Vous êtes ici: Accueil » Antiquité africaine

Colloque International Kamit Menaibuc 2010

par Jean-Philippe Omotunde © africamaat.com

 Publié le 27 janvier 2005

15973 visites
13 réactions

 Commentez cet article

afficher une version imprimable de cet article Version imprimable

Hérophile d’Alexandrie ou la médecine grecque rattrapée par la vérité historique.

Célèbre pour ses découvertes en médecine, Hérophile est considéré comme un grand de la médecine grecque. Enfin un grand... ça dépend pour qui !

Hérophile d’Alexandrie ou la médecine grecque rattrapée par la vérité historique.

1- La renommée d’Hérophile

Hérophile d’Alexandrie, un anatomiste grec originaire de Bithynie, est fort connu pour avoir été l’un des fleurons de l’école médicale d’Alexandrie, avec Erasistrate, un physiologiste grec, vers 300 avant J. C..

Il est aujourd’hui considéré comme le père des études anatomiques, vu qu’il avait une parfaite connaissance de divers organes humains, tels le cœur, le cerveau, le foie, l’œil, etc... Son nom a d’ailleurs été donné au confluent postérieur des sinus crâniens, le fameux "pressoir d’Hérophile".

Il est aussi célèbre pour avoir été, dit-on, le premier à prendre le pouls. Ces faits font d’Hérophile, un personnage fort connu des étudiants en médecine mais aussi, l’un des brillants savants grecs. Du moins, avant que la vérité historique ne le rattrape.

2- La vérité historique rattrape un savant grec et en fait un adepte du plagiat :

a) Alexandrie :

La bibliothèque de la ville d’Alexandrie était le centre intellectuel du monde grec. La ville, fondée par Alexandre le Grand en 331 avant J. C., se trouvait en Afrique (et non pas en Grèce), dans le delta du Nil. La volonté première des Ptolémées alors souverains de l’Egypte, étaient d’accumuler tous les savoirs scientifiques de l’Egypte ancienne dans cette bibliothèque afin de rendre accessible aux grecs, toutes les connaissances. Le grec Eratosthène en fut d’ailleurs le directeur de 235 avant J.C. à 194, année de son décès.

Il est donc clair qu’une civilisation qui construit une bibliothèque d’une telle envergure à l’extérieur de son territoire national fait l’aveu d’une part, de son manque de culture indigène, d’autre part, de son besoin d’aller puiser à l’étranger, les matériaux intellectuels qui lui font défaut. C’est donc le premier "vice de procédure" d’Hérophile qui donne un caractère douteux à son éloge.

b) La clepsydre :

Hérophile, nous dit l’histoire, a pris le pouls d’un individu à Alexandrie à l’aide d’une Clepsydre. Mais la clepsydre ou horloge à eau est une invention typiquement africaine qui date de la XVIIIème dynastie égyptienne. C’est la plus vieille horloge du monde et elle fut inventée par le savant africain Amenemhat, qui a crée ce "splendide instrument en l’honneur du roi Aménophis 1er".

PNG - 50.9 ko
CLEPSYDRE EGYPTIENNE

Telle est l’inscription qui figure dans sa tombe à Thèbes. C’est donc un vase de forme tronconique, dans lequel on verse de l’eau qui ensuite s’échappe à un rythme régulier, ce qui permet de compter précisément le temps qui passe. La clepsydre de Karnak date d’Aménophis III (1408 - 1372) et est encore visible au musée du Caire sous la référence n° 37 525. Le nom égyptien du clepsydre est "debeh" et le déterminatif indique clairement un vase tronconique. Les parois intérieures de l’objet sont divisées en graduations identiques qui indiquent les 12 mois de l’année, les 12 heures du jour et de la nuit, etc...

c) La mesure du temps :

A l’intérieur du temple d’Horus à Edfou, il existe des inscriptions qui couvrent les faces intérieures Est et Ouest du mur d’enceinte. Sur l’une de celle-ci ; Thot souhaite un heureux jour à Horus tout en le félicitant. Mais ce qui attire notre attention c’est la mention des divisions du temps :

  année  : rnpt
  mois  : 3db
  jour  : hrw
  heure  : wnwt
  minute  : 3t
  durée  : 3wt

De même, le problème n°26 du papyrus Rhind révèle que les Africains anciens savaient additionner, diviser, soustraire et multiplier des données chiffrées afin d’obtenir un résultat précis.

Commentez cet article

Lire les commentaires (13)

Références bibliographiques:

Aucune.

Rechercher


Apprendre et découvrir