeant que pour “me récompenser” et “récompenser le peuple”, je reste au pouvoir.
Voici la phrase magique qui est à la base de toutes les entorses à la démocratie en Afrique. Il suffit de citer les pays comme le Zimbabwe, le Kenya ou le Libéria du côté des pays anglophones ou alors du côté francophone, le Gabon, le Togo, la Centrafrique, la Côte d’Ivoire, le Niger ou même la Guinée où des agents sous-traitants discrets parfois bien clairement identifiés tentent, de manière subtile et souvent avec succès, à modifier la vérité des urnes en Afrique. Le tout est régulièrement camouflé sous des manifestations et des heurts parfois violents qui créent la diversion et permet aux donneurs d’ordre de se donner une bonne conscience tout en rejetant les responsabilités sur une désorganisation technique bien orchestrée.
A y réfléchir de près, il s’agit bien de l’émergence de la démocratie de l’autosatisfaction unilatéralement décrétée par ceux qui sont au pouvoir ou ceux correspondant aux choix de certains pays occidentaux drapés dans les oripeaux d’une structure floue appelée “la communauté internationale”. Les dites recommandations étrangères y compris des Etats africains ne se font pas sans des soutiens directs, cimentant les réseaux multiformes.
Néanmoins, personne n’est dupe du fait que les grandes puissances, prêtes à donner des leçons de démocratie à deux vitesses, ne sont intéressées fondamentalement que par les ressources stratégiques, les avantages économiques ou les positions géostratégiques. Heureusement, des pays comme le Mali ou le Ghana sauvent l’honneur des Africains et ont choisi, grâce à la qualité et l’intégrité de leurs dirigeants, au pouvoir comme dans l’opposition, de rendre réalité la Démocratie sans faire référence à des valeurs revues et des principes corrigés selon les intérêts bien compris des “en-haut-d’en-haut”, de l’intérieur comme de l’extérieur.
1. La Démocratie au rabais pour l’Afrique : entre report de dates et annonces unilatérales
Lorsqu’on parle de Démocratie, il s’agit bien sûr d’une démocratie représentative héritée des pays occidentaux et appliquée dans des territoires découpés par les mêmes Occidentaux pour mieux favoriser un Etat-Nation suite aux indépendances juridiques et moins une Nation-Etat si l’intervention coloniale n’avait pas eu lieu. Mais la segmentation des ethnies et des peuples africains entre des frontières factices transforme la démocratie représentative en des luttes de promotion de chefs ethniques au point où il devient plus intéressant de défendre les intérêts des Occidentaux (ex-colonies) pour accéder au pouvoir et le conserver.
C’est cette segmentation non sollicitée qui conduit souvent au vote ethnique, tant décrié par les mêmes Occidentaux qui ont pourtant tout fait pour que ce système fonctionne à leur avantage. Il s’agit donc d’une démocratie au rabais et en façade. A partir de là, les mêmes Occidentaux, sur les recommandations expresses de certains dirigeants de l’Union africaine et d’institutions sous-régionales africaines, ont choisi de s’aligner sur ce qui semble dorénavant être le mot d’ordre unilatéralement imposé en matière électorale en Afrique : Toute mauvaise élection, à savoir non transparente, non libre, ne reflétant pas la vérité des urnes et parfois entachée de sang de citoyens qui luttent pour l’avènement d’une démocratie effective, est mieux que pas d’élection du tout. Pourtant, c’est bien une partie de cette communauté internationale qui a fait de l’ingérence en Côte d’Ivoire au point de conduire à une guerre absurde et coûteuse pour les membres de la communauté internationale les plus actifs sur place.
Le paradoxe de la situation est tel que à vouloir imposer une démocratie par télécommande sans prendre en compte les dynamiques locales, les intervenants extérieurs ont conduit la Côte d’Ivoire vers une situation inédite, celle de faire que ce pays ne connaît toujours pas d’élections présidentielles, même si des annonces vagues prévoient des élections présidentielles en octobre 2010. Il est donc possible de rester au pouvoir près de 10 ans sans élections en Afrique. Il s’agit d’une démocratie hors constitution. Les électeurs, eux, n’ont qu’à bien se tenir et attendre car ce n’est certainement pas ce qu’ils ont souhaité pour leur pays.

Pour le cas spécifique de la Côte d’Ivoire, il faut remarquer que les dates des élections n’arrivent plus à être déterminées par les forces extérieures au pays, ce qui ailleurs conduit à des élections précipitées, bafouées, facilitant les modifications informatiques des fichiers et des résultats qui n’ont plus qu’à paraître plausibles pour que les médias politiquement corrects et bien payés fassent le reste du travail de légitimation électorale, rarement contre les intérêts des mêmes pays occidentaux directement impliqués dans le pays. Il suffit d’ailleurs d’insister que les milices et soldats sécessionnistes désarment avant que les élections n’aient lieu, pour que les nouvelles dates d’élections présidentielles deviennent élastiques et la période choisie propice. Les dates exactes n’ont qu’à attendre. Le report des dates devient la règle et le respect des dates une exception.
Ailleurs et plus particulièrement dans les zones contrôlées par la Françafrique, la technique rôdée consiste à faire voter pacifiquement les électeurs dans la paix, et s’assurer auparavant que tous les protagonistes candidats aux élections ne contesteront pas les résultats qui seront annoncés… Mais c’est bien là le problème. Les résultats annoncés ne sont pas toujours les résultats des urnes, encore moins le choix des électeurs. Que s’est-il passé avec les comptages électroniques qui étaient censés empêcher les fraudes ? Que s’est-il passé avec les commissions et autres comités électoraux dits “indépendants” ? Ceux-ci n’arrivent plus à transmettre les vrais résultats sortis des urnes. Le pouvoir dominant estime qu’il faut les ajuster avant leur publication surtout lorsque de nombreux responsables des bureaux de vote font l’objet d’intimidations, voire de menaces de mort et finissent généralement par céder à l’appât du gain facile…
Des sommes d’argent ou d’arrangements divers sont souvent proposés en deux parties. La première partie permet d’obtenir l’accord des responsables des bureaux de vote pour annoncer ce que souhaite le pouvoir en place, généralement sous la menace d’une armée non républicaine. La seconde partie n’est souvent jamais payée car les menaces se sont élargies à la famille de celui ou celle qui, naïvement et par peur, n’a pas pu s’organiser avec d’autres pour faire éclater la vérité des urnes.
2. Le élections africaines : “qui perd gagne !”
Mais là où la Communauté internationale et plus particulièrement l’Union européenne joue à “qui perd gagne” est lorsque cette dernière finance à coûts d’Euros, provenant des contribuables européens, des élections en Afrique où les souches des bulletins de vote ne correspondent pas avec le bulletin de vote lui-même. Il y a donc falsification de fait, ceci en amont et l’Union européenne ne procède à aucune vérification… La cour des comptes de l’Union européenne tomberait en syncope si ces mêmes méthodes devaient s’appliquer en Europe dans les 27 pays membres.
En réalité, il faudra réellement que la Cour des comptes procède à un audit sans complaisance et rigoureux. Pour cause, l’Union européenne a souvent sous-traité son budget d’aide, voire parfois l’ensemble des procédures d’allocation des fonds, soit au gouvernement local, soit à une structure bilatérale de développement, soit à des réseaux de bureaux spécialisés dont la transparence se confond avec l’obscurité de la forêt noire.
Quand pour l’honneur les observateurs de l’Union européenne en charge des élections en Afrique finissent par déclarer que rien ne va et amoncellent des listes impressionnantes et longues d’irrégularités graves et grossières, le donneur d’ordre, lui, se contente alors de la fameuse “Toute mauvaise élection, à savoir non transparente, non libre, ne reflétant pas la vérité des urnes, est mieux que pas d’élection du tout”. Alors, on légitime à tour de bras les élections africaines où “qui perd, gagne” ! Ceci est d’autant plus courant depuis que la crise financière de 2008 a mis en exergue les problèmes budgétaires en Europe suite au choix collectif d’aller sauver des banques et institutions financières au lieu de sauver l’emploi et les capacités productives en Europe et aux Etats-Unis[1].
Aucune.
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