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par Jean-Philippe Omotunde © africamaat.com
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Wikipedia : Origine des anciens Égyptiens : falsifications & calomnies
L’oeil d’Horus frappe une nouvelle fois !
L’existence du site « africamaat.com », dont la vocation est de promouvoir les travaux du professeur Cheikh Anta Diop et de replacer l’Afrique dans le cadre de l’Histoire Universelle des civilisations, suscite encore et encore l’animosité de bon nombre de spécialistes occidentaux chevronnés ou non, adeptes des falsifications historiques et autres fourberies, vis-à-vis du passé de l’Afrique.
Ne pouvant réfuter scientifiquement la pertinence de nos thèses relatives à l’origine africaine de la civilisation pharaonique et au « miracle africain » des plus illustres intellectuels grecs, certains se livrent alors sur le net à une vraie entreprise de diversion censée enfermer nos analyses dans un champ sémantique péjoratif et révulsif.
Ainsi, délaissant la critique scientifique stricte, les idéologues occidentaux s’adonnent aujourd’hui avec une certaine nonchalance, aux calomnies, aux mensonges et aux mystifications de toutes sortes, dans le but d’une part, de discréditer aux yeux de l’opinion publique la valeur de notre travail et d’autre part, de maintenir en état la vision coloniale du passé africain.
L’évolution morbide de la thèse occidentale est intéressante à étudier à plus d’un titre. Partant d’une origine antique nègre de la civilisation pharaonique (Cf. Testament des Grecs anciens, tels Strabon, Hérodote, Diodore de Sicile, Aristote, Eschyle, Plutarque, etc...), celle-ci a fait depuis l’objet d’un retournement idéologique, suite entre autre à la restitution falsifiée des travaux de Jean François Champollion (qui lui confirma pourtant les thèses grecques) par son frère Champollion Figeac installé à Paris. La thèse d’une Égypte leucoderme (blanche) voit donc le jour en pleine période esclavagiste, à grand renfort d’analyses falsificatrices puis de films hollywoodiens en carton pâte.

En 1974, l’UNESCO sonne la fin de la récréation en organisant un Colloque International d’Égyptologie au Caire, pour statuer sur l’origine ethnique des anciens Égyptiens. Venus défendre une thèse dont les fondements, tintés d’un racisme à peine voilé, sont les suivants - je cite : « Cette population serait leucoderme, donc blanche (il s’agit des Égyptiens), même si sa pigmentation est foncée pouvant aller jusqu’au noir (...) Ce type serait donc d’origine africaine, sans être « nègre » au sens où on l’entend généralement. Au demeurant, même les égyptologues (occidentaux) convaincus du caractère africain essentiel de la civilisation égyptienne insistent sur le fait que la population qui a créé cette civilisation n’était pas nègre ». [1] - les plus éminents spécialistes occidentaux sont alors battus en brèche par la rigueur de l’analyse des professeurs Cheikh Anta Diop et Théophile Obenga. « Il s’en est suivi un réel déséquilibre dans les débats », mentionna le professeur Jean Devisse, rapporteur du Colloque, qui confirma que la thèse africaine avait de loin remporté la « bataille ».
Ne pouvant alors accréditer la thèse d’une Égypte exclusivement leucoderme (peau blanche) à peau « noire » (sic), les maîtres du monde autoproclamés que sont les historiens et autres égyptologues eurocentristes, veulent s’offrir une nouvelle virginité historiographique en décrétant dogmatiquement depuis les années 80, la thèse du « métissage » égyptien. Ceci sans aucune preuve tangible mais surtout en balayant cyniquement toutes les dépositions faites par des témoins de l’antiquité ayant vécu parmi les Egyptiens anciens (Grecs, Sémites, Romains, Nubiens) tout simplement parce qu’elles ne corroborent pas leur thèse.
N’ayant donc pas de preuves pour appuyer leur thèse, ces derniers se prélassent alors dans l’eau nauséabonde de la fourberie. Guillaume Blanchart alias « Anieko » (un informaticien de profession et un égyptologue de la petite semaine), qui sévit actuellement sur wikipédia est l’archétype même de cette fourberie à grande échelle. Il nous fait apprécier l’étendue de sa ruse sur Wikipédia, via deux entrées : « Kemet » et « Origine des anciens égyptiens ».
J’aurai pu ici prendre le temps de démasquer l’un après l’autre tous ses subterfuges historiographiques mais considérant que les conditions requises pour l’instauration d’un vrai débat ont été omises pour cause de diffamation, je me contenterai de remettre quelques points sur les i.
1- Wikipédia : définition du terme « Kemet »
Guillaume Blanchart en guise d’introduction dans sa présentation du terme Kemet, écrit le passage ci-dessous qui a pour lui valeur d’évangile :
« Les Égyptiens de l’Antiquité donnaient à leur pays le nom de kemet (km.t en translittération) que les égyptologues traduisent par « la terre noire », c’est-à-dire la bande de terre rendue fertile par le limon noir déposé par la crue annuelle du Nil, artère vitale de la civilisation de l’Égypte antique.
Cependant, les afrocentristes - défenseurs de la théorie d’une origine exclusivement subsaharienne de la langue et de la civilisation égyptiennes - y voient une autre signification, « la terre des Noirs ». Cette interprétation - non reconnue par la communauté égyptologique - est généralement considérée comme une volonté de magnifier artificiellement le passé de l’Afrique noire. »
Le minimum exigé dans le cadre d’une telle entreprise est de citer précisément une phrase écrite tirée d’un ouvrage et confirmant ses dires, ceci par souci d’honnêteté. A ce jour, je ne connais aucun spécialiste panafricain ayant traduit le terme « Kemet » par la « Terre des Noirs ». Cette interprétation est même totalement réfutée par nous. Alors pourquoi mentir ? Pour induire les profanes en erreur et discréditer nos travaux ? A vrai dire, vu le niveau de fourberie de l’auteur et la méthode employée déjà dans son introduction, il est inutile d’aller plus loin dans l’analyse du texte.

- Tombeau de Ramsès III montrant aucune différence entre Nubien (3ème place) et Egyptien (1ère place)
- En partant de la gauche
2- Wikipédia : « Origine des anciens Égyptiens »
L’analyse de cette thématique reprend mot à mot, le point de vue arbitraire et fourbe utilisé déjà pour le terme « Kemet ».
L’auteur écrit ceci :
« Aujourd’hui, le consensus général parmi les spécialistes est que l’Égypte antique était une société multiethnique - africaine et proche-orientale - ayant développé très tôt des singularités qui en faisaient une civilisation originale. Cette originalité était revendiquée par les Égyptiens eux-mêmes qui se considéraient comme un peuple distinct de ses voisins asiatiques, nubiens et libyens, issus des ennemis du dieu Soleil Rê ».
Il faut savoir qu’il n’existe aucun texte dans lequel les Égyptiens revendiquent une origine distincte de celle des Nubiens. Toutes leurs divinités ont pour aspect symbolique, la tête d’un animal africain (crocodile, gazelle, lion, babouin, chacal...), ce qui prouve leur attachement à leur berceau originel.
A propos des fresques égyptiennes, JF Champollion a lui-même noté : « Les Égyptiens se sont représentés comme les Nubiens, ce qui ne pouvait être autrement ». Pourquoi a-t-il jugé bon de rajouter « ce qui ne pouvait être autrement » ? JF Champollion était-il afrocentriste ? Diodore de Sicile qui affirme que les ancêtres des Égyptiens anciens sont les Nubiens, était-il lui aussi afrocentriste ? Soyons sérieux !
Dans le Livre des Portes, Horus protège seulement les Égyptiens et les Nubiens tandis que Sekhmet, la déesse lionne, se charge de sceller le destin funeste des autres peuples, Indo-européens, Asiatiques et Lybiens. N’est ce pas là une preuve indestructible ! [2].
L’auteur ajoute encore :
« Les tenants de la thèse afrocentriste défendent cependant une théorie controversée selon laquelle les anciens Égyptiens seraient les descendants direct des peuples « noirs » de l’Afrique sub-saharienne. Cette théorie, que les spécialistes considèrent généralement comme une volonté de magnifier artificiellement le passé de l’Afrique noire, a cependant permis d’enrichir nos connaissances ethnologiques sur les anciens Égyptiens et de remettre en cause les reliquats de biais que l’égyptologie avait hérités de ses origines européennes. »
Là, on apprend que nos travaux ont permis de freiner l’élan raciste qui anime les thèses de l’égyptologie occidentale. Mais quel aveu ! Nous sommes donc passés d’un peuple noir (thèse de l’antiquité) à un peuple blanc (thèse de la période esclavagiste), à un peuple blanc à peau noire (thèse de la période coloniale) puis à un peuple métis (thèse de la période néo-coloniale), quelle avancée occidentale ! Ce que par contre l’auteur ne sait pas, c’est que bon nombre d’égyptologues occidentaux reconnaissent l’existence du berceau sub-saharien. C’est ce que montre le professeur Aboubacry Moussa Lam dans son ouvrage « Les chemins du Nil ».
Nous campons donc sur nos positions avec les Grecs anciens comme témoins... Les Égyptiens anciens étaient des Nègres de l’espèce de tous les naturels de l’Afrique et de la diaspora africaine, preuves et démonstrations scientifiques à l’appui !
Plus loin, nous lisons aussi ceci :
Thèse afrocentriste :
Les tenants de la thèse afrocentriste affirment souvent que l’ « identité noire » était plus forte dans l’histoire égyptienne ancienne et qu’elle s’est affaiblie avec le temps mais que l’Égypte est restée essentiellement une civilisation noire africaine tout au long de l’ère dynastique.
La thèse « afrocentriste » n’existe pas. Il n’y a pas de thèse « afrocentriste ». Il existe l’« Ecole Africaine d’Égyptologie et d’Études des Civilisations Africaines » initiée par le professeur Cheikh Anta Diop mais les travaux « afrocentristes » en tant que tel n’existent pas. Pourquoi ? Parce que nous pensons intimement que ce sont les matériaux historiographiques qui permettent de comprendre l’histoire et non pas l’idéologie. 80 % de nos sources sur l’Égypte ancienne sont extra-africaines voire occidentales, alors parler de « travaux afrocentristes » est une ineptie. Il faut donc parler de « Thèse africaine » ou de « Thèse de l’école africaine ».
L’afrocentricité et non pas l’Afrocentrisme (qui n’existe pas) est une démarche philosophique qui consiste à placer l’intérêt de l’Afrique et des peuples africains (diaspora comprise) au cœur de nos préoccupations journalières. L’étude du passé culturel, philosophique, spirituel, scientifique et technologique africain est seulement l’une des branches de l’afrocentricité. D’autres font de la musique, de la peinture, créent des entreprises, ou font de la recherche en médecine, etc...
Enfin, un autre passage attire notre attention vu qu’il est lui aussi fondamentalement erroné :
« Il est commun, parmi les auteurs afrocentristes, de parler de « Kemet » pour se référer à l’Égypte. Ils associent cependant le terme à une prétendue identité raciale égyptienne plutôt qu’à la topographie en soutenant que le « noir » du mot Kemet se rapporte à la couleur de la peau de ses habitants, bien qu’aucune source ne vienne confirmer cette opinion. Ainsi, ils traduisent abusivement le mot Kêmétyou (km.tyw en translittération) par « le peuple noir » alors que la traduction correcte est « ceux de la terre noire » : les Égyptiens[8] ».
« Bien qu’aucune source ne vienne confirmer cette opinion »... Mais quel mensonge ! C’est bien là d’ailleurs, la preuve du méga-mensonge occidental sur l’histoire de l’Égypte. Pour que cette assertion soit vraie, il aurait fallu que l’Égypte évolue en vase clos, sans contact avec aucune civilisation voisine.
Mais cela n’ayant pas été le cas, il existe donc une longue liste de dépositions de témoins oculaires qui sont d’éminentes personnalités de l’antiquité et qui confirment l’origine négro-africaine des Egyptiens anciens.
Pour Aristote par exemple, « Egyptiens et Ethiopiens » sont « Agan melanes », c’est-à-dire « excessivement noirs » [3]. Pourquoi a-t-il nommé en premier les Égyptiens selon vous ? Etait-il afrocentriste ?
Hérodote, le père de l’histoire occidentale, était-il lui aussi un afrocentriste chevronné lorsqu’il déclara que les « Egyptiens et les Colchidiens ont la peau noire et les cheveux crépus » ? [4] Soyons sérieux !
Enfin, que dire du terme égyptien « Kemmiou » qu’utilisaient les Egyptiens anciens ? La seule traduction possible est : « Le pays de ceux qui sont noirs ! ».

La graphie KEMMIOU
Un autre terme utilisé par les Africains anciens était le mot « Kamit » traduit dans les dictionnaires occidentaux par les « Égyptiens ». Mais bizarrement, il suffit juste de changer le déterminatif en gardant la même graphie et de mettre une vache par exemple, ou de la poudre à la place de l’homme et de la femme (utilisés pour la graphie Kamit), et les mêmes dictionnaires vous traduisent ce même terme « Kamit » par « les vaches noires », « la poudre noire ». Vous voyez la fourberie !
En conclusion, nous dirons que les bases saines d’une confrontation doivent impérativement exclure toute approche diffamatoire visant à faire dire aux tenants de la thèse Africaine (qui ne sont d’ailleurs pas tous africains, il convient de le souligner), des propos qu’ils n’ont jamais tenu dans le but d’induire le profane en erreur. C’est une méthode basse, digne d’un esprit fourbe !
[1] Extrait des Actes officielles du Colloque du Caire - Le peuplement de l’Égypte ancienne et le déchiffrement de l’écriture méroïtique, UNESCO, P. 19
[2] Cf. Mystification sur les tombeaux de roi, Etilé René-Louis, éd. Menaibuc
[3] CF. De Coloribus. Cet ouvrage fait d’Aristote le père occidental de la science des couleurs et dans une certaine mesure de la socio-biologie.
[4] Cf. Livre II.
Commentaires
- 18/02/2010 18:08 par Hawa
- 27/01/2009 16:38 par Akememou
- 7/12/2007 21:24 par Um Nyobe
- 7/12/2007 11:38 par Ousermaat
- 7/12/2007 10:19 par montou
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