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Colloque International Kamit Menaibuc 2010

par Jean-Philippe Omotunde © africamaat.com

 Publié le 4 décembre 2007

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Le zéro : une prodigieuse invention africaine.

L’histoire universelle de l’apparition du zéro dans le domaine des mathématiques ne doit plus occulter sa découverte et son utilisation en Afrique noire.

Le zéro : une prodigieuse invention africaine.

- Article extrait de la revue Afrik@raïbes mag.

- 1- Généralités

Une grande question agite les cerveaux en matière de mathématique : l’homme a-t-il du attendre l’apparition de l’écriture pour commencer à compter ou l’avait-il déjà fait auparavant, avec ses doigts par exemple ? Et surtout, avait-il déjà l’intuition du zéro avant même sa mention écrite ?

Les historiens ont coutume de dire que les premières traces écrites en Mésopotamie concernent essentiellement des comptes de cheptels bovins.

Ceci montre bien que le souci de compter est apparu très tôt dans l’histoire de l’humanité. Mais pour vraiment apprécier ce phénomène, il faut revenir en Afrique, terre de naissance de l’homme moderne. Les premières attestations de calculs mathématiques datent de 37 000 ans avant J. C. et c’est un os de babouin dit "Os de Lebombo" qui nous le prouve. Les traces de ce besoin de compter se retrouvent à vrai dire, partout en Afrique.

On peut le comprendre aisément. Pour chasser, pêcher, fabriquer des outils et mesurer le temps, l’homme a du obligatoirement apprendre à compter pour subvenir à ses besoins. Il a donc mis au point des modes de calcul en se référant à ses mains et à ses doigts (base 5 et/ou base 10). Pour toutes ces raisons, les calculs mathématiques (addition, soustraction, division...) existaient déjà en Afrique, des milliers d’années avant la Mésopotamie.

- 2- L’invention africaine du zéro.

L’histoire actuelle des sciences mathématiques révèle à propos du zéro que les Arabes ont rapporté cette notion après leur conquête de l’Inde. Ainsi, lorsque les historiens actuelles relatent chronologiquement l’histoire de l’apparition du zéro, les peuples mentionnés sont généralement les Babyloniens, les Indous, les Arabes, les Chinois voir les Grecs mais naturellement les Africains sont dogmatiquement exclus de cette énumération, idéologie coloniale oblige.

Aussi, pour apprécier l’analyse de l’historiographie actuelle, merci de clicker ici :

Aujourd’hui cette chronologie n’est plus exacte. Et sur la base de la documentation scientifique et historique de la civilisation Egypto-Nubienne ont peut même rajouter qu’elle est totalement obsolète.

-2.1 L’analyse du professeur Cheikh Anta Diop :

Après avoir méthodiquement étudié le système mathématique de Kemet (véritable nom africain de l’Egypte), le professeur Cheikh Anta Diop constate que [1] : "Dès le IIIème millénaire, les Egyptiens avaient déjà inventé la numération décimale et découvert ou pressenti le zéro, comme en témoignent les espacements laissés là où l’on en mettrait aujourd’hui".

C’est à dire que sur les documents de calculs égyptiens datant de 2 700 avant J. C. , le professeur Diop constate que très souvent, les scribes africains laissaient un espace vide, là où l’on mettrait aujourd’hui un zéro. C’est bien la preuve qu’ils en avaient déjà l’intuition.

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LE DR CHEIKH ANTA DIOP

- 2.2 Complément d’enquête de Sir A. Gardiner :

L’égyptologue Sir A. Gardiner, auteur d’une grammaire égyptienne qui fait autorité dans l’univers de l’égyptologie, mentionne à propos du zéro que les Egyptiens utilisaient en fait la graphie "NFR" pour noter sa valeur [2]. La graphie "NFR" en égyptien ancien se traduit généralement par "beau", "parfait" et/ou "bon".

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NFR = ZERO, EN LANGUE KAMITIQUE

C’est une révélation qui a son importance dans l’univers des mathématiques et de la géométrie ! N’oublions pas néanmoins qu’Aristote affirme que les Africains anciens restent les véritables inventeurs des sciences mathématiques [3].

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CHIFFRES KAMITS

- 2.3 Les appréciations du Dr B. Lumpkin :

Le professeur B. Lumpkin avoue que c’est en discutant avec un égyptologue américain qu’elle a découvert l’existence du zéro en Afrique noire durant la période pharaonique. Son argumentation se base sur la découverte d’un extrait de papyrus dit "Papyrus Bulaq 18" rédigé il y a 3700 ans et traduit en Allemagne en 1920.

Le professeur A. Spalinger l’a analysé et confirmé. [4]. L’extrait du papyrus Boulaq 18 présenté ci-dessous et traduit par Sir A. Gardiner, prouve bien l’invention du zéro en Egypte ancienne. Volontairement, nous avons entouré sur le papyrus, la notation de 4 zéros (cercles gris) que l’on retrouve dans la traduction de A. Gardiner.

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EXTRAIT DU PAPYRUS BOULAQ 18 COMPORTANT 4 FOIS LE ZERO

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Références bibliographiques:

[1] Cf. Cheikh Anta Diop - Civilisation ou Barbarie - éd. Présence Africaine, P. 348

[2] Cf. Egyptian Grammar, third edition, Griffith institute, asmolean Museum, Oxford, 1994, P. 266

[3] Cf. Aristote, Métaphysique

[4] Cf. Notes on the day Summary Account of Papyrus Bulaq 18 and the Intradepartmental Transfers - dans Studien Zur Altaegyptischen Kultur 12, 1985

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