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par René-Louis Parfait Etilé © africamaat.com


Son dernier article: Où est la « Terre Sainte » ?
 Publié le 23 octobre 2007

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VOYAGE A KÉMÈT : acte 1

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VOYAGE  A  KÉMÈT : acte 1

Le Temple de Karnak

Les édifices de Karnak s’étendent sur une superficie d’environ 800 000 mètre carrés. C’est un ensemble de plusieurs temples érigés sur une période de 2000 ans, depuis l’époque du Moyen Empire jusqu’à celle de Ptolémée XII Aulète (80 - 51 av. J.-C.). Au cours de cette période, les pharaons ont transformé Karnak en sanctuaire national de Kémèt. Chaque Roi a érigé un monument en l’honneur de la triade thébaine formée du grand dieu AMON, le père, de sa femme MOUT, la mère et du dieu lunaire KHONSOU, le fils.

Le Temple d’AMON-RÂ (ou Amon - Rê) est le plus important de Karnak, c’est aussi le plus grand temple du monde. Les temples de Khonsou, de Mout et de PTAH sont plus petits mais non moins intéressants.

Au cours de la journée, la visite de Karnak laisse une idée impressionnante du pouvoir et de la puissance des Pharaons qui ont fait construire ces édifices. La nuit, quand les rayons de la lune baignent les colonnes et les obélisques de leur pâleur, le visiteur se croit transporté à une époque où le les temples étaient envahis par les processions des prêtres et des prêtresses vêtus de leurs tuniques blanches où l’encens s’élevait vers le ciel en volutes épaisses et les chants solennels faisaient écho les salles.

Le grand temple d’Amon

La richesse du Dieu Amon était en rapport à la splendeur de son temple. Il possédait 5 164 statues de divinités, 181 322 vassaux et serviteurs, 2 898 kilomètres carrés de terres, 83 bateaux, 46 chantiers et 63 cités et villes. Le grand temple d’Amon pourrait contenir une dizaine de cathédrales européennes.

Il reste peu de traces des temples et des chapelles anciennes qui s’élevaient ici à l’époque du Moyen Empire (environ 2050 - 1800 av. J.-C.). Toutefois les découvertes récentes de blocs de pierre sculptés, dispersés ou détachés de pylônes détruits, nous ont appris à mieux connaître ces monuments disparus.

Certaines pierres appartenaient au mur en calcaire finement gravé de la chapelle de Sénousret I (Sésostris Ier) de la XVIIe Dynastie (chapelle reconstruite récemment par l’architecte française M.H. Chevrier sur le site nord-ouest du grand temple d’Amon-Râ).

A l’avènement de la XVIIIe Dynastie (environ 1570-1293 av. J.-C.) la gloire de Karnak devint le but de tous les pharaons. Les rois de cette dynastie érigèrent la partie centrale du temple , y compris quatre pylônes , les obélisques et l’extension du temple vers le sud, dont quatre autres pylônes (VII à X).

Les rois de la XIXe Dynastie (environ 1293-1185 av. J.-C.) construisirent la grande salle hypostyle et le gigantesque pylône II, situé à l’ouest de cette salle.

Ramsès III de la XXe Dynastie (environ 1185-1070 av. J.-C.) jugeant que le grand temple était terminé ajouta , perpendiculairement à l’axe de ce grand monument, son petit temple d’Amon.

Les Pharaons Soudanais qui fondèrent la XXVe Dynastie (747-656 av. J.-C.) érigèrent la façade du grand temple, le pylône I. Plus tard, d’autre rois ajoutèrent des sanctuaires et de petites chapelles au site des portiques.

Le Quai

Face au temple se trouve une terrasse où s’élève un des deux petits obélisques érigés par Séthi II de la XIXe Dynastie. C’était à l’origine un quai ou un débarcadère pavé, balayé par les eaux du Nil qui se sont retirées aujourd’hui plusieurs centaines de mètres à l’ouest.

Le Pylône I

Les pharaons soudanais ont construis ce pylône qui forme aujourd’hui la façade ouest du temple (plus haute et plus longue que la façade ouest de la cathédrale Saint-Paul à Londres).

La grande Cour

Les visiteurs pénètrent dans la grande cour par le portail du premier pylône. Cette grande cour est de dimensions gigantesques, mesurant 115 m de long et 103 m de large.

Sur la gauche se trouve un monument composé de trois chapelles dédiées par Séthi I de la XIXe Dynastie, aux barques sacrées de la triade thébaine. La chapelle centrale est consacrée à Amon, celle de droite à Khonsou et celle de gauche à Mout.

Les ruines de la colonnade de Taharqa, le Tirhakah de la Bible, roi soudanais de la XXVe Dynastie, jonchent la cour. Cette colonnade était autrefois composée de deux rangées de cinq colonnes chacune reliées par un mur. La seule colonne encore debout a été reconstruite par le Service des Antiquités en 1928-1929. Des rangées de sphinx à tête de bélier, de l’époque de Ramsès II , bordent la cour des deux côtés. Ils faisaient partie de l’avenue qui partait du quai et qui aboutissait au second pylône de Ramsès I, première façade du grand temple. Ces sphinx ont été transportés à leur emplacement actuel quand la nouvelle cour fut construite.

Le temple de Ramsès III

Au sud de la grande cour se trouve le temple que Ramsès III de la XXe Dynastie a construit et dédié à Amon. Il ne mesure que 53 m de long par 25 m de largeur . Sur le mur ouest, on voit une scène décrivant le transport de la statue du dieu Min, dieu de la fertilité souvent identifié à Amon-Râ, vers son sanctuaire.

Le portique de Chéchonq

Le portique érigé et décoré par les pharaons de la XXIIe Dynastie possédait, autrefois, un porche de deux colonnes. Des bas-reliefs y montrent les rois Osorkon I et Takélot II en compagnie de plusieurs divinités. Au delà de ce portique, à l’extérieur, se trouve le fameux bas-relief de Chéchonq, le Sésac de la Bible, commémorant ses victoires sur Judas et Israël (environ 930 av. J.-C.). Ces victoires sont mentionnées dans la Bible : « Et cela se passait dans la cinquième année du règne de Réhoboam, quand le roi Sésac d’Égypte se lança contre Jérusalem. Il s’empara des trésors de la maison du Roi. Il s’empara de tout et même des boucliers d’or que Salomon avait fabriqués ». (I Rois 14 :25,26)

La tour de droite du second pylône, construite par Ramsès II, possède quatre rainures pour les mâts de fêtes. Une porte intermédiaire a été érigée par Ptolémée VI Philométor et par Ptolémée VIII Évergète II.

Devant le portique du second pylône se trouve une cour flanquée de deux grandes statues de granit de Ramsès II. Celle de l’ouest est une statut colossale du roi avec sa femme Néfertari placée entre ses jambes.

Elle fut sans doute usurpée par le roi prêtre Pinedjem. Le Dr. Labib Habachi, égyptologue égyptien, découvrit en 1954 une large stèle sous la base de l’autre statue. Elle décrit l’expulsion des Hyksos, hors de Kémèt, sous le règne du pharaon Kamosé (Kamôsis) de la XVIIe Dynastie (environ 1664-1570 av. J.-C.).

La grande salle hypostyle

Cette grande salle hypostyle est la plus grande salle du monde, située à l’intérieur d’un temple. Sa superficie est d’environ 5 000 mètres carrés. Elle contient 134 colonnes en comptant les douze colonnes de la nef centrale qui mesurent 23 m de haut, 3,6 m de diamètre et 15 mètre de circonférence. Cent personnes peuvent tenir debout sur leurs chapiteaux en papyriformes ouverts. Les 122 colonnes à chapiteaux en papyriformes fermés qui se dressent dans les deux ailes latérales mesurent 13 m de hauteur et plus de 8 m de pourtour. La claire-voie qui surplombe le plafond, au-dessus des ailes, laisse passer la lumière par des fenêtres de pierre en forme de grillage.

Les bas-reliefs des murs nord de la salle représentent leur bâtisseurs, Séthi I et ceux des murs sud son fils, Ramsès II.

Les murs, les colonnes, les chapiteaux et les architraves sont couverts d’inscriptions et d’images de rois et de dieux. Les bas-reliefs de Séthi sont ciselés délicatement en léger relief mais ceux de Ramsès sont gravés profondément dans la pierre. Ils montrent Séthi ou Ramsès recevant la bénédictions d’Amon-Râ et de plusieurs autres divinités, ou en train d’accomplir certains rites sacrés.

Les bas-reliefs les plus intéressants et les mieux conservés sont gravés, en couleurs, entre les deux portes du mur est. Ils sont alignés en trois rangs superposés ; par exemple :

Rang du milieu : Le roi présente une offrande au dieu Amon-Râ et à la déesse Mout. Il offre quatre taureaux au Dieu Min. Il s’agenouille sur le symbole de « l’Union » flanqué d’un côté par le lotus (représentant la Haute-Égypte) et de l’autre par le papyrus (représentant la Basse-Égypte), tandis que les deux dieux Horus et Djéhouty (Thot) lient le noeud de l’union. Etc....

Les bas-reliefs de guerre

A l’extérieur du mur nord de la salle hypostyle, à travers la porte centrale, se trouvent des bas-reliefs de guerre montrant les victoires de Séthi sur les Palestiniens et les Libyens.

Après avoir traversé la salle hypostyle et passé par la porte sud, on trouve les bas-reliefs de Ramsès II , au milieu du mur sud. Ils décrivent sa campagne contre les Hittites à l’age de 21 ans. A l’extrémité de ce mur, il y a un bas-relief représentant Ramsès offrant ses captifs et son butin à Amon.

Les édifices de la XVIIIe Dynastie (environ 1570-1293 av. J.-C.)

- Obélisque de Thoutmosis I et III (23 m de haut et 143 tonnes).
- Les deux Obélisques roses d’ Hatshepsout (un debout : 30 m de haut et 323 tonnes ; l’autre renversé et brisé)

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La femme Pharaon Hatshepsout et le Dieu Amon

- Le pylône VI de Thoutmosis III : la fameuse liste des conquêtes du roi est gravée de chaque côté de son portique. On y voit des captifs portant chacun les noms des cités conquises, inscrits dans des cartouches ovales, dites « cartouches-forteresses ». -La salle des Annales de Thoutmosis III
- Les remarquables statues du dieu Amon et de la déesse Amonet.

Autres monuments :

- La seconde salle des Annales (édifice de Thoutmosis III qui contient la description d’une des importantes campagnes du grand conquérant )
- Le monument du demi-frère d’Alexandre le Grand, Philippe Arrhidée (323-305 av. J.-C.)
- La cour centrale
- Le temple des fêtes
- Le jardin zoologique de Karnak
- Édifices au sud du grand Temple d’Amon : quatre pylônes ; la fameuse cachette de Karnak (on y a découvert 779 statues de pierre et 17 000 de bronze) ; le scarabée colossal (un scarabée géant en granit qui fut dédié par Aménophis III au dieu solaire Atoum-Khépri) ; le Temple de Mout (épouse du dieu Amon-Râ), ce temple contient plusieurs statues de la déesse guerrière, Sekhmet à la tête de lionne, qui était identifiée à la déesse Mout ; le Temple de Khonsou (dieu lunaire thébain, fils d’Amon et de Mout) ;
- Édifices au nord du grand Temple d’Amon : le Temple de Ptah ( second et quatrième portails érigés par le Pharaon soudanais Chabaka  ; un sanctuaire pour Ptah et un sanctuaire pour Sekhmet) ; La chapelle reconstruite de Sénousret I (Sésostris Ier), on y trouve les statues de Montou (dieu de la guerre), de Min (dieu de la fertilité) et d’Amon ( des inscriptions à l’extérieur des murs nord et sud de la chapelle rapportent les noms des 42 nomes ou provinces de Kémèt dont 22 en Haute-Égypte et 20 en Basse-Égypte ).

NOTES :

Les dates données sont celles qui sont souvent citées. Mais en réalité, il faudrait les vieillir si l’on tient compte des dernières découvertes (Date plus ancienne pour l’invention de l’écriture hiéroglyphique ; émergence plus ancienne des premiers pharaons, les Shemsou-Hor, c’est à dire les Suivants d’Horus ; tendance abusive de rehausser les dates de Sumer ; etc.)

SOMMAIRE

« Joindre l’utile à l’agréable »

L’UTILE

- Le Temple de Karnak (acte 1)
- Le Temple de Louxor (acte 2)
- Le Temple d’Edfou (acte 3)
- Le Temple de Philae (acte 4)
- Le Temple de Kôm Ombo (acte 5)
- Assouan (acte 6)
- Abou Simbel (acte 7)
- Le Caire : Musée du Caire (acte 8)
- Pyramides de Guizèh (acte 9)

L’AGREABLE

- La joie de découvrir la terre des Pharaons et la grandeur des Kamits de l’Antiquité
- Croisière sur le Nil
- Hôtels 5 étoiles
- Avion pour Abou Simbel

Remarque : Le sommaire ne suit pas l’ordre chronologique de la visite à Kémèt.

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Références bibliographiques:

Aucune.

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